LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2206013

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2206013

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2206013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantRUFFEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 26 décembre 2022, M. D A B, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 août 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision, dans les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'erreur de droit dès lors qu'il appartient à l'administration de justifier de l'acceptation de la demande d'autorisation de travail ;

- il est entaché d'un défaut d'examen complet dès lors que le préfet ne pouvait légalement se fonder sur la seule circonstance que son employeur a fait l'objet en 2019 d'une procédure pour escroquerie et travail illégal dont le procès doit avoir lieu en octobre 2022, sans se prononcer sur la demande d'autorisation de travail sollicitée ;

- le motif tiré de ce qu'il n'aurait pas respecter les conditions de son titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier ne fait pas obstacle à la délivrance du titre de séjour sollicité ;

- le préfet ne pouvait lui opposer l'absence de visa de long séjour pour rejeter sa demande de changement de statut dès lors qu'il bénéficiait de titres de séjour en qualité de travailleur saisonnier ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il bénéficie d'un contrat à durée indéterminée pour un métier en tension pour lequel il justifie de ses compétences et d'une réelle expérience professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A B ne sont pas fondés.

M. A B a été admis à l'aide juridictionnelle partielle par décision du 21 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C ;

- et les observations de Me Barbaroux, représentant M. A B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant marocain né en 1985, est entré en France le 18 mai 2016 sous couvert d'un visa court séjour valable jusqu'au 15 août 2016. Il a obtenu, le 2 septembre 2016, une carte de séjour pluriannuelle portant la mention travailleur saisonnier valable du 6 juillet 2016 au 5 juillet 2019, renouvelée du 5 août 2019 au 4 août 2022. M. A B a sollicité, le 18 juillet 2022, le changement de statut de " travailleur saisonnier " en " salarié ". Par arrêté du 16 août 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours. Par sa requête, il sollicite l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable d'un an renouvelable et portant la mention ''salarié'' () ". Aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 5221-5 du code du travail : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. / () ". Aux termes de l'article R. 5221-5 du même code : " () II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. / () Tout nouveau contrat de travail fait l'objet d'une demande d'autorisation de travail. ".

3. Il résulte de ces stipulations et dispositions qu'un ressortissant marocain doit disposer d'une autorisation de travail et d'un visa long séjour pour obtenir un titre de séjour en qualité de salarié. Or, pour rejeter la demande de M. A B, le préfet de l'Hérault s'est notamment fondé sur le fait que l'intéressé a produit une demande d'autorisation de travail déposée le 23 juin 2022 qui n'a pas été transmise validée par la plateforme de main d'œuvre étrangère. Le préfet doit ainsi être regardé comme ayant opposé à la demande de M. B l'absence de détention préalable, à l'appui de sa demande, d'une autorisation de travail, nécessaire à l'exercice d'une activité salariée. En se bornant à soutenir qu'il appartient à l'administration d'en justifier, le requérant ne conteste pas le motif du refus d'autorisation de travail ainsi opposé par le préfet de l'Hérault. Par suite, le préfet était fondé, en application des dispositions précitées au point 2, à refuser la demande de titre de séjour " salarié " de M. A B.

4. En deuxième lieu, pour rejeter la demande de M. A B tendant à la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ", le préfet de l'Hérault s'est également fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifiait pas d'un visa de long séjour.

5. Si, en application de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire est, en principe, sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues par la loi, subordonnée à la production par l'étranger d'un visa d'une durée supérieure à trois mois, il en va différemment pour l'étranger déjà admis à séjourner en France et qui sollicite le renouvellement, même sur un autre fondement, de la carte de séjour temporaire dont il est titulaire. Toutefois, l'étranger admis à séjourner en France pour l'exercice d'un emploi à caractère saisonnier en application des dispositions de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est titulaire à ce titre de la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", lui donnant le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peut dépasser une durée cumulée de six mois par an, et lui imposant ainsi de regagner, entre ces séjours, son pays d'origine où il s'engage à maintenir sa résidence habituelle. Dans ces conditions, sa demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée d'un an doit être regardée comme portant sur la délivrance d'une première carte de séjour temporaire. La délivrance de cette carte est dès lors subordonnée à la production d'un visa de long séjour.

6. En l'espèce, s'il est constant que M. A B a déposé sa demande de titre de séjour en qualité de salarié le 18 juillet 2022 avant l'expiration de son titre de séjour en qualité de travailleur saisonnier valable jusqu'au 4 août 2022, un tel titre ne saurait légalement se substituer au visa de long séjour exigé par les dispositions de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors qu'il n'est pas contesté que M. A B ne disposait pas du visa de long séjour exigé par les textes, le motif ainsi retenu par l'arrêté attaqué à ce titre était donc également fondé.

7. En troisième lieu, si M. A B soutient que le préfet ne pouvait légalement lui opposer la méconnaissance des obligations fixées à l'article R. 5221-23 du code du travail et à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que travailleur saisonnier dès lors qu'il bénéficiait, à la fin de la période de six mois, d'un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de rester en France, il ressort cependant des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les seuls motifs analysés aux points 3 à 6 du présent jugement.

8. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre des pièces du dossier que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de M. A B au regard de l'ensemble des informations portées à sa connaissance préalablement à son édiction. Le préfet, après avoir rappelé sa situation administrative, a notamment fait état de sa situation professionnelle au sein de la société Moussaouis en qualité de bûcheron ainsi que de sa situation personnelle et familiale en France. Si le requérant fait valoir que le préfet ne pouvait fonder sa décision de refus sur la circonstance que son employeur a fait l'objet en 2019 d'une procédure pour escroquerie et travail illégal dont le procès doit avoir lieu en octobre 2022, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Hérault ne s'est pas fondé sur ce seul motif pour refuser son admission au séjour. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux doit être écarté.

9. En cinquième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A B est présent sur le territoire français depuis le 18 mai 2016 sous couvert d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " valable jusqu'au 4 août 2022. S'il se prévaut d'un contrat de travail à durée indéterminée en date du 22 novembre 2022 en qualité de bûcheron, métier en tension, et d'une expérience professionnelle de huit mois, ces éléments ne sont toutefois pas, à eux seuls, de nature à caractériser des motifs d'admission exceptionnelle au séjour. M. A B n'est pas fondé, par suite, à soutenir que le préfet de l'Hérault a entaché d'erreur manifeste d'appréciation son refus de lui délivrer un titre de séjour en qualité de " salarié ".

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du préfet de l'Hérault lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié et l'obligeant à quitter le territoire français. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.

Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Lison Rigaud, présidente,

Mme Isabelle Pastor, première conseillère,

M. François Goursaud, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023

La Présidente-rapporteure,

L. C

L'assesseure la plus ancienne,

I. PastorLa greffière

A. Junon

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 26 janvier 2023.

La greffière,

A. Junon

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions