lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAVOUNGOU |
Vu la procédure suivante :
Par requête, enregistrée le 21 novembre 2022, M. A F, représenté par Me Mavoungou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 du préfet des Pyrénées-Orientales portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, et fixation du délai de départ et du pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour vie privée ou familiale, dans un délai d'un mois au besoin sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté, le secrétaire général de la préfecture, M. E C, est incompétent ;
- le refus de séjour méconnait l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car il est âgé, son état de santé s'est détérioré, il est dépendant de son fils et de son épouse, il ne peut payer le traitement disponible en Algérie, sera isolé dans ce pays, ce que démontrent les certificats médicaux ;
- le refus de séjour méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions de ressources prévues à l'article 7 bis de l'accord franco-algérien pour obtenir un titre vie privée et familiale de dix ans, ayant une petite retraite ;
- il justifie de motifs exceptionnels et de considérations humanitaires prévue par l'article L. 435-1 du CESEDA ;
- l'obligation de quitter le territoire est fondée sur un refus de séjour illégal ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation.
Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête, et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par décision du 20 décembre 2022 le requérant a été admis à l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- et les observations de Me Agier, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant algérien né le 11 avril 1949, entré en France le 9 juillet 2022 avec son épouse, demande d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 du préfet des Pyrénées-Orientales qui lui a refusé une 1ère carte de résident algérien de dix ans " vie privée et familiale " sollicitée sur le fondement de l'article 7 bis b de l'accord franco-algérien, l'a obligé à quitter le territoire français, et a fixé le délai de départ et le pays de renvoi.
2. L'arrêté contesté est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales et par délégation, par M. Yohann Marcon, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2022235-001 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, accessible au juge et aux parties, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. C délégation à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département des Pyrénées-Orientales () ". Cette délégation de signature habilitait ainsi M. C à signer l'arrêté portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, pris à l'encontre du requérant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait, et doit être écarté.
Sur le refus de séjour :
3. En vertu de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g. b) À l'enfant algérien d'un ressortissant français si cet enfant a moins de vingt et un ans ou s'il est
à la charge de ses parents, ainsi qu'aux ascendants d'un ressortissant français et de son
conjoint qui sont à sa charge ".
4. Le requérant, qui indique bénéficier de pensions de retraite modestes, n'apporte aucun justificatif établissant qu'il serait à la charge financière de son fils B. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 7 bis cité au point précédent doit être écarté.
5. En vertu de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an est délivré au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".
6. Le requérant, qui n'a pas demandé de titre de séjour en qualité d'étranger malade, mais au titre de sa vie privée et familiale, n'a pas été examiné par le collège médical de l'office français de l'immigration et de l'intégration. S'il soutient remplir les conditions prévues par l'article cité au point précédent, il n'apporte, par la production d'attestations de proches, de rendez-vous médicaux prévus en janvier 2023, et d'un certificat médical d'octobre 2022 attestant d'une maladie neuro-chirurgicale et de sa dépendance vis-à-vis de son épouse, laquelle fait l'objet de la même mesure d'éloignement, aucun justificatif sur ce point. Dès lors ce moyen sera écarté.
7. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () ; 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. M. F, qui vit en France depuis 3 mois chez un de ses fils, n'est pas isolé en Algérie, où il a presque toujours vécu, où son épouse peut l'accompagner, où vivent ses trois autres enfants, et où il peut être soigné et vivre de sa pension. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des articles cités au point précédent sera écarté.
9. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Si l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à l'admission exceptionnelle au séjour ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968, le préfet peut toutefois délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit, en usant du pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
10. Le requérant ne peut utilement donc invoquer les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, non applicables aux ressortissants algériens. Et l'intéressé, qui ne justifie d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire, n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu son pouvoir de régularisation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
11. Il résulte de ce qui précède que M. F n'est pas fondé à exciper du refus de séjour qui lui a été opposé.
12. La décision portant obligation de quitter le territoire, prise à la suite d'un refus de séjour, sur le fondement de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à être motivée, en application de l'article L. 613-1 du même code. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation est inopérant.
13. Enfin, il ne ressort des pièces du dossier qu'elle soit entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'étranger.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 17 octobre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte, celles relatives aux dépens, non exposés dans l'instance, et celles relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent aussi être rejetées.
15. Il n'y pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet des Pyrénées-Orientales relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A F et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Copie en sera transmise à Me Mavoungou.
Après en avoir délibéré à l'issue de l'audience du 16 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Couégnat, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
Le président,
V. D
L'assesseure la plus ancienne,
M. G
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 janvier 2023.
Le greffier,
F. Balicki fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026