lundi 30 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SUMMERFIELD GABRIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 novembre 2022 et 3 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Summerfield, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour temporaire mention " salarié ", lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai de quinze jours ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de notifier un délai de départ volontaire approprié ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir
la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- c'est à tort que le préfet a remis en cause sa minorité et lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pas produit de faux documents d'identité ; le consulat du Mali, pour lui délivrer une carte consulaire, a nécessairement vérifié l'authenticité de son acte de naissance et du jugement supplétif ; cette carte consulaire a valeur de carte nationale d'identité ;
- le préfet ne saurait déduire sa culpabilité pour usage de faux au vu d'un extrait de procès-verbal de police et d'un simple rappel à la loi qui n'est pas une condamnation ;
- par jugement du 24 avril 2020 revêtu de la chose jugée, le juge des enfants à retenu sa minorité sur le fondement du rapport des services de l'aide sociale à l'enfance ; l'évaluation de sa minorité est définitive, elle a été établie avant qu'il ne soit en possession de ses documents d'état civil ;
- le préfet commet une erreur de droit et de fait en faisant application de l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale par la voie de l'exception d'illégalité de la décision portant refus de séjour.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 612-12 du CESEDA car il n'a pas mentionné expressément le pays de renvoi ;
- un retour au Mali l'exposerait à des traitements contraires aux articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il règne une extrême insécurité dans cet Etat, notamment dans la région de Kayes dont il est originaire.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le refus de délai de départ volontaire doit constituer l'exception en vertu de l'article 7 de la directive " retour " ;
- il n'existe pas de risque de fuite, son lieu de résidence est connu et il s'est présenté à toutes les convocations de police ; il n'y a jamais eu d'obligation de quitter le territoire ; il s'agit d'une demande de renouvellement de titre de séjour ; aucune fraude n'est démontrée ; les seules suspicions de fraude documentaire ne constituent pas un trouble à l'ordre public ;
- cette décision a pour effet d'interrompre brutalement sa formation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
- elle est dépourvue de fondement légal du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire ;
- le préfet n'a pas pris en compte le suivi réel et sérieux de sa formation, qu'il devra interrompre ;
- il n'a pas fait usage de faux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viallet, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien se disant né le 25 février 2003, est entré irrégulièrement en France en mars 2020. Compte tenu de sa minorité déclarée, il a été confié jusqu'à sa majorité aux services de l'aide sociale à l'enfance des Pyrénées-Orientales par une ordonnance de placement provisoire du 24 mars 2020 puis par un jugement en assistance éducative du 24 avril 2020. Le 26 février 2021, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour en qualité de " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en produisant des actes d'état civil considérés comme contrefaits par la direction interdépartementale de la police aux frontières (DIDPAF). Dans l'attente des résultats de l'enquête et des suites judiciaires éventuelles, le préfet des Pyrénées-Orientales lui a délivré une première carte de séjour mention " salarié " valable du 30 avril 2021 au 29 avril 2022. Le 28 avril 2022, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 26 août 2022, dont M. A demande l'annulation, le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour temporaire mention " salarié ", lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du 13 janvier 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. B A. Par suite, sa demande tendant à être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire :
3. Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Aux termes de l'article L. 432-2 du même code : " Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à l'étranger qui cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de cette carte dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations. ".
4. L'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " La vérification des actes d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil ". L'article R. 431-10 du même code prévoit que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiant de son état civil () ". L'article 47 du code civil dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
5. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que pour établir sa naissance le
25 février 2003 et, partant, sa minorité lors de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, M. A a transmis à l'administration préfectorale un acte de naissance daté du 22 juin 2020 et un extrait d'acte de naissance daté du 27 août 2020, délivrés au Mali, ainsi qu'un jugement supplétif d'acte de naissance du 22 juin 2020 délivré par le tribunal de grande instance de Kita au Mali. Il produit également deux cartes consulaires successivement délivrées par le consulat du Mali de Lyon les 8 février 2021 et 16 août 2022. Pour refuser de faire droit à sa demande, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé, d'une part, sur les rapports d'analyses documentaires de la DIDPAF de Perpignan du 16 février 2021 concluant à l'illégalité de ces trois documents juridiquement liés, dont les points de contrôles ont révélé qu'ils étaient contrefaits. Ainsi, s'agissant de l'acte de naissance, l'analyse révèle qu'il comporte une faute d'orthographe dans les mentions pré-imprimées, indiquant " Offier " au lieu d'" Officier ", et que le signataire est le maire de la commune alors que son cachet humide mentionne sa qualité de premier adjoint. S'agissant de l'extrait d'acte de naissance, le signataire se présente comme premier adjoint au maire alors qu'il est qualifié de maire dans l'acte de naissance, l'extrait est signé par la deuxième adjointe au maire en méconnaissance de l'article 93 du code des personnes et de la famille du Mali, la date de l'établissement de l'acte n'est pas rédigée en toutes lettres comme exigé par l'article 126 du même code, et il comporte la mention " Officicer " au lieu d'" Officier ". Et le jugement supplétif d'acte de naissance n'est pas établi de manière sécurisée, le délai de transcription de quinze jours prévu par les article 554 et 555 du code de procédure civile, commerciale et sociale au Mali n'a pas été respecté, et le cachet humide mentionne un tribunal de première instance de la ville de Kita alors qu'il s'agit du tribunal civil. De plus, le préfet s'est également fondé sur l'enquête diligentée le 31 décembre 2021 par le parquet de Perpignan pour faux et usage de faux documents administratifs. Dans ce cadre, M. A a été convoqué en audition libre par les services de police le 20 avril 2022 durant laquelle, tout en contestant l'infraction, il a indiqué avoir récupéré ces documents à Paris auprès d'une personne rémunérée par son père. Il a par suite fait l'objet d'un rappel à la loi par le Procureur de la République près du tribunal judiciaire de Perpignan notifié le 12 mai 2022, pour usage de documents administratifs contrefaits au préjudice de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Si M. A se prévaut de l'authenticité de ces actes qui lui ont permis d'obtenir successivement deux cartes consulaires les 8 février 2021 et 16 août 2022, ces cartes consulaires n'ont vocation toutefois qu'à établir la preuve de résidence à l'étranger d'un ressortissant, et ne saurait permettre de justifier de l'identité de l'intéressé. Et il ressort des pièces du dossier que ces cartes consulaires ont été délivrées sur la base des actes d'état civil dont la contrefaçon a été établie. Enfin, la circonstance que le jugement en assistance éducative du 24 avril 2020 n'ait pas remis en cause sa minorité déclarée en vue de son placement au service de l'aide sociale à l'enfance n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet sur le caractère frauduleux des documents d'état civil ne permettant pas de justifier de son identité.
7. Ainsi, ces constatations suffisaient à renverser la présomption de validité des actes d'état civil instituée par l'article 47 du code civil, sans que le préfet ne soit dans l'obligation de saisir les autorités maliennes afin d'établir leur authenticité. Dès lors que le préfet a constaté que les actes d'état civil produits par M. A ne permettaient pas d'établir son âge et, en conséquence, de justifier qu'il avait été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans, le préfet pouvait légalement refuser le renouvellement de la demande de titre de séjour présentée par le requérant sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si le requérant entend justifier de son état-civil au moyen d'une carte NINA, le document qu'il verse aux débats, simplement intitulé " fiche descriptive individuelle ", ne saurait en tenir lieu.
8. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Pyrénées-Orientales aurait méconnu les dispositions des articles L. 435-3 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et le moyen tiré du défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité du refus de délivrer un titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de de renvoi :
9. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " Aux termes de l'article L. 721-3 de ce code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, () ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi :1° Le pays dont l'étranger a la nationalité () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d'une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi ". Enfin, l'article 3 de cette convention stipule : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. En premier lieu, si la décision en litige mentionne que M. A " sera reconduit d'office à destination du pays dont il a la nationalité " sans préciser expressément qu'il s'agit du Mali, il ressort des termes même de l'arrêté que M. A est de nationalité malienne, ce qui n'est pas contesté par le requérant. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les dispositions du code citées au point précédent.
11. En second lieu, si M. A soutient que son retour au Mali l'exposerait à des atteintes et traitements contraires aux stipulations des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, eu égard au climat d'insécurité qui régnerait dans la région de Kayes dont il est originaire, les éléments produits ne permettent pas d'établir la réalité et la nature de l'atteinte à son droit à la vie, ni des risques auxquels il serait personnellement soumis en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 de ce code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () ".
13. Aux termes de l'article 3 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " Aux fins de la présente directive, on entend par : () 7) "risque de fuite" : le fait qu'il existe des raisons, dans un cas particulier et sur la base de critères objectifs définis par la loi, de penser qu'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet de procédures de retour peut prendre la fuite () ". Aux termes de l'article 7 de cette directive : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 à 4. () / 4. S'il existe un risque de fuite, () les Etats membres peuvent s'abstenir d'accorder un délai de départ volontaire ou peuvent accorder un délai inférieur à sept jours ".
14. D'une part, les dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au refus d'accorder un délai de départ volontaire et définissant la notion de risque de fuite, qui fixent des critères objectifs permettant de penser que l'étranger faisant l'objet de la mesure d'éloignement est susceptible de prendre la fuite, tout en réservant l'hypothèse de circonstances particulières, ne sont pas incompatibles avec celles de la directive n° 2008/115/CE. D'autre part, en l'espèce, le préfet a refusé d'assortir l'obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire considérant que M. A ne justifiait d'aucune garantie de représentation effective en France compte tenu, notamment, de l'absence de document de voyage ou d'identité valable et de l'utilisation de faux documents afin d'obtenir un titre de séjour. A cet égard, la circonstance que cette décision ait pour effet d'interrompre la formation suivie par l'intéressé est sans incidence sur sa légalité. Ce faisant, le préfet n'a pas méconnu les dispositions citées aux points 11 et 12 en considérant qu'il existait un risque que M. A se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an du fait de l'illégalité de la décision portant refus d'assortir la décision d'éloignement d'un délai de départ volontaire ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relatives à l'aide juridique.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Summerfield et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Couégnat, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2023.
La rapporteure,
ML. VialletLe président,
V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 31 janvier 2023.
Le greffier,
F. Balickifb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026