lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206174 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Vice-Président GAYRARD |
| Avocat requérant | SCP FAVEL - TRIBILLAC - MAYNARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2022, la SCI NONYMAPRI, représentée par Me Bellot, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 22 septembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a déclaré insalubre le logement situé 12 rue des fleurs à Banyuls-dels-Aspres, à titre subsidiaire d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 22 septembre 2022 en tant qu'il met à sa charge l'obligation de relogement temporaire des occupants, la recherche d'humidité et la réalisation des travaux censés y remédier ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'erreurs d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 décembre 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la santé publique
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jean-Philippe Gayrard, magistrat désigné,
- et les conclusions de Mme Delon, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. La SCI NONYMAPRI est propriétaire d'une maison située 12 rue des fleurs à Banyuls-dels-Aspres. Suivant une visite effectuée le 30 août 2022 et un rapport d'insalubrité établi le 22 septembre suivant par l'agence régionale de la santé, le préfet des Pyrénées-Orientales a, par un arrêté du 22 septembre 2022 portant traitement de l'insalubrité, prescrit les mesures indispensables pour faire cesser la situation d'insalubrité et notamment de faire cesser à titre temporaire la mise à disposition aux fins d'habitation du local dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'arrêté et de procéder au relogement du ou des occupants. Par la présente requête, la SCI NONYMAPRI sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté contesté est signé, pour le préfet des Pyrénées-Orientales et par délégation, par M. M., sous-préfet, secrétaire général de la préfecture des Pyrénées-Orientales. Par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. M. délégation à l'effet de signer " tous les actes, arrêtés, décisions, circulaires, rapports, mémoires, requêtes juridictionnelles, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département des Pyrénées-Orientales () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 22 septembre 2022 vise le code de la santé publique, notamment ses articles L. 1331-22 et L. 1331-24. L'arrêté se réfère également dans ses visas au rapport de l'agence régional de la santé Occitanie établi le 22 septembre 2022 suite à la visite du 30 août 2022, qui, contrairement à ce que soutient la requérante lui a été communiqué par lettre recommandée du 27 septembre 2022 reçue le 15 octobre 2022 ainsi que cela résulte de l'instruction. Dans ses considérants, l'arrêté précise que l'interdiction temporaire des locaux à l'habitation repose sur plusieurs motifs, listés exhaustivement, dont notamment la présence de moisissures. Dans ces conditions la SCI NONYMAPRI a été mise à même de comprendre les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de l'arrêté du 22 septembre 2022 du préfet des Pyrénées-Orientales. Le moyen tenant à une insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il résulte du rapport d'insalubrité rédigé le 22 septembre 2022 après visite des lieux par l'agence régionale Occitanie que les locaux présentent un danger pour la santé des occupants eu égard à l'humidité régnant dans le logement et à la présence de plomb et des moisissures.
5. La SCI NONYMAPRI soutient que l'humidité du logement n'est pas établie en l'absence de relevé d'hydrométrie, que l'intégralité du placoplâtre du logement a été changée, que l'humidité résulte de l'absence de déclaration d'un dégât des eaux par la locataire, ce qui est aussi la cause des moisissures, et que la présence de salpêtre ou de plomb n'est corroborée par aucun document. Toutefois, l'humidité du logement ou la présence de salpêtre résultent tant des constatations de l'agence régionale de santé dans son rapport du 22 septembre 2022 qui constate que l'humidimètre a relevé un taux d'humidité de 44 %, que du rapport d'analyses suite aux prélèvements du 30 août 2022. En outre, la seule production de factures, au demeurant antérieures à la visite de l'ARS, de réfection du placoplâtre ne sont pas de nature à remettre en cause la présence d'un risque pour la sécurité des occupants. De même, la circonstance, à la supposer établie, que la locataire serait à l'origine des causes d'insalubrité est sans incidence sur le caractère dangereux de celles-ci. Enfin, l'existence d'exposition au plomb résulte du constat de risque d'exposition réalisé qui n'est pas sérieusement remis en cause par la SCI NONYMAPRI. Dans ces conditions, le préfet des Pyrénées-Orientales a pu, sans commettre d'erreurs de fait ni d'erreur d'appréciation, considérer que le logement présentait un risque pour la sécurité des occupants et par suite, ordonner la réalisation des mesures précitées.
Sur les frais liés au litige :
6. Le préfet des Pyrénées-Orientales n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par la SCI NONYMAPRI au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la SCI NONYMAPRI est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI NONYMAPRI et au préfet des Pyrénées-Orientales
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
J-P. Gayrard
La greffière,
B. Flaesch
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 8 juillet 2024
La greffière,
B. Flaesch
N°2206174
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026