mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2206297 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 20 décembre 2022, Mme A B, représentée par la SCP CGCB et Associés, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 123-16 du code de l'environnement, la suspension de l'exécution des délibérations du 5 juillet 2022 par lesquelles le conseil municipal de Saint-Guiraud a, d'une part, rapporté partiellement la délibération du 11 janvier 2022 portant approbation du plan local d'urbanisme et, d'autre part, approuvé ce plan local d'urbanisme ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Guiraud une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la modification du plan local d'urbanisme tel qu'approuvé par délibération du 11 janvier 2022, qui résulte des délibérations du 5 juillet 2022 doit être regardée comme méconnaissant l'article L. 153-41 du code de l'urbanisme dès lors que cette modification n'a pas été précédée d'une enquête publique ;
- la commune n'était pas saisie par le préfet sur le fondement de l'article L. 153-25 du code de l'urbanisme ; la lettre du préfet ne vise pas ce texte ; elle ne se réfère pas à l'une des hypothèses visées par ce texte ; elle se borne à indiquer qu'elle a valeur de recours gracieux ; elle est postérieure au délai d'un mois prévu par ce texte ;
- la commune ne pouvait modifier le plan local d'urbanisme sans recours à la procédure prévue aux articles L. 153-36 et suivants du code de l'urbanisme sans qu'elle puisse mettre en œuvre la procédure de modification simplifiée ; la seule voie qui lui était ouverte restait la procédure de modification de droit commun soumise à enquête publique.
Par des mémoires, enregistrés les 19 et 20 décembre 2022, la commune de Saint-Guiraud, représentée par la SELARL Territoires avocats, agissant par Me Margall, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle a procédé aux modifications demandées par le préfet en application de l'article L. 153-25 du code de l'urbanisme.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 août 2022 sous le n° 2204429 par laquelle Mme B demande l'annulation de ces délibérations.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rigaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 21 décembre 2022 à 10 heures 30 :
- le rapport de Mme Rigaud, juge des référés ;
- les observations de Me Cassorla, représentant Mme B, qui persiste dans ses écritures ;
- et celles de Me Chatron, représentant la commune de Saint-Guiraud, qui persiste dans ses écritures également.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est propriétaire de deux parcelles cadastrées section C nos 604 et 181 sur le territoire de la commune de Saint-Guiraud, laquelle n'est pas couverte par un schéma de cohérence territoriale. Alors que l'ensemble immobilier édifié sur ces parcelles était classé pour l'essentiel en zone Ub du plan local d'urbanisme, ce plan a été annulé par un jugement du 2 juin 2016. Un nouveau plan local d'urbanisme a été approuvé par une délibération du 11 janvier 2022 intégrant en zone Ub une large partie de la parcelle n° 181 et tenant ainsi compte de la modification, proposée par Mme B au cours de l'enquête publique, du projet arrêté par délibération du 19 novembre 2019 pour lequel ladite parcelle était pour l'essentiel classée en zone N et partiellement en zone Ub. Sur recours gracieux du préfet de l'Hérault et par délibérations du 5 juillet 2022, le conseil municipal de Saint-Guiraud a, d'une part, partiellement rapporté la délibération du 11 janvier 2022 et, d'autre part, approuvé un nouveau plan local d'urbanisme rétablissant le zonage de la zone Ub antérieurement projeté. Mme B sollicite, sur le fondement de l'article L. 123-16 du code de l'environnement, la suspension de l'exécution de ces délibérations.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 123-16 du code de l'environnement : " Le juge administratif des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision prise après des conclusions défavorables du commissaire enquêteur ou de la commission d'enquête, fait droit à cette demande si elle comporte un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de celle-ci. / Il fait également droit à toute demande de suspension d'une décision prise sans que l'enquête publique requise par le présent chapitre ou que la participation du public prévue à l'article L. 123-19 ait eu lieu () ".
3. D'une part, aux termes de l'article L. 143-3 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ".
4. D'autre part, en application des dispositions combinées du premier alinéa de l'article L. 2131-1 et du 1° de l'article L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales ainsi que des articles L. 153-23 à L. 153-25 du code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme approuvé par le conseil municipal d'une commune qui a été publié et transmis à l'autorité administrative compétente de l'Etat est immédiatement exécutoire lorsqu'il porte sur un territoire couvert par un SCOT. Dans le cas contraire, il devient exécutoire à l'issue d'un délai d'un mois à compter de sa transmission sauf si, dans ce délai, le représentant de l'Etat a notifié à la commune les modifications qu'il estime nécessaire d'apporter au plan auquel cas ce document d'urbanisme n'est exécutoire qu'après l'intervention, la publication et la transmission des modifications demandées.
5. Lorsque les modifications demandées par le représentant de l'Etat ont été transmises dans le délai d'un mois prévu par l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme, alors que le plan local d'urbanisme n'était pas encore entré en vigueur, la nouvelle délibération comportant ces modifications se substitue à la délibération initialement adoptée.
6. Dans le cas où la lettre comportant les modifications demandées est notifiée à la commune après l'expiration de ce délai d'un mois, alors que le plan local d'urbanisme est devenu exécutoire, cette lettre a le caractère d'un recours gracieux exercé par le préfet contre la délibération approuvant le document d'urbanisme. La commune dispose alors de trois possibilités successivement exposées aux points 7 à 9.
7. En premier lieu, la commune peut estimer que les observations consignées dans cette lettre ne sont pas justifiées et décider de laisser inchangé son document d'urbanisme. Dans ce cas, il appartient alors au préfet, s'il s'y croit fondé, de déférer le plan local d'urbanisme au tribunal administratif en application de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales.
8. En deuxième lieu, le conseil municipal peut décider de retirer la délibération initiale, pour un motif d'illégalité, dans le délai de quatre mois mentionné à l'article L. 143-3 du code des relations entre le public et l'administration. Dans ce cas, il pourra approuver un nouveau plan local d'urbanisme destiné à remédier aux illégalités constatées par le préfet sans engager, alors, la procédure de modification prévue aux articles L. 153-36 à L. 153-48 du code de l'urbanisme sous réserve que ces rectifications visant à assurer sa légalité ne remettent pas en cause l'économie générale du projet de plan et procèdent de l'enquête publique à laquelle celui-ci a été soumis.
9. En dernier lieu, la collectivité peut choisir, pour des considérations qui lui sont propres ou lorsque le délai de retrait mentionné à l'article L. 143-3 du code des relations entre le public et l'administration a expiré, de modifier le plan local d'urbanisme approuvé en recourant, selon les cas, soit à la modification de droit commun organisée par les articles L. 153-41 à L. 153-44 du code l'urbanisme soit à la modification simplifiée définie aux articles L. 153-45 à L. 153-48 du même code.
10. Il ressort des pièces du dossier que par un recours gracieux du 11 mars 2022 adressé à la commune de Saint-Guiraud, le préfet de l'Hérault a relevé que " certaines modifications apportées au dossier n'apparaissent pas légales " et que la modification du projet de plan local d'urbanisme, s'agissant de la parcelle n° 181 " est trop importante pour être admise après l'enquête publique ", " aurait dû faire l'objet d'une dérogation d'urbanisation limitée " et est " concernée par un aléa du risque de feu de forêt "fort" ". En conséquence, le conseil municipal a considéré, d'une part, qu' " il convient de rapporter la délibération d'approbation du PLU " et a, d'autre part, décidé du " rétablissement du zonage dans la zone Ub dans les limites établies lors de l'arrêt du PLU ". Dans ces conditions, par les délibérations en litige, le conseil municipal de la commune de Saint-Guiraud doit être regardé comme ayant d'une part retiré, pour un motif tiré de son illégalité, la délibération du 11 janvier 2022 en ce qu'elle portait approbation du plan local d'urbanisme en tant qu'il classe en zone urbaine la parcelle cadastrée section C n° 181, et, d'autre part, comme approuvant, pour ce qui concerne cette parcelle, un nouveau projet de plan local d'urbanisme dans sa version arrêtée par délibération du 10 novembre 2019 et soumise à l'enquête publique.
11. D'abord, il ressort des pièces du dossier que le plan local d'urbanisme de la commune de Saint-Guiraud approuvé le 11 janvier 2022 est devenu exécutoire le 18 février 2022 en application de l'article L. 153-24 du code de l'urbanisme, à l'issue du délai d'un mois suivant sa transmission au préfet de l'Hérault, le 18 janvier 2022. La commune de Saint-Guiraud, qui n'a été saisie des observations du représentant de l'Etat que postérieurement au délai d'un mois prévu par l'article L. 153-24, ne peut donc pas être regardée comme ayant mis en œuvre la procédure énoncée au point 4.
12. Ensuite, il ressort des pièces du dossier que la commune a, par délibération du 5 juillet2022, partiellement retiré la délibération du 11 janvier 2022, soit après l'expiration du délai de quatre mois prévu par l'article L. 143-3 du code des relations entre le public et l'administration.
13. Enfin, alors qu'aux termes de l'article L. 153-41 du code de l'urbanisme : " Le projet de modification est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou le maire lorsqu'il a pour effet : / () / 3° Soit de réduire la surface d'une zone urbaine ou à urbaniser / () ", il ressort des pièces du dossier que les modifications apportées au plan local d'urbanisme par la délibération attaquée, consistent à classer la parcelle cadastrée section C n° 181 pour l'essentiel en zone N et partiellement en zone Ub.
14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 11 à 13 que le moyen tiré de ce que la modification du plan local d'urbanisme sans mettre en œuvre, préalablement, la procédure de modification mentionnée à l'article L. 153-41 du code de l'urbanisme, est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des délibérations en litige. Mme B est par suite fondée à demander la suspension des délibérations du 5 juillet 2022 par lesquelles le conseil municipal de Saint-Guiraud a, d'une part, rapporté partiellement la délibération du 11 janvier 2022 portant approbation du plan local d'urbanisme et, d'autre part, approuvé ce plan local d'urbanisme.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution des délibérations du 5 juillet 2022, par lesquelles le conseil municipal de Saint-Guiraud a, d'une part, rapporté partiellement la délibération du 11 janvier 2022 portant approbation du plan local d'urbanisme et, d'autre part, approuvé ce plan local d'urbanisme, est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Guiraud sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Saint-Guiraud.
Fait à Montpellier, le 21 décembre 2022.
La juge des référés,
L. Rigaud
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 21 décembre 2022.
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026