LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2206317

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2206317

mardi 7 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2206317
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSUMMERFIELD GABRIELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Summerfield, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous renonciation de sa part à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté lui refusant la délivrance du titre de séjour a été édicté en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il souffre de lombalgies chroniques invalidantes nécessitant la prise d'antidouleurs très puissants dont notamment la morphine ; en l'absence de prise de médicaments dont la prescription est limitée au cas les plus graves, il est exposé à des douleurs intenables qui entraîneront une altération significative de son intégrité psychique ; les différents médicaments qui lui sont administrés pour soulager les douleurs intenses qu'il ressent ne figurent pas sur la liste ivoirienne des médicaments pris en charge par la couverture maladie universelle et les seuls antalgiques disponibles sont insuffisants pour les soulager ;

- en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire est illégale ;

- son renvoi en Côte d'Ivoire l'exposera à des douleurs intenses faute de pouvoir accéder à des soins antalgiques appropriés en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- du fait de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre, il ne pourra plus se soigner en France, ni dans aucun autre pays de l'Union européenne ; il a perdu en peu de temps plusieurs membres de sa famille et le préfet n'a pas pris en compte les activités de bénévolat qu'il mène.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Un mémoire a été présenté pour M. A, le 19 janvier 2023, après la clôture de l'instruction qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de 1'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Rousseau, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 28 mai 1982, est, selon ses déclarations, entré en France le 20 septembre 2019. La demande d'asile qu'il a formulée en 2019 a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 octobre 2021 et sa demande de réexamen a été rejetée, pour irrecevabilité, par une décision de l'OFPRA du 19 avril 2022. Le 24 mai 2022 il a déposé auprès des services de la préfecture des Pyrénées-Orientales une demande d'admission au séjour pour raisons de santé. Le préfet des Pyrénées-Orientales a rejeté sa demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an par un arrêté du 17 novembre 2022 dont M. A demande l'annulation dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions en annulation :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ".

4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner, pour lui, des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

5. En outre, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 précité, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

6. Il ressort des pièces du dossier que, par l'avis émis le 14 octobre 2022 dont le préfet des Pyrénées-Orientales s'est approprié la teneur, le collège des médecins de l'Office a estimé que si l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge n'était pas susceptible d'entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine.

7. Il ressort des pièces du dossier, notamment des pièces médicales produites au dossier par M. A que ce dernier, suite à un effort de soulèvement, souffre de lombalgies chroniques avec irradiation dans les deux membres inférieurs (lomboradiculalgie bilatérale). Si M. A soutient que les médicaments antalgiques qui lui sont prescrits pour apaiser ses douleurs, notamment l'Actiskenan, mais aussi ceux destinés à lutter contre l'état dépressif dans lequel il se trouve lesquels ne figurent pas sur la liste ivoirienne des médicaments pris en charge par la CMU, ne sont pas disponibles en Cote d'Ivoire et verse au dossier plusieurs documents sur le système de santé ivoirien faisant état du manque de personnel soignant, de problèmes de corruption, d'établissements de santé vétustes et mal équipés, de la nécessaire amélioration des soins de santé et de la réforme des établissements publics hospitaliers, aucune de ces pièces n'est toutefois de nature à combattre utilement l'avis du collège de médecins sur lequel s'est fondé le préfet des Pyrénées-Orientales pour prendre sa décision, alors au demeurant qu'il n'est nullement démontré que d'autres produits pharmaceutiques, dont la substance active est identique à celle l'Actiskenan et des anti-dépresseurs, ne pourraient pas lui être administrés tout aussi efficacement et que, en tout état de cause, le collège de médecins a retenu que le défaut de prise en charge ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Par suite, le préfet des Pyrénées-Orientales a fait une exacte application des dispositions précitées en refusant à M. A la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de 1'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que le moyen soulevé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français et tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.

9. Le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté par adoption du motif retenu au point 7.

10. Le moyen tiré de ce que la désignation du pays de renvoi méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en ce qu'il ne pourrait pas accéder à des soins antalgiques appropriés en Côte d'Ivoire, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7.

11. Si M. A soutient que l'interdiction de retour, lui ôte tout espoir de pouvoir continuer à bénéficier de soins et de médicaments propres à soulager ses douleurs lombalgiques chroniques invalidantes en France, mais également dans aucun autre pays de l'union européenne, il ne démontre pas, ainsi qu'il a été dit, l'impossibilité de bénéficier effectivement d'un suivi médical et d'un traitement approprié dans le pays dont il a la nationalité. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant cette durée à un an le préfet aurait commis une erreur d'appréciation de sa situation personnelle et qu'il n'aurait pas pris en compte l'ensemble de sa situation personnelle, notamment l'activité de bénévolat qu'il mène depuis le mois de novembre 2020 auprès du Secours populaire de Cabestany et dont le requérant a pu faire état au stade de l'instruction de sa demande d'admission au séjour.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions accessoires à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Summerfield.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Besle, président,

Mme Teuly-Desportes, première conseillère,

M. Rousseau, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.

Le rapporteur,

M. Rousseau

Le président,

D. Besle La greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 7 février 2023

La greffière,

C. Arce

lr

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions