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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2206533

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2206533

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2206533
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP LAFONT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 décembre 2022, M. B A, représenté par la SCP d'avocats Lafont et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision contestée a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

Par un mémoire enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Charvin, rapporteur ;

- et les observations de Me Chaigneau, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain né en 1979, est entré en France le 26 février 2012, sous couvert d'un visa touristique de court séjour. Il a sollicité la délivrance d'un premier titre de séjour le 28 juillet 2022 au titre de l'admission exceptionnelle. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité et l'a obligé à quitter le territoire français.

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

3. Si M. A établit être entré en France en juillet 2012 sous couvert d'un visa court séjour, les éléments qu'il produit à l'appui de ses allégations, essentiellement des avis d'imposition ne comportant aucun revenu, des attestations d'admission à l'aide médicale de l'Etat et des documents médicaux, notamment pour les années 2013, 2014 et 2016, s'ils attestent d'une présence ponctuelle, sont cependant trop peu nombreux et insuffisamment circonstanciés et probants pour permettre de regarder comme établie la continuité de son séjour en France depuis cette date. Dès lors qu'il ne démontre ainsi pas avoir séjourné de manière habituelle en France depuis plus de dix ans, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Hérault aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne soumettant pas sa demande d'admission au séjour à la commission du titre de séjour ne peut qu'être écarté.

4. M. A fait valoir que, résidant depuis plus de dix ans en France, il y a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux. Toutefois, ainsi qu'il vient d'être exposé, il n'établit pas la continuité de son séjour en France depuis 2012. Par ailleurs, les attestations qu'il verse à l'instance, rédigées par des amis ou connaissances, qui font état de ses relations amicales ainsi que de sa gentillesse et de son sens du respect, sont trop peu circonstanciées pour permettre de démontrer qu'il aurait établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Les attestations de bénévolat auprès des associations Caban et Médecins du monde et la promesse d'embauche produites par M. A ni la circonstance qu'il ne soit pas connu des services de police ne suffisent davantage à établir la réalité de son insertion dans la société française. M. A, qui a résidé dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 33 ans au moins, est en outre célibataire et sans charge de famille en France. Dans ces conditions, le moyen, tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en prenant à son encontre un refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français, doit être écarté comme n'étant pas fondé.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 14 novembre 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de l'Hérault.

Délibéré à l'issue de l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Jérôme Charvin, président,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

M. Hervé Verguet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

Le président-rapporteur,

J. Charvin

La greffière,

M. CL'assesseur le plus ancien,

H. Verguet

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 14 février 2023,

La greffière,

M. C

N°2206533Ls

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