LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2206664

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2206664

mardi 21 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2206664
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCYRIELLE BONOMO FAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 décembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 1er février 2023, M. B A, représenté par Me Bonomo Fay, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, à destination de son pays d'origine ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " étudiant " à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en l'absence d'admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser cette somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner l'Etat aux entiers dépens.

Il soutient que :

- l'arrêté est insuffisamment motivé ;

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'erreurs de fait concernant sa date de naissance et la date de son contrat de travail signé en 2022 ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard du nombres d'heures de travail effectuée sur l'année 2022 ;

- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences du refus de titre de séjour sur sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les dispositions de la directive 2008/115/CE dès lors que l'article L. 511-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est contraire au droit de l'Union européenne.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 17 janvier et 3 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut, dans ses dernières écritures, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'arrêté contesté a été abrogé ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant libanais né le 13 mai 2003, est entrée en France le 1er septembre 2021 muni de son passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant " valant titre de séjour valable du 24 août 2021 au 24 août 2022. Le 8 septembre 2022, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :

2. Si, par un arrêté du 19 janvier 2023, soit postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de l'Hérault a abrogé l'arrêté attaqué du 14 novembre 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, pris à l'encontre de M. A, cet arrêté n'est toutefois pas devenu définitif. Dans ces conditions, l'exception de non-lieu doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté contesté, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :

2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". En vertu de l'article L. 432-9 du même code, la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 peut être retirée à l'étudiant étranger qui ne respecte pas la limite de 60 % de la durée de travail annuelle prévue au même article. Ces dispositions permettent au préfet, dans l'hypothèse où cette limite de 60 % n'est pas respectée par l'étudiant étranger, tant de retirer son titre de séjour que d'en refuser le renouvellement. L'article R. 5221-26 du code du travail précise que " l'étranger titulaire du titre de séjour () portant la mention étudiant est autorisé à exercer une activité salariée, à titre accessoire, dans la limite d'une durée annuelle de travail égale à 964 heures ".

3. Il ressort des motifs de l'arrêté litigieux que le préfet de l'Hérault a rejeté la demande de M. A tendant au renouvellement de son titre de séjour aux motifs qu'il était " employé sous contrat à durée indéterminée depuis le 23 mai 2018, soit avant sa date officielle d'entrée en France " et que " les bulletins de salaires produits par l'intéressé, notamment pour les mois de juin et juillet 2022, mentionnent un cumul d'heures mensuel de 151h57, soit un cumul annuel de 1812 heures ". Toutefois, le préfet de l'Hérault ne démontre pas que M. A aurait été titulaire d'un contrat à durée indéterminée depuis 2018, alors qu'il est entrée en France le 1er septembre 2021, à l'âge de 18 ans, sous couvert d'un visa de long séjour en qualité d'étudiant et qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment du certificat de travail établi le 5 septembre 2022, de l'attestation de l'employeur adressée à Pôle emploi le 2 septembre 2022 et des bulletins de salaire des mois de juin, juillet et août 2022, que M. A a été recruté en qualité de serveur polyvalent du 27 juin 2022 au 3 août 2022, l'intéressé ayant décidé de mettre fin à son contrat de travail à durée indéterminée à la fin de la période d'essai. Dans son mémoire en défense, le préfet de l'Hérault ne démontre pas, ni même n'allègue, que M. A aurait occupé d'autres emplois en 2022 et, par suite, dépassé la limite de durée annuelle de travail précitée. Si le préfet en défense fait état d'absences injustifiées relevées à l'encontre de M. A dans le cadre de ses études universitaires, le refus de renouvellement de son titre de séjour " étudiant " n'est pas fondé sur l'absence de sérieux et de progression dans les études de l'intéressé, qui justifie d'une inscription en Licence 2 Electronique Energie Electrique Automatisme - option santé complémentaire à l'université de Montpellier au titre de l'année 2022/2023. Dans ces conditions, en se fondant sur le fait que le requérant n'avait pas respecté la limite annuelle de 964 heures de travail autorisées pour refuser de renouveler son titre de séjour " étudiant ", le préfet de l'Hérault a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour " étudiant " et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

6. Eu égard au motif d'annulation retenu et dès lors que le préfet de l'Hérault informé le tribunal de sa décision de renouveler le titre de séjour de M. A en qualité d'étudiant, il y a lieu de lui enjoindre de procéder à la délivrance de ce titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les dépens :

7. La présente instance n'ayant pas généré de dépens, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté susvisé du 14 novembre 2022 du préfet de l'Hérault est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de procéder au renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " de M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Bonomo-Fay.

Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sabine Encontre, présidente,

Mme Delphine Teuilly-Desportes, première conseillère,

M. Marc Rousseau, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.

La présidente-rapporteure,

S. C

L'assesseure la plus ancienne,

D. Teuly-DesportesLa greffière,

L. Rocher

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 21 février 2023,

La greffière,

L. Rocher lr

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions