mardi 10 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300080 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | GHIAMAMA MOUELET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2023 à 11h35, M. E A, actuellement retenu au centre de rétention administrative de D représenté par Me Ghiamama Mouelet , demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté pris par le préfet des Pyrénées-Orientales le 05 janvier 2023, portant refus de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " travailleur temporaire " ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-1-5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle est illégale eu égard à l'exception d'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision lui refusant un délai de départ volontaire :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il était muni d'un récépissé valide au moment de son interpellation, qu'il bénéficie de garanties de représentation et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle révèle un défaut d'appréciation de sa situation personnelle et est d'une durée disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lorriaux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lorriaux, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Ghiamama Mouelet, avocat, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Augier pour le Préfet des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant guinéen né le 12 décembre 2004, déclare être entré en France régulièrement le 10 janvier 2022. Il a été accueilli dans le cadre d'un accueil provisoire d'urgence puis confié à l'aide sociale à l'enfance dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative ordonnée par le juge des enfants de D le 13 janvier 2022 jusqu'à sa majorité. Hébergé depuis lors par l'Institut départemental de l'enfance et de l'adolescence à D, M. A, bénéficiaire d'un contrat jeune majeur depuis le 8 décembre 2022 jusqu'au 12 janvier 2023, a été interpellé le 03 janvier 2023 par les services de la police de la direction départementale de la sécurité publique des Pyrénées-Orientales pour des faits de violences conjugales. Par un arrêté du 5 janvier 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la requête visée ci-dessus, M. A demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions. Par un arrêté du même jour il a fait l'objet d'un placement en rétention administrative. Par une ordonnance du 7 janvier 2023, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de D a prononcé la prolongation de la rétention de l'intéressé.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
4. Il résulte des dispositions du III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative qu'il appartient au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il a désigné de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et faisant interdiction de retour, dont il pourrait être saisi, ainsi que des conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dont elles sont assorties, mais que, en revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de séjour. Dès lors, il n'y a lieu de statuer, par la présente décision, que sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 5 janvier 2023 par lesquelles le préfet des Pyrénées-Orientales a obligé M. A à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français. En revanche, les conclusions de la requête dirigées contre la décision refusant à l'intéressé la délivrance d'un titre de séjour doivent être renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour :
5. A l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté du 5 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, M. A invoque, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision relative au séjour.
6. Le récépissé de demande de titre de séjour qui a été délivré à M. A le 2 novembre 2022, produit au dossier, mentionne que l'intéressé a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention " salarié ". Aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont M. A invoque la méconnaissance à l'appui de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour opposé : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
7. En l'état de l'instruction, M. A a été confié à l'aide sociale à l'enfance alors qu'il était tout juste âgé de 17 ans. Toutefois, ce dernier ne justifie pas, par les pièces versées au dossier, soit une attestation de stage allant de quelques jours à deux mois ainsi qu'une correspondance quant à un contrat de travail postérieur à la décision attaquée, avoir suivi depuis au moins six mois une formation destinée à apporter une qualification professionnelle. M. A ne remplissant pas les conditions requises par les dispositions précitées pour la délivrance du titre sollicité, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour qui lui a été opposé est illégal. Par suite, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
8. Par un arrêté n° 2022235 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture des Pyrénées-Orientales, le préfet des Pyrénées-Orientales a donné délégation à M. C B, directeur de la citoyenneté et de la migration de la préfecture des Pyrénées-Orientales, et signataire de l'acte contesté, pour signer, notamment, les décisions relatives à la mise en œuvre des mesures concernant les ressortissants étrangers en situation irrégulière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
9. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants: 3° ; L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents; () 5o Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public. ().
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A, a été interpellé en flagrance et placé en garde à vue par les services de police pour des faits de violences le 3 janvier 2023, l'audition de la victime, sa compagne, étant particulièrement circonstanciée et cette dernière présentant un hématome à l'œil. Ces faits sont constitutifs d'une menace à l'ordre public au sens des dispositions mentionnées au point n°9. En outre, l'exploitation au fichier automatisé des empreintes digitales de M. A lors de sa signalisation suite à l'interpellation précitée, versée au dossier, révèle que ce dernier est connu sous d'autres identités dont celle d'Alpha SALL, né le 5/12/2002 pour des faits de violences sur conjoint ou concubin avec ITT pour lesquelles il a été signalisé les 28 juillet et 11 décembre 2020 dans le cadre de procédures précédentes, ainsi que le mentionne la décision en litige, et fait l'objet d'un mandat de recherche délivré par le tribunal judiciaire de Thonon les Bains le 5 novembre 2021 pour violences aggravées par deux circonstances suivies d'incapacité n'excédant pas 8 jours, faits commis le 1er et le 24 septembre 2021. C'est donc sans commettre d'erreur de qualification juridique des faits de l'espèce que l'autorité a considéré que le comportement de M. A était constitutif d'une menace pour l'ordre public au sens des dispositions précitées.
11. A supposer même que le comportement de l'intéressé ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est également fondé sur les dispositions précitées du 3° de l'article L. 611-1 pour ordonner l'éloignement de M. A du territoire français, pertinemment appliquées.
12. Célibataire et sans charge de famille, M. A a certes noué des liens sociaux en France, notamment entamé un contrat pour un titre professionnel de serveur en restaurant après une courte période de stage rapidement rompu au regard des retards de l'intéressé et de sa faible implication, mais cette durée reste faible au regard des 16 premières années passées dans son pays d'origine. Si M. A allègue être démuni d'attaches dans son pays d'origine, il ne conteste pas que reside encore en Guinée une tante, alors même que leurs relations seraient difficiles. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
13. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel il est fait obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". L'article L. 612-2 dispose que : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1°Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 141-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
14. C'est à tort que le préfet s'est fondé sur le 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisque M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour d'ailleurs refusé par la présente décision et était titulaire d'un récépissé valable jusqu'en mai 2021. Toutefois, l'autorité a également considéré comme établi le risque que M. A se soustraie à la mesure d'éloignement édicteé sur le fondement du 8° de l'article L. 612-3. Si l'intéressé soutient ne s'être jamais soustrait à une mesure d'éloignement et résider à l'hôtel Balladins à D, il ne justifie pas d'une résidence effective permanente dans un local affecté à son habitation principale et est dépourvu de tout document d'identité. Eu égard à ces éléments, le préfet des Pyrénées-Orientales était fondé à considérer le risque de soustraction à la mesure d'éloignement. Enfin, l'autorité administrative s'est également fondée sur le 1° de l'article L. 612-2 du code précité et aurait pris la même décision de refus de départ volontaire en se fondant sur ce seul motif. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la decision qui lui refuse un délai de départ volontaire méconnait les dispositions précitées.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
16. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
17. M. A, qui n'a pas bénéficié d'un délai de départ, ne justifie pas par la seule circonstance qu'il ait été accueilli en 2022 en tant que mineur isolé par les services d'aide sociale à l'enfance, de circonstances humanitaires qui feraient obstacle à une interdiction de retour sur le territoire français. Il ne justifie pas de liens privés et familiaux en France d'une particulière intensité alors qu'il a quitté son pays à l'âge de 16 ans, voire à un âge plus avancé si les éléments mis en avant par la défense questionnant la minorité de l'intéressé lors de son arrivée étaient avérés ultérieurement, et qu'il ne justifie pas être démuni de toutes attaches familiales dans son pays d'origine. Par ailleurs, et ainsi qu'il l'a été dit, le préfet était fondé à considérer que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Ainsi, et quand bien même il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ne saurait être regardé comme entaché d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction, et celles présentées au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 doivent aussi être rejetées.
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de M. A une quelconque somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : M. A est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions à fin d'annulation présentées à l'encontre de la décision refusant l'admission au séjour de M. A sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A et les conclusions de l'Etat présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Ghiamama Mouelet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2023.
La magistrate désignée,
D. Lorriaux
La greffière,
C. Touzet La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 10 janvier 2023
La greffière,
C. Touzet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026