jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 6 janvier, 6 et 22 février 2023, M. A C, représenté Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et l'a obligé à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous huit jours ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait en ce que le préfet indique qu'il est entré en France le 31 octobre 2018 alors qu'il était déjà scolarisé à Toulon ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et complet de sa demande ; il est certes dépourvu de visa long séjour mais il est entré mineur en France ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- en outre, l'arrêté méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la possibilité de régulariser sa situation ; il est entré régulièrement en France via un visa court séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Lambert, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant turc né en 2000, a sollicité le 18 janvier 2020 la délivrance d'un titre de séjour en vue de poursuivre ses études en France. Par un arrêté du 7 septembre 2020 le préfet du Var rejetait sa demande, en lui opposant un refus de titre de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire français. La Cour administrative d'appel de Marseille, par un arrêt du 10 octobre 2022, a prononcé l'annulation de cet arrêté et a enjoint au préfet de procéder au réexamen de la demande de M. C. Par arrêté du 1er décembre 2022, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative peut accorder une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " sans que la condition de visa de long séjour soit exigée, en cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures.
4. M. C conteste le motif tiré de l'absence de visa long séjour et se prévaut de ce que sa situation entre dans le champ d'application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant la dispense de visa long séjour. Il ressort des pièces du dossier que M. C a été scolarisé en France à partir de l'âge de 17 ans au lycée Bonaparte de Toulon en classe de 1ère scientifique, pour les années 2017/2018 et 2018/2019, puis dans ce même lycée pour l'année 2019/2020 au cours de laquelle il a obtenu le diplôme du baccalauréat. Parallèlement à sa demande de titre faite en janvier 2020, il s'est inscrit pour l'année universitaire 2020/2021 en 1ère année du programme " grande école " à l'IPAG Business School de Paris, puis en 2ème année de ce programme pour l'année universitaire suivante 2021/2022. A l'appui du réexamen de sa situation, il a produit un certificat de scolarité en troisième année du programme " grande école " et, dans le cadre de la présente procédure, il a produit un courriel du directeur de l'IPAG s'engageant à reporter son inscription au titre de l'année universitaire 2023/2024. Dans ces conditions, alors que le préfet ne conteste pas la nécessité liée au déroulement de ses études en France pour être dispensé de produire un visa de long séjour, M. C remplissait les conditions pour en être dispensé sur le fondement du deuxième alinéa de l'article L 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, dès lors que ses bulletins de notes démontrent qu'il s'est pleinement investi dans sa scolarité en France et a obtenu de bons résultats, le préfet de l'Hérault a entaché d'erreur manifeste d'appréciation sa décision de ne pas octroyer un titre de séjour " étudiant " à M. C bien qu'il ne soit pas entré en France sous couvert d'un visa de long séjour.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Il y a lieu, par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé à M. C la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et l'a obligé à quitter le territoire français est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M C un titre de séjour étudiant dans le délai de deux mois suivant la présente décision.
Article 3 : L'État versera la somme de 1000 euros à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
Mme D B, première conseiller,
M. François Goursaud, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La rapporteure,
I. B
La présidente,
L. RigaudLe greffier,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 30 mars 2023
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026