lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
I) Par requête n° 2300381, enregistrée le 24 janvier 2023, M. F D, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assigné à résidence pour une période de six mois du 27 octobre 2022 au 26 avril 2023 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les mêmes conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte, au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. D soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- il méconnait les dispositions du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation sur les conditions de son application ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. D et de son épouse à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la décision ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 décembre 2022.
II) Par requête n° 2300380, enregistrée le 24 janvier 2023, Mme A E représentée par Me Sergent, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l'a assignée à résidence pour une période de six mois du 27 octobre 2022 au 26 avril 2023 inclus dans le département des Pyrénées-Orientales avec interdiction de quitter le département sans autorisation et obligation de se présenter aux services de police aux frontières tous les mercredis à 14 heures avec ses deux enfants mineurs ;
2°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard et dans l'attente, dans les mêmes conditions d'astreinte, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ; subsidiairement, de procéder dans les mêmes conditions d'astreinte au réexamen de sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail de six mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme E soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 731-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur d'appréciation des conditions de son application ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conditions d'application à sa situation quant aux motifs exceptionnels et humanitaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet de Pyrénées-Orientales, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. D et de son épouse à lui verser la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la décision ;
- les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les observations de Me Sergent, représentant M. D et Mme E et de Me Diaz pour le préfet des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. F D, né le 9 août 1984 à Erevan en Arménie (ex-URSS), ressortissant arménien, et Mme A E, née le 8 mars 1988 à Bakou en Azerbaïdjan (ex-URSS), sont entrés sur le territoire national en 2013, accompagnés de leurs deux enfants nés à Moscou en 2009 et 2011. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). M. D a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 26 juillet 2014. Mme E a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 16 février 2015 dont la validité a été confirmée par un jugement n° 1501808 du 23 juin 2015 du tribunal administratif de Montpellier. Les époux ont présenté le 29 octobre 2020 des demandes d'admission exceptionnelle au séjour " vie privée et familiale ", qui ont été rejetées par arrêtés du préfet des Pyrénées-Orientales du 13 décembre 2021 portant également obligation de quitter sans délai le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Leur recours formé à l'encontre de ces arrêtés ont été rejetés par jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Montpellier du 2 février 2022 et jugement du même tribunal en formation collégiale du 13 mai 2022. Par arrêté préfectoral des Pyrénées-Orientales du 25 janvier 2022, les époux ont été assignés à résidence pour une période de 45 jours du 25 janvier au 11 mars 2022. Cette décision a été confirmée par jugement du 2 février 2022. Par arrêtés du 9 mars 2022, la mesure d'assignation à résidence a été renouvelée pour M. D et son épouse pour une durée de 45 jours, lesdits arrêtés ayant été confirmés par jugement n°2201225, 2201226 du tribunal administratif de Montpellier du 18 mars 2022. Une assignation à résidence pour une durée de 6 mois a été prise pour chacun des époux par arrêtés du 20 avril 2022 qui n'ont pas fait l'objet de recours contentieux. Par les présents arrêtés attaqués du 26 octobre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales a assigné à résidence M. D et son épouse pour une nouvelle durée de 6 mois du 22 octobre 2022 au 26 avril 2023 inclus.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes n° 2300380 et 2300381 présentées par M. D et Mme E concernent deux conjoints et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Par les arrêtés attaqués du 26 octobre 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales a assigné à résidence M. D et son épouse, Mme E pour une durée de six mois du 27 octobre 2022 au 26 avril 2023 et fixé les modalités de cette mesure. La circonstance que ces décisions aient produit tous leurs effets en cours d'instance et ont été suivies d'une nouvelle mesure d'assignation à résidence pour la période du 27 avril 2023 au 26 octobre 2023 n'est pas de nature à priver d'objet les présents recours. Il y a donc lieu d'y statuer et par suite, d'écarter l'exception de non-lieu à statuer opposée par le préfet des Pyrénées-Orientales.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence :
4. Les arrêtés attaqués ont été signés par M. C B, directeur de la citoyenneté et de la migration de la préfecture des Pyrénées-Orientales, qui bénéficiait d'une délégation en vertu d'un arrêté du 23 août 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer les décisions relatives à la " mise en œuvre des mesures concernant les étrangers en situation irrégulière () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur de droit et d'appréciation :
5. Il ressort des décisions attaquées, que celles-ci sont prises sur le fondement du 1° de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel, dans sa version applicable aux litiges : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ".
6. M. D et son épouse, Mme E, ont fait l'objet, comme le précisent les arrêtés attaqués, d'une obligation de quitter le territoire non assorti d'un délai de départ, édictée par arrêtés du 13 décembre 2021 devenus définitifs. Aucune disposition ne limite à douze mois la durée totale des assignations prononcées au titre, d'une part, de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, de l'article L. 731-1 du même code, qui correspondent à des situations différentes. Le fait qu'à la date des décisions litigieuses, les requérants se soumettent depuis 9 mois à des obligations hebdomadaires de pointage est sans incidence sur leur légalité, compte tenu de ce que la période excédant 6 mois a été exécutée sous l'empire de deux assignations à résidence de 45 jours dont le fondement sur les dispositions de l'article L. 731-1 du même code et les conditions sont différents des présentes.
7. Pour assigner M. D et son épouse, Mme E, à résidence sur le fondement du 1° de l'article L. 731-3 précité, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé sur la circonstance que les époux justifient être dans l'impossibilité de quitter le territoire national en raison de leur origines différentes, de l'état de guerre entre leurs deux pays, des dangers encourus par les enfants en cas de retour en Arménie ou en Azerbaïdjan et dès lors que Mme E est démunie de titre d'identité et de voyage. Le fait que les services de la préfecture aient entrepris des démarches auprès des autorités consulaires au bénéfice de Mme E laisse une perspective raisonnable d'éloignement, nonobstant les difficultés relationnelles entre l'union européenne et la Russie en raison de la guerre en Ukraine. Par suite, en assignant à résidence M. D et son épouse, sur le fondement des dispositions de l'article L. 731-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Pyrénées-Orientales a fait une exacte application de ces dispositions et n'a entaché son arrêté ni d'une erreur de droit ni d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant :
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
9. La circonstance que les époux ne se cachent pas, respectent les obligations posées par les arrêtés litigieux de se présenter au service de police aux frontières de Perpignan avec les enfants tous les mercredis à 14 h, de justifier des démarches entreprises par eux et/ou de se soumettre à celles nécessaires aux fins d'organisation de leur départ n'apparait pas, dans les circonstances de l'espèce d'un couple sans activité de travail et de pays d'origine différente en conflit armé, de nature à caractériser une atteinte disproportionnée au droit au respect de leur vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels ont été pris les arrêtés attaqués et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas davantage justifié par les requérants, nonobstant la scolarisation et l'intégration des enfants sur le territoire national, qu'il soit porté atteinte à l'intérêt supérieur des enfants âgés de 13 et 11 ans à la date des arrêtés attaqués.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation :
10. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
11. Si les époux contestent les termes des arrêtés attaqués selon lesquels ils ne justifient d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire permettant leur admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions précitées, il ressort des pièces du dossier, qu'ils sont entrés en France en 2013, accompagnés de leurs deux enfants nés à Moscou en 2009 et 2011, se maintiennent irrégulièrement sur le territoire national malgré le rejet de leur demande d'asile et des obligations de quitter le territoire prises à leur encontre en 2014, 2015 et 2021, devenues définitives après le rejet de leurs recours devant le tribunal administratif. Dans ces circonstances, le fait que la famille fasse preuve d'intégration, que les enfants aient une scolarité " brillante ", que les époux disposent respectivement d'une promesse d'embauche et se soient investis dans le bénévolat est insuffisant à caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels de nature à leur permettre de bénéficier d'une régularisation de leur situation. Par suite, et alors que le risque prétendu en cas de retour dans leur pays d'origine est sans incidence pour l'application de ces dispositions, en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation, le préfet n'a, en tout état de cause, pas méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède, que les requêtes n° 2300380 et 2300381 présentées par M. D et son épouse, Mme E, doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2300380 et 2300381 sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et Mme A E, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Sergent.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Villemejeanne, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La rapporteure,
B Pater
Le président,
JP Gayrard
Le greffier,
S Sangaré
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024.
Le greffier,
S. Sangaré
N° 2300380, 2300381
fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026