mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300471 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | SERGENT CHLOE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 janvier 2023, M. B E, représenté par Me Sergent, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) avant dire-droit d'ordonner à l'administration de lui communiquer son entier dossier ;
3°) d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile, ainsi que l'arrêté du même jour l'assignant à résidence pour une durée de 45 jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit définitivement statué sur sa demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et subsidiairement de réexaminer sa situation et lui notifier une nouvelle décision ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles :
- il est entaché d'un vice d'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'un vice de procédure, les pièces du dossier ne permettant pas de s'assurer qu'un entretien a été mené par un agent spécifiquement qualifié en vertu du droit national, dans le respect des obligations fixées par l'article 5 du règlement (UE) n°604/2013 ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que les pièces du dossier ne permettent pas de s'assurer qu'il a bien reçu les informations, dans une langue qu'il comprend, prévues à l'article 4 du règlement (UE) n°604/2013 ;
- le préfet a méconnu l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 faute pour lui d'avoir pris en compte son état de santé et sa vulnérabilité avant de décider de son transfert ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté portant transfert aux autorités espagnoles ;
- il a été pris par une autorité ne disposant pas de la compétence pour ce faire ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa vie privée et familiale ;
- l'obligation de pointage deux fois par semaine dans les locaux de la police de l'air et des frontières de Perpignan, distants de 97 kilomètres de son lieu d'hébergement est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés,
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le règlement (UE) n°603/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bayada, première conseillère, pour statuer en tant que juge désigné en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique du 27 janvier 2023 à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, né le 13 décembre 1968, de nationalité guinéenne, déclare être entrée en France le 8 septembre 2022 et s'est présentée à la préfecture de l'Hérault le 29 septembre 2022 pour déposer une demande d'asile. Par un arrêté du 24 janvier 2023, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de remettre M. E aux autorités espagnoles responsables de l'examen de sa demande d'asile. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Haute-Garonne a assigné à résidence M. E dans le département des Pyrénées-Orientales pour une durée maximale de 45 jours. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". En l'espèce, en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à la production par le préfet de l'entier dossier de M. E :
3. Dès lors que l'affaire est en état d'être jugée et que le principe du contradictoire a été respecté, il n'apparaît pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 18 octobre 2022 publié le même jour au recueil administratif spécial du 19 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, pour signer les arrêtés portant transfert d'un étranger dans le cadre de l'Union européenne et les arrêtés d'assignation à résidence pour permettre l'exécution de ces transferts. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, et d'une part, l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 dispose : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées, si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Tout demandeur reçoit, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de supposer qu'il la comprend, une information sur les droits et obligations qui découlent de l'application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, dans les conditions prévues à son article 4. ". Aux termes de l'article R. 521-14 du même code : " Il est remis au demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France l'imprimé mentionné à l'article R. 531-3 lui permettant d'introduire sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides selon la procédure prévue au même article ". Aux termes de l'article R. 521-16 du même code : " Il est remis au demandeur d'asile un document d'information sur la procédure de demande d'asile, sur ses droits et sur les obligations qu'il doit respecter au cours de la procédure, sur les conséquences que pourrait avoir le non-respect de ses obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et sur les moyens dont il dispose pour l'aider à introduire sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ce document l'informe également sur ses droits et sur les obligations au regard des conditions d'accueil, ainsi que sur les organisations qui assurent une assistance aux demandeurs d'asile. Cette information se fait dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend ".
7. Il ressort des pièces versées au dossier que le requérant a reçu l'information prescrite par les dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il a notamment bénéficié de la remise du guide du demandeur d'asile en espagnol, langue qu'il a déclaré comprendre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 et de l'article R 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susmentionnés doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant a` cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller a` ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément a` l'article 4. () 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité´. Il est mené´ par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été reçu le 29 septembre 2022 à la préfecture de l'Hérault, dans le cadre d'un entretien individuel et l'arrêté attaqué mentionne expressément la réalisation de cet entretien mené par un agent qualifié de la préfecture de l'Hérault ce qui est suffisant pour établir que l'entretien a été mené par une personne qualifiée au sens du droit national. En effet, aucun principe ni aucune disposition légale ou réglementaire n'impose la mention, sur le résumé de l'entretien individuel prévu par les dispositions précitées de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, de l'identité de l'agent qui a mené l'entretien. Dès lors, le moyen tiré de la violation de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 ne peut également qu'être écarté.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par l'article 17 du règlement n° 604/2013, de faire droit à une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
11. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
12. M. E soutient avoir besoin d'une prise en charge médicale extrêmement rapprochée en raison de sa vulnérabilité particulière. Toutefois, il ne soutient pas ni même n'allègue qu'il ne disposerait pas du traitement adéquat en Espagne, ni même que cette situation médicale l'empêcherait de réaliser le voyage vers ce pays, dans lequel il a au surplus bénéficié de soins et d'un suivi médical. Par ailleurs, il ressort de la lecture de l'arrêté en litige que le préfet de la Haute-Garonne a procédé à l'examen de la situation personnelle de l'intéressé et a relevé expressément que l'ensemble des éléments de fait et de droit caractérisant sa situation ne relevait pas des dérogations prévues par les articles 17.1 et 17.2 du règlement n° 604/2013. Le préfet a ainsi examiné la possibilité que la France examine la demande d'asile de l'intéressée, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. Par ailleurs, si le requérant soutient que sa demande d'asile ne sera pas examinée de manière sérieuse et impartiale en raison des relations diplomatiques nouées entre la Guinée Equatoriale et l'Espagne, il ne l'établit pas. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de Haute-Garonne aurait fait une inexacte application des stipulations précitées doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. E déclare sans l'établir être entré en France le 8 septembre 2022, être marié à une compatriote restée dans son pays d'origine, et est dépourvu de liens familiaux en France. Dans ces conditions, compte tenu de son entrée très récente, de la durée et des conditions de séjour de l'intéressé en France, la décision contestée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales citées au point précédent. Pour les mêmes motifs, elle n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
15. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
16. M. E soutient qu'il encourt un risque de persécution en raison de ses opinions politiques en cas de retour en Espagne, les seules affirmations sur le risque par lui encourus n'est étayé par aucun élément du dossier. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant transfert aux autorités espagnoles, le moyen tiré de ce que la décision portant assignation à résidence serait privée de base légale doit être écarté.
18. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté portant assignation à résidence doit être écarté.
19. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
20. Enfin, la décision conteste assigné à résidence M. E et lui fait obligation de se présenter deux fois par semaine au service de la police de l'air et des frontières de Perpignan. M. E soutient que les modalités de pointage mise en place dans le cadre de l'assignation à résidence sont excessives dès lorsqu'il est hébergé chez un tiers dont le domicile se trouve à plus de 97 kilomètres de Perpignan, et qu'il est dépourvu de moyen de transport pour s'y rendre. Toutefois, l'attestation d'hébergement qu'il produit est datée du 25 janvier 2022 soit postérieurement à la décision attaquée et il n'est pas établi que le requérant, qui avait déclaré une adresse postale à Perpignan, aurait informé l'administration d'un quelconque changement d'adresse avant l'édiction de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, en retenant les modalités d'exécution de la décision d'assignation à résidence rappelées plus haut le préfet de la Haute-Garonne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ni n'a édicté une mesure disproportionnée dans ses effets.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 janvier 2023 par lequel le préfet de Haute-Garonne a décidé de son transfert aux autorités espagnoles ainsi que de l'arrêté du même jour l'assignant à résidence durant 45 jours. Par voie de conséquence les conclusions aux fin d'injonction qu'il présente seront rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demande M. E au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La magistrate désignée,
A. A La greffière
C. Touzet
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er février 2023
La greffière,
C. Touzet
N°2300471
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026