mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | MOURA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2300239 du 26 janvier 2023, le président de la 4ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a transmis au tribunal administratif de Montpellier la requête de M. A.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 14 janvier 2023, et des mémoires, enregistrés les 9 et 10 mars au greffe du tribunal administratif de Montpellier, M. B A, représenté par Me Moura, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en l'absence de délégation de signature régulière accordée à Mme E C, l'arrêté contesté émane d'une autorité incompétente ;
- la décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français, la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et la décision fixant le pays de renvoi sont insuffisamment motivées ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et complet de sa situation avant de prononcer une obligation de quitter le territoire français à son encontre ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ;
- il ne pouvait légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il pouvait prétendre de plein droit à la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en l'obligeant à quitter le territoire français ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur de droit ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire prive de base légale la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire prive de base légale la décision fixant le pays de renvoi ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en le renvoyant vers son pays d'origine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- et les observations de Me Balestié, substituant Me Moura, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 30 novembre 1998, entré en France en 2019 selon ses déclarations, demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 12 janvier 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contestées :
3. Par un arrêté du 21 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme E C, cheffe de la section éloignement, une délégation à l'effet de signer notamment tout arrêté " ayant trait à une mesure d'éloignement concernant les étrangers séjournant irrégulièrement sur le territoire français ". Mme C était ainsi habilitée à signer l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions des 2°, 5° et 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, et mentionne que M. A se maintient irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration du visa sous couvert duquel il a déclaré être entré en France en 2019, que, compte tenu des faits constitutifs d'infractions pénales dont il est l'auteur, énumérés de manière précise et circonstanciée, son comportement constitue une menace pour l'ordre public, enfin qu'il a travaillé sans autorisation de travail, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. Ces indications ont permis à M. A de comprendre et de contester l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la motivation de l'arrêté contesté ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Hérault n'aurait pas procédé à un examen réel et complet de la situation de M. A.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit:/ () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ;/ () ".
7. A la date de l'arrêté attaqué, M. A, célibataire, sans charge de famille, séjournait irrégulièrement sur le territoire national depuis l'année 2019 selon ses déclarations, après avoir vécu jusqu'à l'âge de vingt ans en Algérie, où il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales. Si le requérant s'est marié avec une ressortissante française le 4 mars 2023, soit postérieurement à la mesure d'éloignement prise à son encontre, il ressort des pièces du dossier que cette relation était encore récente et que le couple ne vivait ensemble que depuis le mois de février 2022. Contrairement à ce qu'il soutient, M. A ne pouvait dès lors prétendre de plein droit à la délivrance du certificat de résidence d'un an prévu par les stipulations précitées de l'article 6 de l'accord franco-algérien. Par suite, le moyen tiré de ce que, indépendamment des cas énumérés à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Hérault ne pouvait légalement prendre une obligation de quitter le territoire français à son encontre, doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :/ () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré () s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;/ 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ".
9. D'une première part, M. A a déclaré être entré en France en 2019 sous couvert d'un visa. Il est constant qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français depuis l'expiration de ce visa. D'une deuxième part, M. A a déclaré avoir travaillé comme pâtissier à Palavas-les-Flots. Il est constant qu'il n'avait pas obtenu au préalable une autorisation de travail, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. D'une troisième part, il ressort du compte-rendu d'enquête versé au dossier par le préfet de l'Hérault que M. A a été interpellé le 11 janvier 2023 à Montpellier en possession de 0,40 grammes de cannabis. En se bornant à alléguer l'absence de preuve apportée par le préfet quant aux infractions qui lui sont reprochées, le requérant ne conteste pas sérieusement être l'auteur des faits, constitutifs d'" usage de faux document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation ", commis le 29 septembre 2021, d' " usage illicite de stupéfiants ", commis le 21 mai 2021, de " refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance, refus de se soumettre aux vérifications relatives au véhicule ou au conducteur, conduite d'un véhicule sans permis ", commis le 31 août 2022, de " détention non autorisée d'arme, munition ou élément essentiel de catégorie B, menace de mort réitérée ", commis le 15 septembre 2021, de " pénétration, circulation ou stationnement dans une dépendance de la voie ferrée interdite au public, vol aggravé par deux circonstances ", commis le 11 juillet 2021, de " conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants ", commis le 2 février 2019, de " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ", commis le 24 juillet 2020, et de " conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants, circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ", commis le 10 mars 2020. Compte tenu de la nature de ces faits, de leur gravité et de leur réitération, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. Pour ces trois motifs, le préfet de l'Hérault n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A.
10. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. Compte tenu des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de
M. A exposés au point 7, l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre du requérant ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. Compte tenu des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de
M. A exposés au point 7, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme étant entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été exposé du point 4 au point 12 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
15. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;/ () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :/ () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa () sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;/ () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
16. Ainsi qu'il a été dit au point 9, le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est maintenu en France après l'expiration du visa avec lequel il a déclaré être entré sur le territoire national en 2019, sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Il ne justifie pas avoir exécuté l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par un arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 16 septembre 2021. Enfin, il n'a pas été en mesure de présenter un document d'identité. Ces motifs justifiaient le refus de lui accorder un délai de départ volontaire. Ainsi, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles
L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prenant une telle décision.
En ce qui concerne la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans :
17. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été exposé du point 4 au point 16 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, doit être écarté.
19. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code, pour fixer la durée de l'interdiction de retour, " l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
20. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'est présent sur le territoire national que depuis l'année 2019. L'intéressé a passé la majeure partie de sa vie en Algérie. Il ne justifie pas de l'ancienneté de la relation avec sa compagne qui vit en France. En outre, sa présence en France représente une menace pour l'ordre public. Ainsi, l'ensemble des circonstances propres à sa situation personnelle est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, qui n'est pas en l'espèce disproportionnée. Dès lors, le préfet de l'Hérault n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prenant une telle décision à l'encontre du requérant.
21. En dernier lieu, pour les raisons exposées au point précédent, l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ne porte pas au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par le préfet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
22. En premier lieu, contrairement à ce qui est soutenu, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, elle est suffisamment motivée.
23. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été exposé du point 4 au point 11 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, doit être écarté.
24. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Pour l'application des stipulations et des dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative de s'assurer que la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger ne l'expose pas à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
25. M. A n'apporte pas d'éléments démontrant, en cas de retour en Algérie dans sa région d'origine, la réalité et le caractère personnel des risques qu'il allègue. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
26. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 14 janvier 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de M. A à fin d'injonction de réexamen de sa situation et de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à
Me Moura.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charvin, président,
M. Verguet, premier conseiller,
Mme Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
H. D
Le président,
J. Charvin
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 18 avril 2023
La greffière,
M. F
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026