jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL VALETTE-BERTHELSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 02 février 2023, M. B E et Mme D E, représentés par Me Robert, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2022 par lequel le maire de Juvignac a accordé un permis d'aménager à la SAS GP Aménagement afin de réaliser le lotissement " Le Clos du Luminaire " au Sud-Est de Juvignac, secteur " Valat de la Fosse ", permettant la réalisation de neuf lots destinés à la création de logement, ensemble la décision implicite du 18 janvier 2023 rejetant leurs recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Juvignac la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'arrêté :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- méconnaît les dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme concernant la zone UD ;
- méconnaît les dispositions du PPRI ; ;
- méconnaît les articles R. 441-2 et R. 441-3 du code de l'urbanisme en ce que la notice du projet est imprécis ;
- méconnaît l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme en ce qui concerne les vues concernant l'environnement proche et pour la situation paysagère lointaine ;
- méconnaît l'article UD10 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la hauteur maximale des constructions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, la société GPM Aménagement, représentée par la Selarl Valette-Berthelsen, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme E au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors d'une part que les requérants ne sont pas voisins immédiats, d'autre part, que la propriété des requérants n'est pas desservie par la même voie publique et enfin, qu'ils ne justifient pas que le projet serait de nature à affecter directement leurs conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2023, la commune de Juvignac, représentée par la SCP VPNG, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme E au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;
- les observations de Me Robert, représentant M. et Mme E ;
- les observations de Me Lalubie, représentant la commune de Juvignac ;
- et les observations de Me Vidal, représentant la société GPM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 juin 2022, la société GPM Aménagement a déposé une demande de permis d'aménager pour la création d'un lotissement " Le Clos du Luminaire " pour la réalisation de neufs lots à bâtir, dont un pourra recevoir trois logements locatifs sociaux, sur les parcelles cadastrées section BK n°124, 125 et 132 sur la commune de Juvignac. Par un arrêté du 20 septembre 2022, le maire de la commune de Juvignac a accordé le permis d'aménager sollicité. M. et Mme E ont exercé un recours gracieux reçu le 18 novembre 2022 à l'encontre de ce permis d'aménager. Par leur requête, M. et Mme E demandent l'annulation de l'arrêté du 20 septembre 2022, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () "
3. Il ressort des pièces du dossier que la maison d'habitation des requérants, implantée sur la parcelle BK119, est séparée de la parcelle BK132, qui recevra seule les neufs lots à bâtir, par plusieurs maisons d'habitations et par la rue du Luminaire à double sens et que la parcelle BK132 se situe à environ 120 mètres de la parcelle des requérants. Dans ces conditions, M. et Mme E ne peuvent être considérés comme voisins immédiats du projet de lotissement. Par ailleurs, si la voie d'accès du projet depuis la rue du Luminaire, constituée de la parcelle rectiligne BK125, fera face à la voie d'accès des requérants depuis cette même rue, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette configuration, sur une voie particulièrement large pour être desservie par des bus de ville, entrainerait pour les requérants une quelconque atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur propre bien. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. et Mme E disposeraient d'une quelconque vue sur le projet de lotissement dès lors que quatre maisons d'habitation sur la rue du Luminaire, dont les parcelles disposent d'arbres de hautes tiges, feront écran empêchant toute visibilité sur les constructions en R+1 à venir sur la parcelle BK132. Dans ces conditions, M. et Mme E, qui ne se prévalent d'ailleurs d'aucune atteinte directe à leurs conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'ils détiennent, ne justifient d'aucun intérêt à agir pour contester l'arrêté du 20 septembre 2022. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Juvignac et par la société GPM Aménagement tiré de l'absence d'intérêt à agir doit être accueillie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Juvignac, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme E la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. et Mme E le versement à la commune de Juvignac et à la société GPM Aménagement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : M. et Mme E verseront la somme de 1 000 euros à la commune de Juvignac et la somme de 1 000 euros à la société GPM Aménagement au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B E et Mme D E, à la commune de Juvignac et la société GPM Aménagement.
Délibéré après l'audience du 05 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Fabienne Corneloup, présidente,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
N. A
La présidente,
F. CorneloupLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 19 octobre 2023,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026