LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2300625

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2300625

mercredi 29 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2300625
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPrésident BESLE
Avocat requérantBAUTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 février 2023, Mme E A D, représentée par Me Bautes, demande au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui proposer un logement décent et durable répondant à ses besoins et capacités, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- depuis la décision de la commission de médiation du 5 avril 2022 l'ayant reconnue prioritaire et devant être relogée d'urgence, elle n'a reçu aucune proposition de logement adaptée à ses besoins et capacités, notamment à la situation de handicap de son fils.

Par un mémoire enregistré le 15 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- un logement répondant aux critères de la commission de médiation a été proposé à la requérante le 7 septembre 2022 ;

- le refus fondé sur l'état de santé de son fils et l'insécurité du quartier ne relève pas de motifs impérieux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Llinares, représentant Mme A D,

- les observations de Mme C, représentant le préfet de l'Hérault.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 441-2-3-1 modifié du code de la construction et de l'habitation : " I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. () Le président du tribunal administratif (), lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte () ".

2. Ces dispositions fixent une obligation de résultat pour l'Etat, désigné comme garant du droit au logement opposable reconnu par le législateur. Elles font obligation au juge d'adresser au préfet l'injonction qu'elles prévoient, dès lors qu'il constate que la demande de l'intéressé a été reconnue prioritaire et que ne lui a pas été proposé un logement tel que défini par la commission, à l'expiration du délai de six mois imparti au préfet pour procéder à ce relogement, sauf si l'administration apporte la preuve que l'urgence a complétement disparu.

3. Lorsque le demandeur a refusé un logement qui lui avait été proposé à la suite de la décision de la commission, la juridiction ne peut adresser une injonction à l'administration que si l'offre ainsi rejetée n'était pas adaptée aux besoins et capacités de l'intéressé tels que définis par la commission ou si, bien que cette offre fût adaptée, le demandeur a fait état d'un motif impérieux de nature à justifier son refus.

4. Par une décision du 5 avril 2022, la commission de médiation de l'Hérault a désigné Mme A D comme prioritaire et devant être logée d'urgence dans un logement de type T4-T5 répondant à ses besoins et capacités en raison du délai excessif d'attente d'un logement social.

5. Mme A D, qui vit dans un logement du parc locatif privé avec son époux et leurs trois enfants mineurs à charge, dont un en situation de handicap, s'est vue proposer par l'office public de l'habitat de Montpellier Méditerranée Métropole, le 7 septembre 2022, un appartement de type 5 situé dans le quartier Aiguelongue à Montpellier. Il résulte de l'instruction que ce logement répondait aux caractéristiques déterminées par la commission de médiation dans sa décision du 5 avril 2022, notamment en ce qui concerne la commune dans laquelle il est situé, le nombre de pièces, et s'il n'était pas pourvu d'un ascenseur, Mme A D avait accepté cette possibilité dans sa demande. Mme A D a néanmoins refusé cette proposition aux motifs que le logement ne comportait pas d'extérieur adapté aux troubles autistiques dont souffre son fils. Toutefois, outre que la décision de la commission de médiation n'a pas retenu la situation de handicap du fils de la requérante pour reconnaître l'urgence à reloger la famille, il ne résulte pas de l'instruction, en particulier des pièces produites par la requérante, que le logement refusé n'aurait pas été adapté aux troubles du spectre autistique dont est atteint l'enfant, notamment les attestations médicales ne précisent pas qu'un extérieur est indispensable ni que ce logement ne permettrait pas de lui attribuer une chambre individuelle comme le préconise le praticien hospitalier qui suit l'enfant. Si elle fait également valoir qu'elle ne se sent pas suffisamment en sécurité dans le quartier dans lequel se situe le logement proposé, elle n'établit ni la réalité ni la gravité des risques auxquelles elle et les membres de sa famille seraient personnellement exposés. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières, les motifs de refus de la proposition de logement du 7 septembre 2022 doivent être regardés comme étant de pure convenance personnelle. Le préfet de l'Hérault, qui justifie ainsi avoir offert à Mme A D un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, a donc satisfait à l'obligation qui lui incombait, en vertu de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, d'exécuter la décision de la commission de médiation du 7 septembre 2022.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A D sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme A D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié Mme E A D, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, et à Me Bautes.

Copie sera adressée au préfet de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mars 2023.

Le président,

D. BLa greffière,

C. Arce

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 29 mars 2023,

La greffière,

C. Arce

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions