mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D' AVOCATS PHILIPPE AUDOUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 et 26 février 2023, M. et Mme A et H B, représentés par Me Audouin, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC 034 082 21 M0020 M02 du 8 août 2022 par lequel le maire de la commune de Combaillaux a délivré à M. F D et Mme C G un permis de construire modificatif pour la réalisation d'un enrochement au Sud-Ouest de la parcelle cadastrée section AL n° 204 lot 1 située au 2, allée du Prévert à Combaillaux (34980), de celle de la décision du 15 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux, et de celle de tout éventuel arrêté de permis de construire modificatif qui serait produit ;
2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de Combaillaux, de l'Etat, de M. D et de Mme G une somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir en application de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ; ils sont en effet propriétaires de la parcelle qui jouxte l'assiette foncière du projet ; en outre, le permis de construire modificatif en litige tend à modifier de manière importante le traitement de la limite séparative entre les deux fonds ; enfin, ils devaient être bénéficiaires de la bande de terrain qui devait leur être cédée ;
- leur requête n'est pas tardive compte tenu de l'exercice de leur recours gracieux, dans le respect des formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
Sur l'urgence :
- l'exécution des travaux autorisés par l'arrêté en litige a débuté ;
- la condition d'urgence est présumée satisfaite en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme
Sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux :
- le maire était tenu, en application de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, de recueillir l'avis du préfet sur la demande présentée, à défaut de quoi le permis de construire modificatif est illégal ;
- à supposer qu'un avis favorable ait été émis par le préfet, celui-ci serait illégal et entache d'illégalité le permis en litige ;
- cet avis ne peut ignorer l'insuffisance du dossier de permis de construire et la méconnaissance des articles L. 431-1 et suivants, R. 111-2, R. 111-19 et R. 111-27 du code de l'urbanisme ; en effet, le permis modificatif autorise un exhaussement avec des vues sur leur propriété et un risque d'implantation sans leur accord ; en outre, le permis autorise un mur d'une hauteur de 3,41 mètres, trop importante selon les usages ; également, les travaux sont sans lien et tout à fait dissociables des travaux liés à la maison d'habitation qui a fait l'objet d'un précédent permis de construire ; aucune raison technique ne justifie le remblaiement ;
- ainsi, le permis modificatif en litige a été délivré sur la base d'un avis du préfet lui-même illégal et sur celle d'une position infondée du maire ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ; il ne comprend pas leur accord tandis que les travaux d'enrochement vont prendre appui sur le muret sur leur propriété et leur appartenant ; le volet paysager est insuffisant ; la notice est mensongère s'agissant des travaux ; le dossier ne respecte pas les articles R. 431-7 à R. 431-10 du code de l'urbanisme ; le dossier ne comprend pas de notice d'insertion complète et suffisante ; le dossier est mensonger s'agissant de la remise au nveau réel des points du terrain naturel ;
- les travaux ne sont pas justifiés pour sécuriser une habitation et ne sont pas rendus nécessaires par la nature du sol ; ils traduisent la volonté des pétitionnaires d'exhausser leur terrain sur une surface de près de 69 mètres carrés et d'élargir la surface plane de leur terrain par pure convenance personnelle ;
- le permis modificatif est entaché d'un détournement de procédure ; en effet, l'assiette foncière du terrain est issu d'une précédente division parcellaire autorisée le 17 décembre 2020, et la construction a déjà fait l'objet d'un permis de construire délivré le 6 juin 2021 et d'un permis de construire modificatif délivré le 15 novembre 2021 ; l'opération dans son ensemble a donc été fractionnée de sorte qu'il est impossible de vérifier dans quelles conditions et dans quelles proportions il est procédé au rehaussement du niveau naturel du sol avec l'apport de matériaux et remblais et si, ainsi, l'ensemble du projet devait ou non faire l'objet d'un permis d'aménager selon les articles R. 421-23 et R. 421-19 du code de l'urbanisme ;
- se pose la question de l'existence d'une fraude pour obtenir le permis de construire initial ;
- les travaux autorisés portent atteinte à la sécurité des personnes et des biens en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, compte tenu de la fragilité des sols, de l'absence d'étude préalable et des risques d'éboulement ;
- le permis en litige méconnaît l'article R. 111-19 du code de l'urbanisme, les travaux en cause créant une surface de plancher violant les règles de prospect ;
- l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme est également méconnu au regard de la propriété avoisinante et de l'ensemble du quartier ;
- la règle de hauteur du mur en limite séparative, posée par l'article 663 du code civil, est méconnue.
Par un mémoire, enregistré le 23 février 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à justifier la suspension de l'arrêté en litige ;
- il s'en remet aux observations de la commune de Combaillaux ;
- en tout état de cause, il a émis un avis favorable le 7 août 2022 fondé sur l'absence de contrariété du projet avec les dispositions de l'article L. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 23 février 2023, Mme C G et M. F D, représentés par Me Pourret, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- la requête en référé est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt à agir de M. et Mme B ; le projet en litige ne porte pas atteinte aux conditions dans lesquelles ces derniers occupent leur propriété ;
- la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code justice administrative n'est pas remplie ; les travaux sont en effet achevés à l'exception de la pose de la clôture en maille rigide en haut de l'enrochement ;
- subsidiairement, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité du permis de construire modificatif en litige.
Par un mémoire, enregistré le 27 février 2023, la commune de Combaillaux, représentée par la SELARL Territoires Avocats, agissant par Me D'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de M. et Mme B la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt pour agir de M. et Mme B ;
- subsidiairement, aucun des moyens soulevés n'est susceptible de faire un naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige.
Vu :
- la requête enregistrée le 12 janvier 2023 sous le n° 2300182 par laquelle M. et Mme B demandent l'annulation de l'arrêté en litige.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Rigaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 27 février 2023 à 14 heures :
- le rapport de Mme Rigaud, juge des référés,
- les observations de Me Moukoko, représentant M. et Mme B, qui reprend et développe les moyens soulevés dans ses écritures, et soutient en outre que la réalisation de l'enrochement autorisé par le permis en litige a pour conséquence d'obstruer leur canalisation d'évacuation d'eau, ainsi que le montre le plan de masse joint à la demande de permis modificatif ;
- celles de Me Chatron, représentant la commune de Combaillaux, qui persiste dans ses écritures et ajoute que l'article 663 du code civil ne s'applique pas à la clôture grillagée implantée en retrait de la limite parcellaire et de l'enrochement ;
- et celles de Me Valette, représentant Mme G et M. D, qui persiste dans ses écritures et précise en outre que l'ensemble des moyens soulevés sont infondés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G et M. D ont déposé le 7 juillet 2022 une demande de permis de construire modificatif auprès des services de la commune de Combaillaux pour la réalisation d'un enrochement au Sud-Ouest de leur parcelle cadastrée section AL n° 204 et située 2, allée du Prévert à Combaillaux. Par un arrêté n° PC 034 082 21 M0020 M02 du 8 août 2022, le maire de la commune de Combaillaux a délivré le permis de construire modificatif sollicité. Par la présente requête en référé, M. et Mme B sollicitent, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette autorisation et celle de la décision rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête présentée par M. et Mme B tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis de construire modificatif attaqué.
4. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, ni de statuer sur la condition relative à l'urgence, les requérants ne sont pas fondés à demander la suspension de l'exécution du permis de construire modificatif délivré par le maire de la commune de Combaillaux à Mme G et M. D le 8 août 2022 et de la décision du 15 novembre 2022 rejetant leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Combaillaux, de l'Etat, de Mme G et M. D, qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par M. et Mme B et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, en application des mêmes dispositions, de mettre à la solidaire charge de M. et Mme B la somme de 750 euros à verser à la commune de Combaillaux et celle de 750 euros à verser à Mme G et M. D.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront solidairement la somme de 750 (sept-cent cinquante) euros à la commune de Combaillaux en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. et Mme B verseront solidairement la somme de 750 (sept-cent cinquante) euros à Mme G et M. D en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme A et H B, au préfet de l'Hérault, à la commune de Combaillaux, à Mme C G et à M. F D.
Fait à Montpellier, le 1er mars 2023.
La juge des référés,
L. Rigaud
La greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 1er mars 2023.
La greffière,
M. E
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026