vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2300797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | FORUM REFUGIES - CENTRE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE DE PERPIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 février 2023, M. F C alias B, représenté par Me Menet, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a fixé le pays à destination duquel il peut être reconduit d'office ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter des observations préalablement à son édiction, en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation de sa situation en fixant l'Algérie comme pays de renvoi alors qu'il est demandeur d'asile en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 février 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gavalda, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relatives aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 février 2023 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Me Menet, représentant M. C alias B, assisté de M. D, interprète assermenté en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- le préfet des Pyrénées-Orientales n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F C, né le 3 juin 1995 à Alger (Algérie), alias M. A se disant Oussama B, né le 25 novembre 2001 à Tizi Ouzou (Algérie), a été interpellé le 8 février 2023 par les services de la police nationale dans l'enceinte de la gare de Perpignan et a été placé en retenue, au motif qu'il était inscrit au fichier des personnes recherchées (FPR) pour interdiction judiciaire du territoire. Par un arrêté du 9 février 2023, dont il demande l'annulation, le préfet des Pyrénées-Orientales a fixé le pays à destination duquel il peut être reconduit d'office.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". La requête n'est ni manifestement irrecevable, ni manifestement dénuée de fondement. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C alias B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Ces dispositions doivent être interprétées comme faisant obstacle à ce qu'un étranger, dont la demande de reconnaissance de la qualité de réfugié est en cours d'examen dans un État membre au sens du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, soit éloigné à destination du pays dont il a la nationalité.
4. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police, le 8 février 2023, M. C alias B a déclaré avoir déposé une demande d'asile en Allemagne. La consultation de la base de données " Eurodac ", le 10 février 2023, a en effet révélé que l'intéressé avait non seulement déposé une demande d'asile en Allemagne le 31 mai 2018, mais également aux Pays-Bas le 5 décembre 2019, en Suisse le 13 août 2021, puis à nouveau en Allemagne, le 28 décembre 2022. Si le préfet fait valoir qu'il a, le 13 février 2023, postérieurement à l'édiction de son arrêté, transmis aux autorités allemandes, néerlandaises et suisses, une demande de reprise en charge du requérant, il ne verse à l'instance aucune décision de ces autorités indiquant que les différentes demandes d'asile de l'intéressé auraient été rejetées. Dans l'attente de la réponse apportée à ces demandes d'asile, cette situation faisait obstacle à ce que M. C alias B soit reconduit à destination de l'Algérie, pays dont il a la nationalité, ainsi que le prévoit l'arrêté en litige.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C alias B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a fixé l'Algérie comme pays de destination de son éloignement.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par M. C alias B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C alias B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 9 février 2023 par lequel le préfet des Pyrénées Orientales a fixé l'Algérie comme pays de renvoi de M. C alias B est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Menet.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 février 2023.
La magistrate désignée,
A. ELe greffier,
D. Martinier
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 17 février 2023
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026