mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | BADJI-OUALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 février et 23 mars 2023, M. C B, représenté par Me Badji-Ouali, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence d'un an dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation temporaire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête, introduite dans le délai de 48 heures, est recevable ;
- la procédure suivie est irrégulière dès lors que son droit à être entendu a été méconnu ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation et d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle dès lors que la mesure d'éloignement a été prise sans considération de sa demande de titre de séjour déposée le 22 juin 2022 auprès du préfet du Cantal dont l'instruction est toujours en cours, de la durée de sa présence en France et de sa situation de concubinage avec une ressortissante marocaine titulaire d'un titre de séjour d'une durée de validité de dix ans ; en outre, sa présence en France ne présente pas une menace pour l'ordre public dès lors que les faits pour lesquels son ex-compagne a déposé plainte contre lui le 11 septembre 2022 n'ont pas été prouvés et n'ont pas donné lieu à poursuites et qu'il justifie de sa volonté de s'intégrer en France et de s'occuper de sa fille née en 2018 ;
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la nature de ses liens personnels et familiaux en France ;
- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de sa fille en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision lui refusant un départ volontaire n'est pas suffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est hébergé par un tiers à Montpellier et qu'il ne présente ni un risque de fuite ni une menace pour l'ordre public ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires, qu'il a établi sa vie privée et familiale en France et qu'il aspire à travailler à nouveau pour l'entreprise qui l'a employé en qualité de manutentionnaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte européenne des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les observations de Me Badji-Ouali, pour le requérant.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 4 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né en 1990, qui déclare être entré en France le 2 décembre 2016, a été convoqué et entendu par les services de police le 23 février 2023 pour des faits de violence conjugale puis placé en garde à vue en vertu des articles 75 et suivants du code de procédure pénale pour menaces de mort sur son ex-compagne et a fait l'objet, le 24 février 2023, d'un arrêté du préfet de l'Hérault portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire avec interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, l'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Montpellier en date du 17 avril 2023. Il n'y a dès lors pas lieu de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des motifs de l'arrêté du 23 février 2023, qui vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, que le préfet de l'Hérault a examiné la situation personnelle et familiale de M. B, en tenant compte de ses liens familiaux en France et en Algérie, de leur ancienneté et de leur intensité, ainsi que des conséquences d'une mesure d'éloignement et de son retour dans son pays d'origine. Dès lors que l'arrêté attaqué énonce ainsi les considérations de droit et de fait qui fondent l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.
4. Par ailleurs, si le requérant fait état de ce que l'arrêté attaqué a été pris sans considération de la demande de titre de séjour qu'il a déposée le 20 juin 2022 auprès des services de la préfecture du Cantal, M. B ne peut se prévaloir de ce que sa demande de titre de séjour serait toujours en cours d'instruction, nonobstant le courrier du 6 décembre 2022 qui lui a été adressé par les services de la préfecture du Cantal, dès lors qu'une décision implicite de rejet est nécessairement intervenue au terme du délai de quatre mois suivant le dépôt de sa demande de titre de séjour en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, si le requérant conteste la matérialité des menaces de mort dénoncés par son ex-compagne dans la plainte qu'elle a déposée contre lui le 11 septembre 2022 et s'il verse au dossier des témoignages de connaissances, datant pour la plupart de 2018, pour attester du sérieux de son comportement, ces éléments ne sont pas de nature à révéler un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle et familiale par l'autorité administrative. Par suite, le moyen tiré à ce titre de l'erreur de droit dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, si aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son A ; () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union, de sorte que le moyen tiré de leur violation par le préfet de l'Hérault est inopérant. En outre, si le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, il ressort du procès-verbal de l'audition du requérant par les services de police le 23 février 2023 qu'il a été invité à présenter des observations sur la mesure d'éloignement envisagée, observations qu'il a pu présenter, de manière utile et effective. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu ou que le principe du contradictoire aurait été méconnu.
6. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis 2016, qu'il a vécu en concubinage avec une ressortissante marocaine avec laquelle il a eu une fille née le 3 juin 2018, qu'il a reconnu cette enfant et participe à son entretien et à son éducation et qu'il conserve de bons rapports avec les deux enfants de nationalité française de la mère de sa fille, issus d'une précédente union. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et que sa fille, née en 2018, est à la charge de sa mère dont il est séparé. Pour justifier qu'il participe à l'entretien de sa fille, le requérant ne produit que 5 tickets de caisse, pour la période d'août 2020 à février 2022, relatifs à des achats de vêtements pour enfant, et le caractère récent des virements bancaires qu'il a effectués mensuellement au profit de la mère de son enfant à partir d'octobre 2022 à jusqu'en février 2023 ne permettent d'établir qu'une participation effective de sa part à l'entretien de son enfant très récente. En outre, si M. B, qui réside depuis septembre 2022 à Montpellier, soutient qu'il participe à l'éducation de sa fille qui vit à Aurillac avec sa mère et qu'il la voit souvent, il ne produit toutefois pas le moindre élément au dossier à l'appui de ses allégations et, s'il fait valoir qu'il entretient de bons rapports avec les enfants français de sa concubine issus d'une précédente union, l'attestation qu'il produit au dossier, établie le 27 mai 2022, ne présente pas un caractère probant. Par ailleurs, le requérant n'est pas dépourvu d'attaches en Algérie où résident sa mère et sa fratrie et où il a vécu, à tout le moins, jusqu'à l'âge de 26 ans.
8. Eu égard à l'ensemble de ces éléments et compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de M. B, qui s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français, ainsi que du caractère très récent de sa contribution à l'entretien de sa fille, les moyens tirés de ce que l'arrêté contesté porterait une atteinte excessive au droit de l'intéressé à mener un vie privée et familiale normale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
10. Il est constant que M. B est séparé depuis septembre 2022 de la mère de sa fille qui vit à Aurillac et, s'il a indiqué lors de son audition par les services de police qu'il entretient de bonnes relations avec la mère de son enfant qu'il peut voir quand il le souhaite, il ne produit aucun élément pour démontrer, ainsi qu'il le soutient, qu'il rendrait visite régulièrement à son enfant et n'établit nullement qu'il détiendrait un droit de visite et d'hébergement sur son enfant, qui aurait été fixé en accord avec son ex-compagne ou par une décision du juge des enfants. Dans ces conditions, dès lors que la mesure d'éloignement prononcée à son A n'a pas pour effet de le séparer de sa fille et qu'il n'est pas démontré qu'elle le priverait effectivement de l'exercice d'un droit de visite et d'hébergement qu'il détiendrait sur son enfant, le requérant n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance des stipulations précitées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la mesure d'éloignement prononcée à son A.
En ce qui concerne l'absence d'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ".
13. Compte tenu de ce qui a été dit aux points précédents, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui des conclusions dirigées contre la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. B doit être écarté.
14. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur les 4°, 7° et 8° des dispositions sus rappelées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en faisant état de ce qu'il a déclaré, lors de son audition par les services de police, son intention de ne pas se conformer à l'obligation qui lui serait faite de quitter le territoire français, qu'il a présenté à la préfecture du Cantal des faux documents d'identité et de séjour belges afin d'obtenir une carte de résident algérien dont il avait fait usage pour exercer une activité professionnelle sur le territoire français, qu'étant démuni de tout document d'identité ou de voyage et n'apportant pas la preuve qu'il disposait d'un domicile, il ne justifiait pas de garanties de représentation effectives et qu'ainsi le risque de fuite était avéré. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé d'accorder au requérant un délai de départ volontaire manque en fait et doit être écarté, de même que le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation.
15. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de l'Hérault ne s'est pas fondé sur le 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de ce que les faits de menaces de mort au titre desquels sont ex-compagne a porté plainte contre lui ne seraient pas prouvés reste sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, lors de son audition le 23 février 2023, M. B a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français et il ne conteste pas qu'il a fait usage de faux documents d'identité et de séjour belges pour exercer une activité professionnelle sur le territoire français et pour obtenir une carte de résident algérien. En outre, le passeport qu'il produit au dossier a expiré le 4 février 2018 et l'attestation d'hébergement par un tiers a été établie le 16 mars 2023, postérieurement à l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le préfet a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, considérer qu'il existait un risque que M. B se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son A.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
17. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doit être écarté.
18. Pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B, le préfet de l'Hérault a pris en considération, outre la plainte qui a été déposée à son A par son ex-compagne le 11 septembre 2022, la durée de sa présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire national, en relevant qu'il n'avait pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Il a, par suite, pris sa décision en examinant les critères définis par l'article L. 612-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. B, n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas suffisamment motivé sa décision ou qu'il n'aurait pas procédé à un examen approfondi de sa situation.
19. Si M. B se prévaut de son souhait d'être à nouveau employé en qualité de manutentionnaire par la société pour laquelle il a travaillé, sans y être autorisé, et de s'intégrer dans la société française, il ne justifie d'aucune circonstance d'ordre humanitaire susceptible de justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour à son A en application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, si M. B fait valoir que les faits de menaces de mort dénoncés par son ex-compagne dans la plainte qu'elle a déposée contre lui n'ont pas donné lieu à poursuites, en faisant état de la volonté de son ex-compagne de lui nuire, il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le requérant était déjà défavorablement connu des services de police pour des violences sans incapacité sur mineur de 15 ans par ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime commis du 1er avril au 20 mai 2019 à Aurillac et qu'il a fait usage de faux documents d'identité et de séjour belges. Par ailleurs, au regard de la situation personnelle et familiale du requérant, dont la famille réside en Algérie, telle que rappelée plus haut, le préfet de l'Hérault n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son A.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 24 février 2023 du préfet de l'Hérault doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant sur leur fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M.Mohamed Amine B, au préfet de l'Hérault et à Me Badji-Ouali.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sabine Encontre, présidente,
Mme Delphine Teuly-Desportes, première conseillère,
M. Marc Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La présidente-rapporteure,
S. AL'assesseure la plus ancienne,
D. Teuly-DesportesLa greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mai 2023,
La greffière,
L. Rocher0lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026