jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | PROCEDURES 96 H H / 48 H |
| Avocat requérant | RUIZ |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 27 février à 15h09, M. B E, représenté A Me Ruiz, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté pris A le préfet des Alpes-Maritimes, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, ce règlement emportant renonciation à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un défaut de motivation et/ou d'examen ;
- elle est illégale au regard de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;
En ce qui concerne la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale puisqu'assortissant une mesure d'éloignement illégale.
A un mémoire en défense, enregistré le mars 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés A M. E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lorriaux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lorriaux, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Ruiz, avocat, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures A les mêmes moyens, et les explications de M. E A le truchement de son interprète M. F.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, ressortissant algérien né le 30 mars 1993 à Alger, a été interpellé le 25 février 2023 A les services de la police de Nice pour infraction à la législation sur les étrangers. A un arrêté du 25 février 2023, le préfet des Alpes-Maritimes l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans. M. E a A ailleurs été placé au centre de rétention administrative de Sète. A une ordonnance du 28 février 2023, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Montpellier a prononcé le maintien en rétention de l'intéressé. A la requête visée ci-dessus, M. E demande l'annulation de l'arrêté du préfet des Alpes Maritimes du 25 février 2023.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit A le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit A la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
4. A un arrêté du 7 février 2023, régulièrement publié au recueil spécial n°32 des actes administratifs de la préfecture des Alpes-Maritimes du même jour, accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet des Alpes-Martimes a donné délégation à Mme D, directrice de la réglementation de l'intégration et des migrations pour signer, notamment, les décisions relatives à la mise en œuvre des mesures concernant les ressortissants étrangers en situation irrégulière et, en son absence ou empêchement, à M. C G, chef de bureau du séjour. Il n'est ni allégué ni établi que Mme D n'était pas absente ou empêchée le 25 février 2023. A suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. M. E mentionne à l'audience qu'il fait depuis deux ans régulièrement des aller-retour entre la France et l'Italie, pour en France rendre visite à sa compagne, compatriote, et à leur fils. En outre, il se prévaut, sans l'établir, avoir demandé l'asile en Slovénie en 2019. Néanmoins, aucun élément n'atteste de cette composition familiale ni de la participation effective du requérant à l'entretien et l'éducation de son enfant. M. E qui ne conteste pas présenter des antécédents judiciaires, notamment pour vols, ne présente aucune insertion sociale ou professionnelle particulière. Dans ces conditions, et alors que M. E reconnaît ne pas avoir exécuté une précédente mesure d'éloignement en 2020, le préfet des Alpes-Maritimes n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de l'intéressé n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier et si M. E fait valoir qu'il a demandé l'asile en Slovénie il ne l'établit pas ni ne justifie d'aucune circonstance faisant obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine.
7. Eu égard à ce qui a été dit au point n°5, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.
Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée A l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
9. D'une part, la décision attaquée vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne, en outre, la durée de présence du requérant sur le territoire français, sa situation familiale ainsi que les motifs pour lesquels il est considéré comme constituant une menace pour l'ordre public. Dès lors, l'interdiction de retour sur le territoire français, qui mentionne les circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
10. D'autre part, il n'est pas contesté que M. E, qui ne justifie pas de la régularité de son séjour sur le territoire français ni avoir effectué des démarches en ce sens, a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement pris A arrêté du préfet du Nord le 27 octobre 2020 qui n'a pas été exécutée et qu'il est défavorablement connu des services de police. Il ne présente aucune garantie de représentation et il est constant qu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à M. E pour quitter le territoire français. Ce dernier, en se bornant à avoir indiqué être venu en France pour fuir des problèmes en Algérie, à savoir des menaces de mort suite à une dette, sans autre précision ni document au soutien de cette allégation, n'expose ni n'établit aucune circonstance humanitaire pouvant justifier que l'autorité n'édicte pas d'interdiction de retour sur le territoire français. S'il allègue avoir demandé l'asile en 2019 en Slovénie, il ne l'établit pas. Le préfet pouvait donc légalement prendre à l'encontre de M. E une telle interdiction. M. E, 30 ans, se prévaut sans l'établir avoir une compagne, compatriote dont la régularité du séjour n'est pas établie, avec laquelle il a un enfant né en France mais n'établit pas participer à son entretien et son éducation. Ainsi, M. E ne justifie d'aucun élément au soutien de l'existence d'une vie privée et familiale en France. Dans ces conditions, M. E ne contestant pas la présence d'attaches familiales dans son pays d'origine, le préfet ne peut être regardé comme ayant méconnu l'article 8 de la convention de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l'homme, en prenant à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Certes, en application de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette interdiction emporte signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et compromet ainsi également, dans ce délai, son éventuel retour en Italie. Toutefois, M. E indique y travailler sur les marchés mais admet y être en situation irrégulière ; il n'y a donc aucun droit au séjour. De surcroît, en application de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'interdiction de retour peut faire l'objet d'une abrogation à tout moment dès lors que l'obligation de quitter le territoire français a été exécutée. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans prise à son encontre, le quantum maximal étant de trois ans, serait disproportionnée dans son principe et sa durée, notamment au regard des conséquences qu'elle engendrerait sur sa situation personnelle et familiale
11. Eu égard à ce qui a été dit au point n°5, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées A M. E doivent être rejetées. A voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991doivent aussi être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : M. E est provisoirement admis à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet des Alpes-Maritimes et à Me Ruiz.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
La magistrate désignée,
D. Lorriaux
Le greffier,
D. Martinier La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 2 mars 2023
Le greffier,
D. Martinier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026