jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301182 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er mars 2023 et le 5 mai 2023, M. C A, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 octobre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 6 décembre 2022 ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois, dans les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Ruffel au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence compte tenu d'une délégation de signature trop générale ;
- le préfet a commis une erreur de droit et a entaché la décision d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour en application de son pouvoir de régularisation ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaissent l'article 7b de l'accord franco-algérien dès lors qu'il justifie d'une expérience professionnelle significative ainsi que de réelles perspectives professionnelles et qu'il dispose, en outre, d'attaches familiales intenses sur le territoire français ;
- le rejet de son recours gracieux est entaché d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et complet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 10 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rigaud ;
- et les observations de Me Brulé, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 21 février 1998, déclare être entré en France le 24 mars 2020, démuni de visa. Il a présenté, le 7 septembre 2022, une demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale et en qualité de salarié. Par arrêté en date du 5 octobre 2022, le préfet de l'Hérault a pris une décision portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 6 décembre 2022.
2. L'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2022-09-DRCL-0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. B à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Compte tenu de sa précision, cette délégation n'est pas d'une portée trop générale. Le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit donc être écarté.
3. Aux termes du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention "salarié" ; cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française. ". Aux termes de l'article 9 de ce même accord : " () Pour être admis à entrer et à séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7 et 7 bis (lettres a à d), les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. ". Il résulte de ces stipulations que, pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français pour y exercer une activité professionnelle salariée, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises.
4. Il est constant que M. A ne disposait pas de visa long séjour à la date de sa demande de certificat de résidence et était ainsi en situation irrégulière. Le préfet a ainsi pu à bon droit opposer à M. A l'absence de détention d'un visa long séjour pour rejeter sa demande de certificat de résidence présentée en qualité de salarié sur le fondement de l'article 7 de l'accord franco-algérien. Il ne ressort par ailleurs pas des termes de la motivation de l'arrêté que le préfet de l'Hérault n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation tant personnelle que familiale de l'intéressé. Si le requérant se prévaut d'une demande d'autorisation de travail pour un salarié étranger établie par l'employeur, la société Profondation, le 7 septembre 2022, pour un emploi d'aide-foreur à temps complet en contrat à durée indéterminée, il n'est pas établi que cette dernière, qui ne comporte aucune mention de réception par l'administration, ait été transmise et réceptionnée par les services préfectoraux à la date de l'arrêté attaqué. Les moyens tirés de l'erreur de droit et du défaut d'examen réel et sérieux doivent dès lors être écartés.
5. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
6. Ainsi, M. A, qui soutient s'être prévalu de la promesse d'embauche citée au point 4 à l'appui de son recours gracieux, n'est pas fondé à soutenir que la décision de rejet de son recours gracieux serait entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle.
7. Enfin, si M. A se prévaut de la promesse d'embauche citée au point 4, d'une expérience professionnelle significative ainsi que de réelles perspectives professionnelles, de la présence en France de ses grands-parents auxquels il apporte une aide quotidienne et de l'une de ses sœurs titulaire d'une carte de résident, et de sa relation récente avec une ressortissante française, il ne démontre cependant pas l'existence de considérations humanitaires ou de circonstances exceptionnelles de nature à justifier la mise en œuvre du pouvoir exceptionnel de régularisation du préfet à l'égard de sa situation. Ce faisant, en écartant la possibilité de l'admettre au séjour dans le cadre de son pouvoir de régularisation à titre exceptionnel le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Hérault du 5 octobre 2022 et de la décision rejetant son recours gracieux doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rigaud, présidente,
Mme Crampe, première conseillère,
M. Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La présidente-rapporteure,
L. Rigaud
L'assesseure la plus ancienne,
S. CrampeLa greffière
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Junon
N° 220118
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026