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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2301293

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2301293

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2301293
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSERGENT CHLOE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2023, Mme D épouse A, représentée par Me Sergent, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 16 décembre 2022 portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français ;

3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à la décision définitive de la Cour nationale du droit d'asile sur la demande d'asile formée pour ses deux filles ou pendant le temps nécessaire au réexamen de sa situation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions des articles 34 et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- en l'absence de délégation de signature régulière accordée à Mme C B, l'arrêté contesté émane d'une autorité incompétente ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen de sa situation personnelle ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- en l'absence de preuve de la transmission par le médecin instructeur d'un rapport médical au collège de médecins, de ce que le médecin instructeur n'a pas siégé dans ce collège de médecins et du respect de la collégialité, la décision portant refus de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- le préfet a commis une erreur de droit en s'estimant lié par les avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- compte tenu de l'état de santé de ses enfants, le préfet a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant le titre sollicité ;

- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a pas pris en considération l'intérêt supérieur des enfants, en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- compte tenu du risque d'excision encouru par ses deux filles mineures en cas de retour au Nigéria, l'obligation de quitter le territoire français à destination de ce pays a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme A été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Verguet a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante nigériane née le 5 octobre 1987, entrée en France le 17 juin 2016 sous couvert d'un visa de court séjour en étant accompagnée de ses deux filles, a sollicité le 10 juin 2021 la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent accompagnant d'enfant étranger malade. Le préfet des Pyrénées-Orientales a pris le 1er février 2022 un arrêté lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Par un jugement n° 2200880 du 3 juin 2022, le tribunal a prononcé l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté et enjoint au préfet de délivrer à Mme A une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'à l'intervention de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rendue sur les demandes d'asile formées pour ses filles. A la suite des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 juin 2022, le préfet des Pyrénées-Orientales a pris le 16 décembre 2022 un arrêté portant refus de séjour, assorti d'une obligation de quitter le territoire français. Mme A demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à

Mme C B, directrice de cabinet, une délégation à l'effet de signer " les arrêtés et décisions pris dans le cadre des procédures de refus de séjour, de mesures d'éloignement des étrangers ". Mme B était ainsi habilitée à signer l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté fait référence aux dispositions des articles

L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, et mentionne que, selon les avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, d'une part, l'état de santé de son fils ne nécessite pas une prise en charge médicale, d'autre part, l'état de ses filles nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Le préfet a également relevé que par des décisions du 15 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté les demandes d'asile présentées pour ses filles, enregistrées selon la procédure accélérée. Ces indications ont permis à Mme A de comprendre et de contester la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, assortie d'une obligation de quitter le territoire français. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. () Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. () Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. ". L'article L. 425-9 du même code dispose : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./ L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé./ () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () " L'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 dispose : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté. " Enfin, l'article 6 du même arrêté dispose : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant :/ a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ;/ b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ;/ c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;/ d) la durée prévisible du traitement. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que les trois avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration datés des 18 août et 14 septembre 2021, relatifs à l'état de santé des trois enfants de Mme A, ont chacun été émis au vu du rapport médical prévu à l'article R. 425-11 et que le médecin ayant établi chaque rapport n'était pas au nombre des médecins membres du collège ayant rendu les avis. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision contestée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.

6. En quatrième lieu, il ressort de l'énoncé des motifs de l'arrêté en litige et des autres pièces du dossier que le préfet des Pyrénées-Orientales a procédé à un examen de l'ensemble de la situation de la requérante, notamment en ce qui concerne les craintes qu'elle avait exprimées quant au risque d'excision auquel ses filles seraient exposées en cas de retour au Nigéria, au vu des avis de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 juin 2022.

7. En cinquième lieu, pour refuser à Mme A la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé sur les avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui a estimé, pour son fils, que son état de santé ne nécessite pas une prise en charge médicale et, pour ses deux filles, que leur état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requérante ne produit aucun document médical de nature à infirmer les avis du collège de médecins de l'OFII quant à l'absence de nécessité d'une prise en charge médicale pour son fils, ou quant à l'absence de conséquences d'une exceptionnelle gravité pour ses deux filles. Dès lors, le préfet des Pyrénées-Orientales, qui ne s'est pas cru lié par les avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 4 en refusant à Mme A la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour en raison de l'état de santé de ses enfants.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance - 2° - Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. Si Mme A se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France depuis l'année 2016 aux côtés de ses trois enfants, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'est entrée sur le territoire national qu'à l'âge de 41 ans et s'y est maintenue irrégulièrement, en dépit de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 19 mars 2018, à la suite de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 mars 2017 rejetant sa demande d'asile, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile. Par des décisions du 15 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, statuant selon la procédure accélérée, a rejeté les demandes d'asile présentées pour ses filles mineures, de sorte que la requérante n'a pas le droit de se maintenir en France en application des dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors même qu'un recours a été formé devant la Cour nationale du droit d'asile. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le père du fils de Mme A, titulaire d'une carte de résident, qui vit séparément de la requérante, entretiendrait des relations avec celui-ci. Ainsi dans les circonstances de l'espèce, la décision portant refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français ne portent pas au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par le préfet.

10. En septième lieu, compte tenu des éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de Mme A exposés au point précédent, les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ne peuvent être regardées comme étant entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

11. En huitième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour effet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs, mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

12. D'une part, si la requérante soutient que ses filles sont menacées de subir une excision au Nigéria, elle n'apporte toutefois, à l'appui de ses allégations, aucun élément suffisamment probant de nature à établir qu'elles courraient effectivement un tel risque. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a d'ailleurs rejeté les demandes d'asile présentées pour ses filles à ce titre. D'autre part, Mme A a la même nationalité que le père de son fils, de sorte que l'enfant ne sera pas nécessairement séparé de l'un ou l'autre de ses parents en cas de départ de la requérante au Nigéria. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le père de l'enfant entretient des relations avec celui-ci. Dans ces conditions, le préfet des Pyrénées-Orientales ne peut être regardé comme ayant méconnu l'intérêt supérieur des enfants en prenant l'arrêté contesté.

13. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Pour l'application des stipulations et dispositions précitées, il appartient à l'autorité administrative de s'assurer que la décision fixant le pays de renvoi d'un étranger ne l'expose pas à des risques sérieux pour sa liberté ou son intégrité physique, non plus qu'à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. La requérante n'apporte pas d'éléments suffisamment probants de nature à établir, en cas de retour au Nigéria dans sa région d'origine, la réalité et le caractère actuel du risque d'excision auquel seraient exposées ses filles mineures. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées, en fixant le Nigéria comme pays à destination duquel la requérante pourra être renvoyée, ne peut être accueilli.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 16 décembre 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions de Mme A à fin d'injonction de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme quelconque au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D épouse A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Sergent.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Charvin, président,

M. Verguet, premier conseiller,

Mme Couégnat, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

Le rapporteur,

H. Verguet

Le président,

J. Charvin

La greffière,

A. Lacaze

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 30 mai 2023

La greffière,

A. Lacaze

Ls

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