mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONAFOS |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoire, enregistrés les 10 mars et 26 avril 2023, M. D A B, représenté par Me Bonafos, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté du 8 mars 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales qui l'oblige à quitter le territoire français, sans délai, fixe le pays de renvoi et une interdiction de retour sur le territoire français de 18 mois ;
- de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, de l'assigner à résidence chez sa compagne.
Il soutient que :
- il est père de deux enfants français de dix et bientôt 5 ans, vit avec eux et vit avec sa compagne depuis 11 ans, a vécu en France enfant et adolescent, y vit depuis 2009 et a eu des titres de séjour de 2013 et 2018, et le préfet a méconnu les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention de New-York ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en se fondant sur l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car il n'a pas demandé de titre de séjour ;
- il ne menace pas l'ordre public et ne présente pas de risque de récidive ;
- la décision refusant un délai de départ, son renvoi au Maroc et l'interdiction de retour méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par mémoire, enregistré le 20 avril 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- et les observations de Me Bonafos, pour M. A B, et celles de Me Danet, pour le préfet des Pyrénées-Orientales.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 5 juin 1983, demande d'annuler l'arrêté du 8 mars 2023 du préfet des Pyrénées-Orientales qui l'oblige à quitter le territoire français sans délai, et fixe le pays de renvoi et une interdiction de retour sur le territoire français de 18 mois.
2. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné par le tribunal correctionnel de Perpignan, le 23 février 2015 à 15 jours d'emprisonnement avec sursis pour recel de bien provenant d'un délit, le 21 juillet 2015 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour violence sur concubin, le 11 juillet 2019 à un an d'emprisonnement pour violence aggravée sur concubin, et le 23 septembre 2021 à deux ans six mois d'emprisonnement pour détention, offre, ou cession non autorisée et usage illicite de stupéfiants. Par suite, en estimant qu'il troublait l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
3. En vertu de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour ou le renouvellement du titre de séjour5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ".
4. Si le requérant soutient que le 3° de l'article L. 611-1 cité au point précédent ne lui était pas applicable, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué qu'il est fondé sur le 5° du même article. Par suite, ce moyen sera écarté.
5. En vertu de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". En vertu de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
6. Si le requérant fait valoir qu'il a été scolarisé en France, qu'il y vit avec sa compagne depuis 11 ans, et avec ses deux enfants de nationalité française, nés les 26 novembre 2012 et 31 juillet 2018 et scolarisés, il ressort des pièces produites qu'il a fait l'objet de condamnations pénales mentionnées au point 2, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'un arrêté d'éloignement du 27 novembre 2019 confirmé par ce tribunal, qu'il est sans revenu, ne contribue pas à l'entretien et l'éducation de ses enfants, et n'est pas isolé au Maroc, où vivent sa mère et son frère. Par suite, le refus de séjour n'a pas méconnu les articles cités point 3.
7. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, la décision lui refusant un délai de départ, celle qui le renvoie au Maroc, et l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 18 mois, ne méconnaissent pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
10. Et ses conclusions présentées à titre subsidiaire, de l'assigner à résidence chez sa compagne, qui impliquent qu'une injonction soit adressée à l'administration à titre principal, ne peuvent qu'être rejetées.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Et les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante, une somme.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet des Pyrénées-Orientales relatives à l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et au préfet des Pyrénées-Orientales.
Après en avoir délibéré à l'issue de l'audience du 9 mai 2023 à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le président,
V. C
L'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 16 mai 2023.
Le greffier,
F. Balicki fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026