lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301390 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | STE D'AVOCATS THOME-HEITZMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2023, M. G E, Mme B D et M. A C, représentés par Me Schoegje, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 13 février 2023 par laquelle la directrice du conservatoire du littoral a décidé de préempter la parcelle section BW n° 341 située à Leucate ;
2°) de mettre à la charge du conservatoire du littoral la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- étant amis, ils sont convenus que M. E vendrait à M. C et Mme D la maisonnette de vacances dont il est propriétaire contre un prix modique de 15 000 euros et la possibilité, non formalisée, pour M. E de s'y rendre gracieusement durant certaines périodes de l'année ; M. E a signé un papier sommaire que son ami a lui-même transmis à son notaire, lequel, sans plus d'information sur l'intention de M. E et sans solliciter son autorisation, a fait parvenir une déclaration d'intention d'aliéner son bien au président du conseil départemental de l'Aude en se présentant comme son mandataire ;
- en leurs qualités respectives de propriétaire vendeur et d'acheteurs évincés, ils bénéficient d'une présomption d'urgence ; en outre, l'intention du conservatoire du littoral, telle qu'elle figure dans la décision de préemption, est de démolir la construction présente sur la parcelle, avec des conséquences qui ne seraient pas réparables en cas d'annulation ultérieure de la décision attaqué ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui :
. est tardive, dès lors qu'elle a été notifiée le 3 mars 2023, après l'expiration du délai de deux mois visé à l'article R. 215-12 du code de l'urbanisme ;
. a été prise par une autorité incompétente, à défaut d'une délibération du conseil départemental de l'Aude, régulièrement publiée, délégant son droit de préemption au conservatoire du littoral ;
. méconnaît les articles L. 113-8 et L. 215-11 du code de l'urbanisme dès lors qu'une construction en dur est édifiée sur le bien préempté et que la superficie de 135 m² de la parcelle est bien trop réduite pour justifier un objectif d'ouverture au public et, par suite, qu'il soit dérogé, à titre exceptionnel, au principe d'exclusion du droit de préemption sur les parcelles bâties ; les motifs indiqués pour justifier la préemption, tenant à contribuer à la constitution progressive d'une entité foncière protégée plus importante et plus cohérente, à assurer une bonne connectivité entre les espaces naturels et à améliorer la qualité paysagère du secteur en assurant la renaturation de la parcelle, n'entrent pas dans les objectifs énoncés à l'article L. 113-8 du code de l'urbanisme ; le terrain préempté ne présente pas un caractère naturel sensible et, compte tenu de sa taille réduite, il ne nuit pas à la connectivité des espaces naturels qui l'entourent.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, le conservatoire du littoral, représenté par la Selarl Thomé Heitzman, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas démontrée, la perspective de la vente alléguée n'étant pas caractérisée au regard du document sommaire signé par M. E, qui ne comporte aucune indication relative à la désignation cadastrale du bien et ne saurait être considéré comme une promesse de vente ; en outre, il ressort des écritures des requérants que le notaire ne disposait pas d'un mandat du vendeur pour déposer la déclaration d'intention d'aliéner, ce qui est de nature à entraîner la nullité de la vente ; l'acquisition de la parcelle préemptée, en revanche, s'élève au rang de priorité pour le conservatoire du littoral afin de préserver l'espace naturel sensible du plateau de la Franqui où se situe la parcelle ;
- le moyen tiré de ce que la notification de la décision de préemption serait tardive manque en fait dès lors que la première présentation du pli à l'adresse indiquée dans la déclaration d'intention d'aliéner est intervenue le 17 février 2023, dans le délai d'exercice du droit de préemption ;
- sa directrice justifiait d'une délégation en date du 1er juillet 2020 du président du conseil départemental de l'Aude, compétent en vertu d'une délibération de la commission permanente du département du 30 juin 2017, régulièrement publiée et transmise en préfecture, pour exercer le droit de préemption en espaces naturels sensibles ;
- le moyen tiré de l'absence de sensibilité et d'intérêt écologique de la parcelle BW n° 341, incluse dans le périmètre du droit de préemption au titre des espaces naturels sensibles, est inopérant ;
- la parcelle est classée en zone N au PLU et incluse dans la ZP III de la ZPPAUP de Leucate, située au cœur du parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée, dans la ZNIEFF de type 2 du plateau de Leucate, dans un corridor écologique entre la frange littorale leucatoise et le plateau de la Franqui et se trouve à proximité immédiate de quatre sites Natura 2000 et de deux ZNIEFF de type 1 et 2 ; sa préemption est nécessaire à la poursuite de l'objectif de préservation et de protection au titre de la mise en œuvre de la politique des espaces naturels sensibles sur le secteur du plateau de la Franqui qui se situe au cœur du site du plateau de Leucate dont le caractère sensible et remarquable est caractérisé par de nombreuses mesures de protection régionales, nationales et européennes ou inventaires ;
- l'acquisition de la parcelle et la démolition du cabanon s'inscrivent dans la lutte contre la cabanisation prévue par le plan local d'urbanisme de Leucate et par la convention de partenariat qu'il a signée le 11 février 2019 avec la commune, le plateau de la Franqui étant au nombre des secteurs justifiant une maîtrise foncière en vue de leur protection et de leur renaturation, dans une démarche qui correspond aux objectifs de la politique définie par l'article L.113-8 du code de l'urbanisme ; le cabanon, construit dans une zone historiquement classée en zone naturelle, présente un risque de pollution pour ses abords et des risques pour la santé, la salubrité et la sécurité publiques dès lors qu'il n'est relié à aucun réseau public et est dépourvu d'un système de gestion des eaux usées et qu'il est situé au sein d'une pinède, dans une zone soumise à un risque d'incendie de forêt élevé ; son accès s'effectue par un chemin non bitumé, ce qui contribue à provoquer la régression de la végétation et l'érosion des sols et la préemption de la parcelle permettra le placement stratégique d'une nouvelle barrière sur ce chemin pour interdire la circulation, le stationnement et le camping sauvage sur l'ensemble du secteur ;
- la lutte contre le morcellement foncier des espaces naturels sensibles par la constitution d'emprises foncières constitue un des moyens de garantir une protection efficiente de ces espaces et l'ouverture au public ne peut être envisagée parcelle par parcelle mais uniquement à l'échelle d'un espace cohérent, renaturé et ayant recouvré un usage compatible avec sa sensibilité écologique ;
- compte tenu de la localisation du terrain au coeur d'un site faisant déjà l'objet d'une politique de gestion et d'ouverture au public, le moyen tiré de l'insuffisance de sa dimension ne peut qu'être écarté.
Vu :
- la requête, enregistrée le 11 mars 2023 sous le n° 2301389, tendant à l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné Mme F, vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Encontre, juge des référés,
- les observations de Me Schoegje, pour les requérants, qui fait valoir que, compte tenu de l'irrégularité de la déclaration d'intention d'aliéner, le conservatoire du littoral ne pouvait pas légalement préempter le bien ;
- les observations de Me Thomé, pour le conservatoire du littoral, qui précise que l'irrégularité de la déclaration d'intention d'aliéner est sans incidence sur la légalité de la décision de préemption.
Une note en délibéré a été produite par Me Thomé pour le conservatoire du littoral, enregistrée le 30 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Par la présente requête, M. E, en sa qualité de propriétaire de la parcelle cadastrée section BW n° 341 située à Leucate, et Mme D et M. C, en leur qualité d'acquéreurs évincés, demandent au juge des référés de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 13 février 2023 par laquelle la directrice du conservatoire du littoral a décidé de préempter la parcelle précitée.
3. Eu égard notamment aux caractéristiques de la parcelle cadastrée section BW n° 341 située à Leucate et à sa localisation sur le plateau du Franqui, au cœur du périmètre de préemption en espace naturel sensible défini par le département de l'Aude, aucun des moyens présentés par les requérants, tels qu'analysés ci-dessus, n'est propre, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de préemption attaquée en date du 13 février 2023. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées au titre de L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par les requérants, partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à charge des requérants la somme demandée par le conservatoire du littoral au titre de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le conservatoire du littoral au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G E, premier dénommé des requérants, et au conservatoire du littoral.
Fait à Montpellier, le 3 avril 2023.
La juge des référés,
S. F
La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 avril 2023.
La greffière,
L. Rocher lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026