mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301408 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2023, M. B A, représenté par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler le titre de séjour en qualité d'étudiant qu'il détenait, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Hérault de délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, d'ordonner le réexamen de sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve de la renonciation de ce dernier à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur le refus de renouvellement du titre de séjour :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- il est entaché de deux erreurs de fait dans la meure où, d'une part, il n'a pas échoué à la première année " Sciences de la vie " au titre de l'année universitaire et où, d'autre part, il ne s'est réorienté qu'une seule fois ;
- les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- et les observations de Me Lambert, substituant Me Mazas, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant turc, né en 1995, est entré en France régulièrement, le 19 août 2016, muni d'un passeport revêtu d'un visa D " études " afin d'y poursuivre des études médicales au titre de l'année universitaire 2016-2017. Après avoir redoublé la première année commune aux études de santé au titre de l'année 2017/2018 à l'université de Montpellier puis avoir été ajourné à l'issue de la première année de licence " Sciences et technologie", mention devenue " Sciences de la vie ", au titre de l'année universitaire 2018/2019 et ayant ensuite validé la première année de licence l'année suivante, avant d'être à nouveau ajourné en deuxième année de licence au titre de l'année universitaire 2020/2021, à la suite de sa réorientation, le préfet de l'Hérault a refusé, par un arrêté du 6 décembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours, et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.
3. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour " étudiant " détenu par M. A, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur l'absence de progression dans ses études au motif, d'une part, que l'intéressé, après deux années en PACES a également été ajourné à deux reprises en première année de licence " Sciences et technologies " et s'est inscrit pour la troisième fois en deuxième année de licence " Sciences de la vie " et, d'autre part, sur sa réorientation, à plusieurs reprises, sans expliquer la corrélation entre ces différentes formations, ni dans quelle mesure elles s'intégraient dans un projet professionnel cohérent.
4. Or, ainsi qu'il en justifie, M. A a, après un premier échec au titre de l'année universitaire 2018/2019, obtenu la première année de licence " Sciences et technologies " au titre de l'année universitaire 2019/2020, avant d'être ajourné en deuxième année de cette même licence au titre des années 2020/2021 et 2021/2022. En outre, et contrairement à ce qui a été retenu par l'autorité préfectorale, M. A n'a pas changé à plusieurs reprises d'orientation mais a, après deux années de PACES, choisi d'effectuer à l'université de Montpellier une licence " Sciences et technologie " avant d'opter, au titre de la 2ème année, ainsi que cela est possible, pour la licence " Sciences de la vie " sans que l'on puisse qualifier ce choix de réorientation. Dans ces conditions, le préfet de l'Hérault ne pouvait, sans entacher sa décision d'un défaut d'examen réel et sérieux, se fonder sur ces éléments erronés pour refuser le renouvellement du titre de séjour.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens présentés à l'appui de ses conclusions, que M. A est fondé à demander l'annulation du refus de séjour opposé le 6 décembre 2022 et, par voie de conséquence, des décisions du même jour du préfet de l'Hérault qui prononcent à son encontre une obligation de quitter le territoire français et fixent tant le délai de départ que le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, eu égard à ses motifs, n'implique pas la délivrance d'un titre de séjour " étudiant " au requérant, mais implique seulement que le préfet de l'Hérault procède au réexamen de sa situation. Il y donc lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de délivrer à M. A dans le délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette mesure d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale et son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros à verser à Me Mazas, avocate de M. A, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 6 décembre 2022 du préfet de l'Hérault est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer dans le délai de huit jours une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à Me Mazas une somme de 1 200 euros dans les conditions prévues au point 7 du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré à l'issue de l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-Desportes
La greffière,
L. Rocher
La présidente,
S. Encontre
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 6 juin 2023,
La greffière,
L. Rocher
N°2301408 lr
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026