mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301470 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mars 2023, M. A B, représenté par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'ensemble des décisions contenues dans l'arrêté du préfet de l'Hérault du 7 novembre 2022 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfecture de l'Hérault de réexaminer sa situation et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ;
3°) de condamner l'Etat à payer à son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :
- ces décisions sont insuffisamment motivées ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'un vice de procédure faute de consultation préalable de la commission du titre de séjour alors qu'il justifie d'une présence habituelle depuis plus de dix ans ; cette illégalité prive de base légale l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est privée de base légale par suite de l'illégalité de la décision de refus de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a obtenu l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle de Montpellier du 7 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,
- et les observations de Me Lambert, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 16 mai 1979, déclare être entré en France en novembre 2010 muni d'un visa court séjour délivré par les autorités italiennes et s'y être maintenu depuis. Le 11 octobre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour au regard de ses dix ans de présence et de sa vie privée et familiale. Par un arrêté du 7 novembre 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. La décision contestée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde, notamment ses articles L. 423-23 et L. 435-1, et est motivée en fait par les circonstances que les pièces versées par M. B ne permettent pas de justifier d'une présence en France réelle et continue depuis la date d'entrée alléguée, que, célibataire et sans charge de famille, il ne démontre pas être dans l'impossibilité de retourner dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et ne démontre pas être isolé et que l'intéressé ne peut être regardé comme justifiant, par les éléments qu'il fait valoir, de motifs exceptionnels ou de considérations humanitaires. La décision de refus de séjour énonce ainsi avec suffisamment de précision les considérations de droit et de fait qui la fondent, sans qu'y fasse obstacle l'absence de mention spécifique par le préfet de la production d'une promesse d'embauche. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation du refus de séjour doit donc être écarté. Dès lors que la décision de refus de séjour est suffisamment motivée le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
3. Aux termes du second alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ". Si M. B déclare être entré en France en novembre 2010 et y résider depuis, il produit peu de justificatifs pour les premières années revendiquées et ceux-ci sont en outre d'une faible valeur probante. A l'exception d'une attestation d'hébergement par un particulier à partir de décembre 2019, il ne produit que des attestations d'élection de domicile. S'il produit des déclarations de revenus, faisant état d'une absence de revenus, et/ou des avis d'imposition au titre des années 2017 à 2021, l'ensemble de ces documents ont été établis en 2021. Les autres éléments, attestations d'aide médicale d'état à partir de 2017, quelques ordonnances ponctuelles, des reçus d'argent en 2011 et 2013 ainsi que plusieurs attestations de particuliers, relativement stéréotypées, ne permettent pas d'établir la réalité d'une présence continue. Dans ces conditions, même s'il a fait l'objet de deux périodes de placement en centre de rétention administrative fin 2013/début 2014 et fin 2018, le requérant ne justifie pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans. Par suite le préfet, qui, contrairement aux allégations du requérant, n'a pas admis sa présence pour toutes les années autres que 2012 et 2015, n'était pas tenu de soumettre sa demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue par l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré du vice de procédure dont serait entachée la décision de refus de séjour doit donc être écarté, ainsi que par voie de conséquence le moyen tiré du défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français pour ce motif.
4. Ainsi qu'il l'a été dit au point précédent M. B ne justifie pas d'une présence habituelle depuis plus de dix ans. S'il produit une promesse d'embauche, établie le 29 juin 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier alors qu'il reconnaît lui-même vivre dans une situation de précarité, qu'il a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement, qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il n'est entré en France qu'à l'âge de 31 ans selon ses déclarations, que le préfet aurait entaché sa décision de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle. Ce moyen doit donc être écarté.
5. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 4, le moyen invoqué à l'encontre de la décision fixant le pays de destination tiré de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français doit, en tout état de cause s'agissant du refus de séjour, être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 novembre 2022 du préfet de l'Hérault doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais du litige.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré à l'issue de l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jérôme Charvin, président,
M. Hervé Verguet, premier conseiller,
Mme Michelle Couégnat, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023
La rapporteure,
M. Couégnat
Le président,
J. Charvin La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juin 2023
La greffière,
A. Lacaze
N°2301470Ls
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026