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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2301508

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2301508

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2301508
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantAVOCATS VERBATEAM

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête enregistrée sous le n°2301508 et un mémoire, enregistrés le 17 mars 2023 et le 21 mars 2023, M. et Mme B C, représentés par la SCP SVA, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Béziers a accordé un permis de construire à la société Hélénis pour la construction d'une résidence de 78 logements sur la parcelle cadastrée section MZ n°15, ensemble la décision du 17 janvier 2023 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Béziers la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de 13 euros de frais de plaidoirie sur le fondement des articles R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale.

Ils soutiennent que l'arrêté du 27 octobre 2022 :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la volumétrie et l'implantation des constructions en ce qui concerne le transformateur électrique ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'emprise au sol qui ne doit pas excéder 60% de la superficie totale de l'opération, le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la hauteur maximale des constructions limitée à 9 mètres à l'égout du toit , le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît l'article UD5 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère au regard du quartier dans lequel il s'insère, à savoir des maisons individuelles en R+1 et implantées en bande et en vague ;

- méconnaît l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les espaces de pleine terre , le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît les règles générales du plan local d'urbanisme en ce qui concerne le stationnement des véhicules électriques ;

- méconnaît le plan de prévention du risque inondation en ce que le projet ne compense pas l'imperméabilisation des sols par le volume de rétention imposé de 100 litres par m2.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2023, la société Hélénis, représentée par la SCP Verbateam, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, la commune de Béziers conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II/ Par une requête enregistrée le 21 mars 2023 sous le n°2301592, M. et Mme B C, représentés par la SCP SVA, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le maire de la commune de Béziers a accordé un permis de construire à la société Hélénis pour la construction d'une résidence de 78 logements sur la parcelle cadastrée section MZ n°15, ensemble la décision du 17 janvier 2023 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Béziers la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative et de 13 euros de frais de plaidoirie sur le fondement des articles R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale.

Ils soutiennent que l'arrêté du 27 octobre 2022 :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la volumétrie et implantation des constructions en ce qui concerne le transformateur électrique ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'emprise au sol qui ne doit pas excéder 60% de la superficie totale de l'opération, le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la hauteur maximale des constructions limitée à 9 mètres à l'égout du toit, le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît l'article UD5 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère au regard du quartier dans lequel il s'insère, à savoir des maisons individuelles en R+1 et implantées en bande et en vague ;

- méconnaît l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne les espaces de pleine terre, le dossier de permis de construire était insuffisamment renseigné sur cet aspect ;

- méconnaît les règles générales du plan local d'urbanisme en ce qui concerne le stationnement des véhicules électriques ;

- méconnaît le plan de prévention du risque inondation en ce que le projet ne compense pas l'imperméabilisation des sols par le volume de rétention imposé de 100 litres par m2.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2023, la société Hélénis, représentée par la SCP Verbateam, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, la commune de Béziers conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E ;

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public ;

- et les observations de Me Liegeois, représentant la SAS Hélénis.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées n°2301508 et n°2301592 ont été présentées par les mêmes requérants, concernent la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. La société Hélénis a déposé le 1er août 2022 un dossier de permis de construire pour la construction d'une résidence de quatre bâtiments pour un total de 78 logements, située au 15 avenue des Christols à Béziers, parcelle cadastrée section MZ n°15. Le dossier a été complété le 11 octobre 2022 et par un arrêté du 27 octobre 2022, le maire de la commune de Béziers a accordé le permis de construire sollicité n°PC34 032 22 T 0140. M. et Mme C, voisins immédiats, ont adressé un recours gracieux le 21 décembre 2022 lequel a été rejeté le 17 janvier 2023. Par leurs requêtes, M. et Mme C demandent l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2022 et de la décision du 17 janvier 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, l'arrêté du 27 octobre 2022 a été signé par M. A D, adjoint au maire chargé notamment de l'urbanisme, lequel a reçu une délégation par un arrêté du 17 juillet 2020 à l'effet de signer les actes et décisions relevant de sa délégation, incluant les autorisations d'urbanisme. Il ressort des mentions figurant sur cet arrêté, lesquelles font foi jusqu'à preuve contraire, qu'il a été réceptionné en préfecture le 17 juillet 2020, publié au recueil des actes administratifs n°7 de la commune et certifié exécutoire par le maire. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du permis de construire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation par rapport aux voies et emprises publiques : Au sein des secteurs UD1, UD1a et UDi, l'implantation des constructions se fera soit à l'alignement de la voie ou de l'emprise publique qui s'y substitue soit à un retrait minimale de 3 mètres de la voie ou de l'emprise publique qui s'y substitue. Des implantations autres que celles prévues ci-dessus peuvent être admises ou imposées dans les cas suivants : - lorsque le retrait permet d'aligner la nouvelle construction avec une construction existante, dans le but de former une unité architecturale avec celle-ci ; - lorsque la construction entre dans le cadre d'une opération d'ensemble ou d'un lotissement. - Lorsque l'environnement ou la sécurité des piétons et des personnes handicapées, ou l'expression d'une recherche architecturale le justifie ; - Dans le cas de l'extension d'un bâtiment existant qui ne respecte pas la règle. Dans la bande de 0 à 3 mètres par rapport à l'alignement ou à la limite susvisée peuvent être admis les saillies non fermées, les balcons, les escaliers extérieurs, les auvents sans appui ainsi que les débords de toiture sont autorisés dans la limite maximum de 1 mètre. () ". Aux termes de l'article 4 des dispositions générales applicables à l'ensemble des zones, relatif aux adaptations mineures : " () Les ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des Services publics sont autorisés, même si ces installations ne respectent pas le corps de la règle de la zone concernée. () ". Aux termes de l'article 2 des dispositions communes à l'ensemble des zones : " () Les constructions, installations, aménagements ou ouvrages nécessaires aux équipements d'intérêt collectif et aux services publics sont autorisés dans toutes les zones du PLU et peuvent déroger à l'ensemble des règles de ces zones dans la mesure où leurs caractéristiques techniques l'imposent et qu'elles soient justifiées dans le cadre d'un projet architectural en considération des lieux avoisinants. " et l'article 1 de ces dispositions commune liste les destinations et sous-destinations recouvrant les équipements d'intérêt collectif et de services publics.

5. Si les requérants soutiennent que le garde-corps grillagé du local transformateur se situe à 1,40 mètres de la limite séparative et sans être à l'alignement, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce simple grillage non-couvert ne saurait être considéré comme une construction au sens des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme et pouvait ainsi être implanté dans la zone de retrait de trois mètres à compter de la voie publique. Par suite, le moyen tel que soulevé tiré de ce que le garde-corps du transformateur électrique ne respecte pas l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme quant aux règles d'implantation par rapport aux voies et emprises publiques doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'emprise au sol : " Dans le secteur UD1, UD1a et UDi, l'emprise au sol des constructions ne doit pas excéder 60 % de la superficie totale du terrain d'assiette support de l'opération. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la demande de la commune de Béziers, la société Hélénis a transmis des pièces complémentaires le 11 octobre 2022, dont notamment une pièce annexe 7 " Plan RDC - emprise au sol " qui mentionne une emprise au sol de 2 501,87m2 sur la parcelle de 4 630m2, soit 54,03%, dont il ressort que les éléments en saillie des quatre bâtiments, générant des projections verticales ont été pris en compte, ainsi que le local du transformateur électrique. Par ailleurs, la rampe d'accès sous le niveau naturel du terrain ne crée pas de projection verticale ainsi que le niveau en R-1 par ailleurs intégralement situé sous les quatre bâtiments et les allées entre chaque bâtiments si bien que ces surfaces n'avaient pas été prises en compte dans le calcul de l'emprise au sol. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les ordures ménagères sont stockés dans un enclos non couvert qui ne constitue pas d'emprise au sol. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne l'emprise au sol et le moyen tiré de l'insuffisance du dossier doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme en ce qui concerne la hauteur des constructions : " Dans le secteur UD1, UD1a et UDi, la hauteur des constructions ne peut excéder 9 mètres à l'égout du toit. () ". Aux termes de l'article 4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme : " Hauteur des constructions Sauf dispositions particulières indiquées, les constructions doivent satisfaire à deux règles : - l'une fixe la hauteur maximale autorisée (hauteur absolue), - l'autre fixe la hauteur par rapport à la largeur de la rue adjacente (hauteur relative). Lorsque le terrain est en pente, la hauteur est calculée à partir du milieu de la façade. Si la construction est très longue, la façade peut être divisée en sections n'excédant pas vingt mètres de longueur et la hauteur de chaque section est calculée à partir du milieu de chacune d'elles ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comprend une pièce PC2e " plan topographie de l'existant " qui indique les côtes du terrain naturel de l'existant, reprises par le plan de coupe AA du projet représentant la ligne du terrain naturel, légèrement en pente, de 31,48 mètres NGF, 31,04 mètres NGF, 30,50 mètres NGF et 30,06 mètres NGF au milieu de chacun des quatre bâtiments à toits plats, lesquels présentent tous une hauteur de 9 mètres. Si les requérants soutiennent que la hauteur du rez-de-chaussée du bâtiment détruit devait servir de référence du niveau du terrain naturel, lequel était plus bas, il ne ressort pas des dispositions précitées qu'une telle restriction ait été retenue par les auteurs du plan local d'urbanisme et qu'au contraire la prise en compte du terrain naturel exclut tout décaissement préalable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme précité au titre des hauteurs des constructions et le moyen tiré de l'insuffisance du dossier doivent être écartés.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD5 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans les secteurs présentant une unité architecturale, la volumétrie et la modénature des nouvelles constructions doivent établir la continuité des éléments ou ménager d'éventuelles transitions, sans remettre en cause le gabarit fixé. () Par ailleurs, dans le respect des dispositions du présent règlement, tout projet d'expression contemporaine est autorisé dès lors qu'il participe à la qualité du paysage urbain dans lequel il s'insère. ".

11. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels ou urbains avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer la décision de non-opposition sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder l'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

12. Il ressort des pièces du dossier que le projet s'inscrit dans une zone d'habitat de densité moyenne constituée de maisons d'habitation en R+1 mitoyennes et implantées selon des vagues imposées par les voies publiques, présentant une harmonie générale, bien que les constructions existantes ne présentent pas par elles-même de particularités architecturales remarquables. Le projet en litige consiste en la destruction de bâtiments anciens d'une emprise particulièrement importante sur la parcelle, laquelle est bordée par la rue Eugène Coulon au Nord et par l'avenue des Christols au Sud, lesquelles sont à la différence des autres rues du quartier, rectilignes aux droits de la parcelle MZ15, si bien que la zone d'implantation se démarque par elle-même de l'ensemble du quartier. Par ailleurs, il existe à proximité immédiate du projet d'autres constructions au Sud-Ouest présentant un aspect rectiligne. Ensuite, la résidence en litige, constituée de quatre bâtiments semblables en R+2, présente des formes simples avec des balcons filants présentant de légères ondulations permettant de réduire l'impact visuel de l'ensemble, en raison également des teintes et matériaux choisis, enduit gris et blanc taloché, enduit ocre clair matricé blanche, et garde-corps en tôle perforée en acier blanc. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les espaces restants seront particulièrement végétalisées. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire de la commune aurait entaché le permis de construire accordé d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article UD5 doit être écarté.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans les secteurs UD1, UD1a, au moins 20% de la superficie de la parcelle ou de l'unité foncière devra être préservé en pleine terre sans surplomb (hors stationnement) et plantés d'essences végétales locales. ". L'article 17 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme définit les espaces de pleine terre comme étant " Un espace non construit ne peut être qualifié de " pleine terre " que s'il répond aux conditions cumulatives suivantes : - son revêtement est perméable ; - sur une profondeur de 3 mètres à compter de sa surface, il ne comporte que le passage éventuel de réseaux (électricité, téléphone, internet, eau potable, eaux usées ou pluviales) ; - il peut recevoir des plantations. ".

14. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice hydraulique, que les surfaces de pleine terre sont identifiées comme représentant 1 021 m². Si les requérants soutiennent que des balcons des quatre bâtiments surplombent des espaces de pleine terre à hauteur de 95 m², il ressort toutefois des pièces du dossier que les balcons des bâtiments C et D surplombent déjà des espaces artificialisés (place de stationnement et cheminement en béton drainant) et donc par suite sans influence sur la notion d'espace de pleine terre. En revanche, les balcons des bâtiments A et B surplombent effectivement des espaces verts, si bien que la surface qu'ils recouvrent doit être retranchée de la surface d'espace de pleine terre compte tenu de la définition du règlement du plan local d'urbanisme, et cette surface peut être estimée à 47,5 m². Dans ces conditions, le projet en litige présente 976 m² d'espace de pleine terre, soit 21,08 %, supérieur au 20% exigé par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD6 tel qu'il est soulevé en ce qui concerne la proportion d'espaces de pleine terre et le moyen tiré de ce que le dossier serait insuffisamment renseigné sur cet aspect doivent être écartés.

15. En septième lieu, aux termes des dispositions communes du plan local d'urbanisme s'agissant des stationnements des cycles et des véhicules électriques : " () Dans le cadre d'opérations d'ensemble d'une surface de plancher de plus de 1000 m², des places de stationnement pour les véhicules électriques munies d'un dispositif de recharge adapté ou de véhicules propres en autopartage devront être créées. ".

16. Il ressort des pièces du dossier que le plan des places de stationnements souterraines prévoit deux places pour les véhicules électriques, à savoir les places n°38 et n°39. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées manque en fait et doit être écarté.

17. En huitième lieu, le plan de prévention des risques inondations indique pour la zone " Zpe " que : " Sauf dans le cas de projet de construction d'un (et un seul) logement, les projets d'urbanisation devront comporter des mesures compensatoires liées à l'imperméabilisation, à raison au minimum de 100 litres de rétention par m² imperméabilisé, réalisées soit dans le cadre d'une réflexion d'ensemble, au travers d'un dossier loi sur l'eau ou non, soit à la parcelle. Les bassins de compensation ainsi créés pourront être implantés en zone ZpR. ".

18. Il est constant que le terrain d'assiette du projet se situe en zone de précaution Zpe du plan de prévention des risques inondations et que le projet engendre une imperméabilisation de 3 367m2. La notice hydraulique précise que le schéma d'assainissement pluvial prévoit des dispositions plus contraignantes, portant le besoin de rétention à 130 litres par m². Dans ces conditions, le projet impose la réalisation de 437,70 m³ de rétention. Si les requérants soutiennent que le projet ne permet la rétention que de 437 m³, il ressort toutefois des pièces du dossier que chacune des toitures terrasses des quatre immeubles permettra la rétention de 70 m³, soit 280 m³, complété par deux cuves de rétention souterraines de 100 m³ et 60 m³, soit un total de 440 m³, supérieur au 437,70 m³ exigé. Par ailleurs, s'il est exact que le plan de coupe BB ne fait pas figurer la cuve de rétention de 100 m³ en continuité de la rampe d'accès au parking souterrain, ce plan a seulement vocation à préciser l'implantation du projet de construction par rapports aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain en vertu du b) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, si bien qu'un tel plan n'avait pas nécessairement à représenter les cuves de rétention enterrées. Au demeurant, il est constant que le service instructeur disposait des informations nécessaires pour appréhender la gestion des eaux de pluie par la notice hydraulique qui mentionne sans ambiguïté la réalisation de ces deux cuves. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire serait incomplet et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du PPRI doivent être écartés.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Béziers, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. et Mme C. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre de M. et Mme C la somme que demande la SAS Hélénis au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

Sur le droit de plaidoirie :

21. En application de l'article R. 652-26 du code de la sécurité sociale : " Le droit de plaidoirie prévu au premier alinéa de l'article L. 652-6 est exigible devant les juridictions administratives de droit commun et les juridictions de l'ordre judiciaire () Le droit de plaidoirie ne peut faire l'objet d'aucune dispense. " et aux termes de l'article R. 652-27 du même code : " Le droit de plaidoirie est dû à l'avocat pour chaque plaidoirie faite aux audiences dont la liste est fixée par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice. A défaut de plaidoirie, est considéré comme ayant plaidé l'avocat représentant la partie à l'audience () ". Enfin, en application des dispositions de l'article R. 652-28 de ce code : " Le montant du droit de plaidoirie est fixé à 13 euros. ".

22. Les frais de plaidoirie présentés par M. et Mme C en application des dispositions des articles L. 723-3 et R.723-26-1 et 2 du code de la sécurité sociale doivent être rejetées faute de présence de leur conseil à l'audience.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2301508 et n°2301592 présentées par M. et Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme B C, à la commune de Béziers et à la société Hélénis.

Le rapporteur,

N. E

La présidente,

F. CorneloupLa greffière,

M. F

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier le 7 décembre 2023,

La greffière,

M. F

2; 230159

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