mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301552 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | MALLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mars 2023, M. C A, représenté par Me Mallet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 8 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui renouveler son titre de séjour étudiant et l'a obligé à quitter le territoire ;
2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 300 euros par jours de retard, de lui délivrer, dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige dès lors que l'autorisation de séjour dont il disposait a expiré et qu'il se trouve sans droit ni titre sur le territoire français alors qu'il souhaite pouvoir poursuivre en France sa formation professionnelle en alternance débutée le 9 septembre 2022, suspendue depuis le 13 mars dernier, de sorte qu'il est désormais privé du tout revenu et risque un licenciement à compter du 27 mars 2023 ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté :
. en raison de l'incompétence de son auteur
. en ce qu'elle est insuffisamment motivée, faute de prendre en compte le contrat d'apprentissage dont il dispose,
. qu'elle révèle un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors que, contrairement à ce qu'énonce le Préfet, sa présence en France est nécessaire puisqu'il poursuit ses études en alternance, en présentiel dans l'établissement montpelliérain de l'entreprise Studi, pour la période allant de septembre 2022 à décembre 2023,
. que le préfet a méconnu l'article L422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il suit un enseignement en France et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants, grâce à son contrat d'apprentissage, payé au SMIC, courant du 5 septembre 2022 au 14 février 2024,
. le préfet a porté atteinte portée au droit au respect de sa vie privée en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, car il réside en France depuis le mois d'août 2015, soit près de 8 ans, et justifie du sérieux et d'un investissement total dans ses études, grâce auquel il a pu obtenir une formation de grande renommée dans un établissement spécialisé dans le marketing digital, secteur à forte croissance et obtenir de surcroit un contrat d'apprentissage lui permettant de subvenir à ses besoin matériels.
Par un mémoire enregistré le 28 mars 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête et de mettre à la charge du requérant la somme de 1 000 euros à verser à l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas établie dès lors que la requête au fond pendante fait obstacle à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire alors qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé, notamment dès lors qu'à appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour mention étudiant, M. A n'a présenté qu'une inscription en vue de suivre une formation à distance et non les pièces qu'il produit à l'appui de la présente requête d'où il ressort qu'il suit une formation en alternance à Pérols et alors qu'en outre, compte de son niveau de diplôme actuel, cette nouvelle formation en MBA stratégie digitale ne révèle pas une progression dans les études.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la demande d'aide juridictionnelle de M. A.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- et les observations de :
. Me Mallet et du requérant qui ajoutent qu'à l'appui de la demande de renouvellement de titre de séjour, étaient joints son contrat d'alternance ainsi que ses premiers bulletins de paye, que la demande ne pouvait être validée sur la plateforme sans la justification des ressources propre de l'étudiant et que les élément produits par le préfet sont incomplets, qu'en outre la formation suivant est plus tournée vers la pratique professionnelle et vient compléter celle plus théorique acquise lors de son MBA universitaire ;
. et de M. B pour le préfet de l'Hérault qui ajoute que le seul document transmis est l'attestation d'inscription pour une formation en alternance.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ; qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. // Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
2. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, au nombre desquels figure le refus de première demande de titre, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Il ressort des pièces du dossier qu'en raison du refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant par l'arrêté en litige du 8 mars 2023, M. A fait l'objet, depuis lors, d'une procédure de rupture de son contrat d'alternance signé le 24 juin 2022 avec l'entreprise Studi. Par suite l'urgence à statuer sur la requête est établie, nonobstant la circonstance que le tribunal est amené à statuer, le 1er juin 2023, sur la requête au fond de l'intéressé et que cette requête suspend l'obligation de quitter le territoire.
4. Il ressort des pièces du dossier et des échanges à l'audience, qu'un doute sérieux demeure sur les pièces transmises par M. A, titulaire en 2022 d'un master mention " économie industrielle et des réseaux ", à l'appui de la demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant présentée le 12 décembre 2022. Si le préfet de l'Hérault fait valoir qu'il ne lui a été transmis qu'un certificat de scolarité, en date du 6 septembre 2022, établissant seulement que M. A était inscrit, au titre de la période de septembre 2022 à décembre 2023, en MBA " stratégie digitale " en formation à distance auprès de la société de formation Studi, déclarée auprès du rectorat d'Amiens et dont le siège est à Soissons, l'intéressé produit, dans le cadre de la présente instance, un contrat d'apprentissage au sein de l'entreprise Studi à Pérols, signé le 24 juin 2022, et dont le début, le 5 septembre 2022, coïncide avec celui de sa formation sur place, corroboré par des bulletins de salaires au SMIC pour les mois d'octobre à novembre 2022, établis antérieurement à sa demande de titre. En outre, l'intéressé soutient à la barre que sa demande de renouvellement, réalisée sur la plate-forme digitale de la préfecture, ne pouvait être validée sans être accompagnée d'un justificatif de ses ressources propres Par suite, le moyen, tiré de ce qu'il n'a pas été procédé à un examen complet de la demande de M. A est, en l'état des pièces du dossier, de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 8 mars 2023 du préfet de l'Hérault.
5. Par suite, il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté en litige et ce constat implique nécessairement, eu égard à la situation d'urgence professionnelle de M. A, que le préfet de l'Hérault réexamine la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressé, à l'aune de ces éléments, dans un délai n'excédant pas 10 jours à compter de la notification de la présente décision, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Il y a lieu d'admettre M. A à l'aide juridictionnelle provisoire, mais il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme sur le fondement des dispositions combinées susmentionnées. Et, dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu non plus de mettre à la charge du requérant la somme que l'Etat demande en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE
Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 8 mars 2023 du préfet de l'Hérault est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la demande de renouvellement du titre de séjour étudiant de M. A, dans un délai n'excédant pas 10 jours à compter de la notification de la présente décision.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A et les conclusions du préfet de l'Hérault en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au préfet de l'Hérault et à Me Mallet.
Fait à Montpellier, le 28 mars 2023.
Le juge des référés, La greffière,
E. Souteyrand A. Farell
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 mars 2023.
La greffière,
A Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026