mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 mars et 18 avril 2023, M. D A C, représenté par Me Bazin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de l'Hérault a implicitement rejeté le 3 avril 2022 sa demande de titre de séjour en date du 2 décembre 2021 ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de l'Hérault, sous astreinte de 100 euros par jour de retard de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il y a urgence à prononcer la suspension de l'exécution de la décision de rejet en litige qui emporte des conséquences sur sa vie privée et familiale dès lors qu'il ne peut travailler ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision de refus dès lors qui n'est pas motivée en dépit de la demande de motif transmise le 11 avril 2022 ; qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qu'elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 18 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- la requête n° 2203370, enregistrée le 30 juin 2022, par laquelle M. A C demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. Souteyrand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Souteyrand, vice-président ;
- les observations de Me Bazin pour le requérant ;
- et les observations de M. B pour le préfet de l'Hérault.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant angolais, né en 1999, entré en France, selon ses déclarations en 2008 avec sa mère est sa fratrie pour y rejoindre son père, a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance du département de la Gironde pour la période du 7 novembre 2008 au 31 décembre 2016, sa mère étant décédée en 2010. Le 2 décembre 2021, alors âgé de 22 ans, il a sollicité son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale de séjour. M. A C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution du refus implicite, né le 3 avril 2022, du silence gardé pendant quatre mois par l'autorité préfectorale sur sa demande.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". En application des dispositions précitées, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre et il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète du demandeur et de ses proches. Si cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, au nombre desquels figure le refus de première demande de titre, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il est constant que M. A C, né en 1999 de nationalité angolaise, vit en France depuis son entrée, en 2008, avec sa mère et l'ensemble de sa fratrie, où ils ont rejoint leur père. En l'état, ses deux parents sont décédés et que ses deux frères disposent d'un titre de séjour, sa sœur étant de nationalité française. Il résulte des pièces du dossier que M. A C est dépourvu de titre de séjour depuis qu'il a atteint l'âge de 18 ans, à l'issue de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance et l'obtention en 2018 d'un CAP cuisine, situation qui lui est imputable dès lors qu'il n'a pas entrepris de démarche, lors de sa majorité, pour bénéficier d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ressort des pièces du dossier que si M. A C a été mis en possession d'un récépissé valable du 1er juillet au 29 décembre 2022, à la suite de la demande de titre de séjour en cause du 2 décembre 2021, aucun titre de séjour, ni récépissé, ne lui a ensuite été remis, même à la suite des courriers, valant recours gracieux, qu'il a adressé le 6 septembre 2022 puis le 13 janvier 2023, postérieurement à la décision implicite en litige du 3 avril 2022, par lesquels il informait le préfet de ses promesses d'embauche et de formation professionnelle, ainsi que de sa relation avec une ressortissante qui l'héberge et dont il le père de l'enfant à naître le 16 mai 2023. Par suite, nonobstant la circonstance que M. A C fasse, depuis le 1er août 2018, l'objet de poursuites devant conduire à son prochain renvoi devant le tribunal correctionnel de Bordeaux et que le préfet de l'Hérault fait valoir que l'instruction de sa demande de titre de séjour demeure pendante comme le démontrerait le récépissé valable du 13 avril au 11 juillet 2023, ne l'autorisant pas à travailler, produit à l'audience mais non encore délivré, il demeure que l'intéressé, âgé de 23 ans et qui vit en France depuis plus de quatorze ans à la date de la décision en litige et où réside toute sa famille, se trouve dans l'impossibilité de travailler et de subvenir à ses besoins. Dans ces circonstances, M. A C justifie de l'urgence à prononcer la suspension sollicitée de l'exécution de la décision implicite de refus de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale.
6. En l'état, les moyens tirés de l'absence de motivation de cette décision et de l'erreur manifeste d'appréciation, sont propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée du 3 avril 2022.
7. Par suite, il y a lieu, d'une part, de suspendre l'exécution de la décision 3 avril 2022 en litige par laquelle le préfet de l'Hérault a implicitement refusé de délivrer à M. A C un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, cette suspension, pour le motif tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, implique nécessairement, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de l'Hérault de lui remettre, dans un délai n'excédant pas 15 jours à compter de la notification de la présente décision, un récépissé l'autorisant à travailler.
7. Les conclusions de la requête présentées par M. A C, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sont rejetées.
DECIDE
Article 1er : M. A C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision 3 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Hérault a implicitement refusé de délivrer à M. A C un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de délivrer à M. A C un récépissé à sa demande titre de séjour, l'autorisant à travailler, dans un délai n'excédant pas quinze jours à compter de la notification de la présente décision.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. D A C, au préfet de l'Hérault et à Me Bazin.
Fait à Montpellier, le 18 avril 2023.
Le juge des référés, La greffière,
E. Souteyrand A. Farell
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 avril 2023.
La greffière,
A. Farell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026