mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP VIAL-PECH DE LACLAUSE-ESCALE-KNOEPFFLER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 mars et 11 septembre 2023 et le 20 mars 2024, Mme B A conteste la décision du 2 mars 2023 par laquelle le maire de Cabestany n'a pas renouvelé son contrat à durée déterminée et lui a notifié le montant des indemnités journalières qui lui serait versé au regard du mécanisme de subrogation.
Elle soutient que :
- le montant de 418,31 euros des indemnités journalières, qui lui seront versées, est erroné ;
- la commune de Cabestany a tardé à déclarer l'arrêt de la subrogation et à lui verser les indemnités qui lui étaient dues ;
- elle n'a pas perçu son traitement pendant deux mois ;
- elle aurait dû percevoir la somme de 1 546,72 euros ou au minimum celle de 976,15 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 août et 11 décembre 2023, la commune de Cabestany, représentée par Me Joubes, conclut au rejet de la requête à titre principal, oppose, à titre subsidiaire, un non-lieu à statuer et demande au tribunal de mettre à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour Mme A d'avoir présenté une réclamation préalable d'indemnisation ; la demande présentée le 7 avril 2023, postérieurement à l'enregistrement de la requête, n'a pas eu pour effet de régulariser cette irrecevabilité ;
- à titre subsidiaire, une somme de 1 561,69 euros figure sur le bulletin de paie de l'intéressée du mois de mars 2023 ;
- au surplus, les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public ;
- et les observations de Me Agier, représentant la commune de Cabestany.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en qualité d'adjoint administratif territorial non titulaire pour occuper les fonctions d'agent polyvalent d'accueil au sein du complexe sportif " la Germanor " de la commune de Cabestany par contrats à durée déterminée successifs, du 5 au 30 septembre 2022, du 1er octobre au 31 décembre 2022 et du 1er janvier au 30 mars 2023. Le 16 janvier 2023, Mme A a été placée en arrêt maladie. Par une décision du 2 mars 2023, le maire de la commune de Cabestany a décidé de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée et lui a indiqué le montant des indemnités journalières qui lui serait versé en raison de la subrogation engagée à son profit. Mme A doit être regardée comme demandant, d'une part, l'annulation de cette décision en tant qu'elle fixe le montant des indemnités journalières auxquelles elle a droit et, d'autre part, le versement d'une somme de 976,15 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. D'une part, aux termes de l'article 7 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : 1° Après quatre mois de services, un mois à plein traitement et un mois à demi-traitement ; 2° Après deux ans de services, deux mois à plein traitement et deux mois à demi-traitements ; () ". Selon l'article 12 du même décret : " Le montant du traitement servi pendant une période de maladie () est établi sur la base de la durée journalière d'emploi de l'intéressé à la date d'arrêt du travail. Les prestations en espèces servies en application du régime général de la sécurité sociale par les caisses de sécurité sociale ou par les régimes de protection sociale des professions agricoles en matière de maladie () sont déduites du plein ou du demi-traitement maintenu par les collectivités ou établissements en application des articles 7 à 10. (). ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 323-11 du code de la sécurité sociale : " () Lorsque, en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, le salaire est maintenu en totalité ou en partie sous déduction des indemnités journalières, l'employeur qui paie tout ou partie du salaire pendant la période de maladie sans opérer cette déduction est subrogé de plein droit à l'assuré dans ses droits aux indemnités journalières pour la période considérée, à condition que le salaire maintenu au cours de cette période soit au moins égal au montant des indemnités dues pour la même période. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A bénéficiait, à la date de début de son congé de maladie, d'une ancienneté de service inférieure à deux ans et qu'elle ne pouvait ainsi bénéficier, en application des dispositions rappelées au point 2, que d'une rémunération à plein traitement pendant une durée d'un mois, soit jusqu'au 15 février 2023, puis d'une rémunération à demi-traitement pendant un autre mois, soit jusqu'au 15 mars 2023, et qu'à compter de cette date, aucune rémunération ne lui était due par la commune de Cabestany.
5. Il ressort des pièces du dossier que la commune de Cabestany a bénéficié du mécanisme de subrogation rappelé au point 3 du présent jugement. La caisse primaire d'assurance maladie des Pyrénées-Orientales lui a ainsi versé directement à ce titre une somme de 1 673,84 euros brut, soit la somme nette de 1 561,69 euros pour la période courant jusqu'au 15 mars 2023. Il est constant que la commune, qui a déclaré l'arrêt maladie de l'agent à l'organisme de sécurité sociale dès le 17 janvier 2023, a reversé à Mme A la somme correspondant aux indemnités journalières au mois de mars 2023. Dans ces conditions, et en dépit d'un certain décalage dans le temps qui ne lui est pas imputable, la commune de Cabestany a reversé à la requérante la somme à laquelle elle avait droit. Il suit de là et sans que l'intéressée puisse utilement invoquer, à l'appui de son recours pour excès de pouvoir, le retard avec lequel les indemnités journalières lui auraient été versées, ni, au regard des règles du congé de maladie rappelées au point 4, la cessation de versement de son traitement à compter du 15 mars 2023.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir et sur l'exception de non-lieu opposée en défense à titre subsidiaire, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Cabestany lui a notifié le montant de ses indemnités journalières restant à lui verser, ni, par voie de conséquence, en l'absence d'illégalité, le versement d'une quelconque somme.
Sur les frais liés aux litiges :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A, sur le même fondement, la somme sollicitée par la commune Cabestany au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées à titre subsidiaire par la commune de Cabestany.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Cabestany en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Cabestany.
Délibéré à l'issue de l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 16 juillet 2024,
La greffière,
C. Arce
No 2301761dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026