jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301772 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BAZIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2023, Mme C A, représentée par Me Bazin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation selon les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à Me Bazin au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée en fait et en droit et procède d'un défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- le préfet a commis une erreur de droit en s'abstenant d'examiner sa situation au regard de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 1er mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goursaud, premier conseiller,
- et les observations de Me Bazin, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 24 mai 1998, est entrée en France le 28 août 2016 sous couvert d'un visa de type D portant la mention " étudiant " afin d'y poursuivre des études. Elle a demandé le 26 septembre 2022 le renouvellement de son certificat de résidence en qualité d'étudiant en présentant une inscription pour l'année 2022/2023 en troisième année " science de la vie parcours biochimie " auprès de l'université de Montpellier. Par arrêté du 16 janvier 2023, dont Mme A demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourse ou autres ressources) reçoivent, sur présentation soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention " étudiant " ou " stagiaire ". (). ". Pour l'application de ces stipulations, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser à Mme A le renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", le préfet de l'Hérault s'est fondé sur la circonstance que l'intéressée ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études dès lors qu'elle n'a validé aucun diplôme à l'issue de six années d'études universitaires. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a pas validé au titre de l'année universitaire 2021/2022 sa deuxième année de licence " sciences de la vie parcours biologie mécanisme du vivant ", elle verse toutefois au débat une attestation du médecin de l'université établie le 9 mai 2023 mentionnant que " son état de santé ne lui a pas permis de réaliser ses études de façon efficace ", un certificat médical du docteur B daté du 13 août 2021 mentionnant que sa pathologie " a fortement impacté son année universitaire 2020/2021 compte tenu de la coexistence d'une scoliose sévère hyperalgique, d'un déficit neurologique du membre inférieur gauche et d'un coxalgie mécanique invalidante " et une attestation de suivi de séances de kinésithérapie datée du 25 novembre 2021. Eu égard au retentissement de sa pathologie sur la poursuite de ses études au titre de l'année 2021/2022, et alors que Mme A a finalement validé au titre de l'année 2022/2023 sa deuxième année de licence en dépit de ses problèmes de santé, ses échecs répétés en première année de licence au titre de l'année 2017/2018 puis en deuxième année de licence au titre de l'année 2021/2022 ne traduisent pas un manque d'assiduité et de sérieux dans ses études. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation du préfet de l'Hérault dans la mise en œuvre des stipulations précitées doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit, qu'il soit enjoint au préfet de l'Hérault dans les deux mois suivant sa notification, de délivrer à Mme A un certificat de résidence d'un an mention " étudiant ". Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, en application desdites dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 janvier 2023 du préfet de l'Hérault est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit, de délivrer à Mme A un certificat de résidence d'un an mention " étudiant " dans les deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Bazin, avocate de Mme A, une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, au préfet de l'Hérault et à Me Bazin.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
F. Goursaud
La présidente,
L. Rigaud
La greffière,
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Junon00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026