jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2301952 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BLAZY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 avril 2023 et le 16 juin 2023, M. B A, représenté par Me Blazy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de l'admettre au séjour et l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité ne disposant pas d'une délégation régulièrement publiée ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 412-5 et L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bayada, première conseillère,
- et les observations de Me Ferrier, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 20 mai 1979 déclare être entré en France le 21 janvier 2010 sous couvert de son passeport et d'un titre de séjour allemand valable jusqu'au 28 mai 2011, et a bénéficié de titre de séjour en qualité de conjoint de française puis de salarié jusqu'au 21 juillet 2020. Il en a sollicité le renouvellement le 24 juillet 2020. Par un arrêté du 7 mars 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. M. A en demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". L'article L. 435-1 du même code prévoit que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Enfin, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces de dossier que, bien que saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour " salarié ", le préfet a entendu examiner le droit au séjour de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale et a refusé la délivrance d'un titre de séjour à ce titre en se fondant sur la circonstance que ce dernier avait été condamné le 12 septembre 2019 par le tribunal correctionnel de Montpellier à une peine d'emprisonnement de huit mois assorti d'un sursis simple pour des faits de détention frauduleuse de plusieurs documents administratifs et usage de ces derniers, et relève en outre que l'intéressé est défavorablement connu par les services de police pour des faits d'escroquerie, commis en 2011, ainsi qu'en raison d'une plainte déposée par son ancienne épouse pour violence conjugale le 11 mai 2018. Toutefois, il est constant que ces derniers faits n'ont donné lieu à aucune poursuite pénale. Par suite, eu égard à l'existence d'une unique condamnation infligée à M. A et en l'absence de commission de faits répréhensibles depuis le mois de septembre 2019, la menace à l'ordre public que constitue le comportement du requérant n'est pas suffisamment établie. Par ailleurs, M. A déclare être présent en France depuis le mois de janvier 2010 et se prévaut de ses attaches sur le territoire français. Il est constant que le requérant a épousé, le 21 mai 2015, une ressortissante française et a obtenu le 31 mai 2018 un titre de séjour portant la mention " conjoint de français ", valable du 2 janvier 2018 au 1er janvier 2019, avant de former une demande de changement de statut à la suite de la séparation des époux au cours du mois de mai 2018. Il a alors bénéficié d'un premier titre de séjour salarié valable du 22 juillet 2019 au 21 juillet 2020. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A a épousé le 4 juin 2022, une compatriote titulaire d'une carte de résident avec laquelle il attend son premier enfant. Enfin, M. A justifie d'une insertion professionnelle dès lors qu'il travaille, depuis l'année 2017, à temps plein en qualité d'employé polyvalent au sein d'une société implantée à Montpellier, nonobstant sa situation irrégulière. Bien que n'étant pas dépourvu d'attache dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans, mais eu égard à l'ancienneté et aux conditions de séjour du requérant sur le territoire national, le requérant doit être regardé comme ayant fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Par suite, en refusant d'admettre M. A au séjour, le préfet de l'Hérault a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et ainsi méconnu l'article 8 de la convention précitée.
4. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demande l'annulation de l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Eu égard à son motif d'annulation et compte tenu de ce que le requérant a sollicité le renouvellement de son titre de séjour " salarié ", l'exécution du présent jugement implique seulement le réexamen de la situation de M. A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Hérault, d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin de l'assortir d'une quelconque astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé d'admettre M. A au séjour et l'a obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la situation de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gayrard, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Bossi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
A. BayadaLe président,
J.P. Gayrard
La greffière,
I. Laffargue
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2023.
La greffière,
I. Laffargueil
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026