jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2023, M. B C, représenté par Me Ruffel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à Me Ruffel au titre des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une incompétence de son auteur à défaut de justifier d'une délégation spéciale et publiée ;
- il justifie d'une résidence habituelle en France depuis plus de 10 ans où il est parfaitement intégré et où il a établi le centre de ses intérêts privés et familiaux.
Par un mémoire, enregistré le 23 mai 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rigaud, présidente ;
- et les observations de Me Brulé, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 11 mars 1973, déclare être entré en France le 24 mai 2009. Il a sollicité, le 21 novembre 2022, son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale et de sa résidence en France depuis plus de dix ans. Par un arrêté du 22 décembre 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer le titre demandé et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé, pour le préfet de l'Hérault, par M. Frédéric Poisot. Par un arrêté n° 2022.09.DRCL.0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, accessible au juge comme aux parties, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Cette délégation de signature, qui n'est pas générale, habilitait dès lors M. A à signer l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, les stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien prévoient la délivrance d'un certificat de résidence au ressortissant algérien " qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a résidé en qualité d'étudiant ".
4. M. C soutient qu'il réside habituellement en France depuis 2009, soit plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il ne rapporte pas la preuve de son entrée régulière en France le 24 mai 2009 dès lors qu'il ne présente qu'un tampon d'entrée à cette date à Alicante en Espagne. En outre, il ne conteste pas avoir fait l'objet de deux précédents refus de titre de séjour, assortis d'obligations de quitter le territoire les 18 octobre 2011 et 5 décembre 2018, qu'il ne justifie pas avoir exécutées. Pour justifier sa présence depuis plus de 10 ans, il verse au dossier, notamment, des bulletins de salaire pour des emplois saisonniers en 2009 et 2010, des ordonnances et documents médicaux pour les années 2011 à 2016 et pour les années 2018 et 2019, des factures d'achats divers et d'habillement pour les années 2014, 2017, 2018, 2021 et début 2022, ainsi que ses avis d'imposition à compter de l'année 2017. Cependant, les pièces ainsi produites n'établissent pas le caractère habituel de sa présence en France pendant toutes ces années. En effet, ces documents sont épars et les attestations de connaissance qui sont produites, toutes établies au cours de l'année 2022, ne sont pas suffisamment circonstanciées pour démontrer la réalité d'une résidence stable et habituelle pendant une période de dix ans. En outre, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait l'objet d'un refus d'admission à l'aide médicale Etat en mars 2013 en raison de conditions de résidence non remplies et il ressort de l'ensemble des documents transmis qu'il a souvent changé de domiciliation depuis 2019. Dans ces conditions, M. C n'établit qu'une présence très ponctuelle sur le territoire français lors de ces dix dernières années et ne justifie pas y avoir tissé des liens particuliers ou s'y être intégré socialement ou professionnellement. Enfin, si le requérant soutient ne plus avoir d'attaches familiales dans son pays d'origine où ses parents sont décédés et où il n'est plus retourné depuis 14 ans, il a cependant indiqué, dans sa demande de titre de séjour, la présence en Algérie de ses trois frères et sœurs. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de sa situation personnelle et de sa durée de séjour sur le territoire ni qu'il méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de l'Hérault et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lison Rigaud, présidente ;
M. Nicolas Huchot, premier conseiller ;
M. François Goursaud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La Présidente-rapporteure,
L. Rigaud
L'assesseur le plus ancien,
N. HuchotLa greffière
A. Junon
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Junon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026