jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ABDOULOUSSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 24 avril, 16 juin et 22 juin 2023, Mme C B, représentée par Me Abdouloussen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, à défaut de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un vice d'incompétence faute de délégation de signature ;
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est insuffisamment motivée au regard notamment du lien qui unit ses enfants à leur père, en situation régulière sur le territoire et de son intégration sur le territoire ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne saisissant pas la commission du titre de séjour ;
Sur la décision d'éloignement :
- elle est insuffisamment motivée et cela révèle un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les articles 3, 9 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant puisque le père de ses deux enfants est en France ;
Sur le délai de départ volontaire :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation car elle est mère de deux enfants en bas âge et a quitté son pays depuis plusieurs années ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 18 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Abdouloussen, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante russe née en 1999, déclare être entrée en France en août 2016. Sa demande d'asile, enregistrée le 31 mars 2017, a été rejetée par décision du 21 juillet 2017 de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 23 avril 2019. Mme B a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 3 mai 2019. Par arrêté du 28 décembre 2022 le préfet de l'Hérault a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a enjoint de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra, le cas échéant, être reconduite d'office. Mme B demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'ensemble des décisions en litige :
2. L'arrêté contesté est signé, pour le préfet de l'Hérault et par délégation, par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture. Par un arrêté n° 2022-09-DRCL-0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 126 du 14 septembre 2022, accessible tant au juge qu'au public, sur le site internet de la préfecture, le préfet de l'Hérault a donné délégation à M. A à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault, et notamment tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré du vice d'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
Sur les décisions de refus de séjour et d'éloignement :
3. En premier lieu, le préfet a précisé les considérations de droit et de faits qui fondent sa décision. Il a notamment précisé la date d'entrée en France de Mme B, sa qualité de célibataire et le fait qu'elle est mère de deux enfants en bas âge. Si la requérante fait grief au préfet de ne pas avoir évoqué le fait que le père de ses enfants réside de façon régulière sur le territoire français et qu'elle bénéficie d'une promesse d'embauche, elle ne conteste pas que le préfet ne disposait d'aucune information sur ces éléments. Notamment, le fait qu'il soit informé que son ex-compagnon est présent dans la vie de ses enfants ne donnait pas d'information quant à la régularité de son séjour sur le territoire. Dans ces conditions, le moyen tiré d'un défaut d'examen de sa situation, révélé par l'insuffisante motivation de la décision, doit être écarté.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". L'article L. 411-2 du même code prévoit que : " () En cas de refus de délivrance ou de renouvellement de tout titre de séjour ou autorisation provisoire de séjour, l'étranger est tenu de quitter le territoire () ".
5. Dans l'arrêté en litige, le préfet de l'Hérault a visé les dispositions précitées et s'est prononcé sur les conséquences de la décision d'éloignement sur la situation personnelle et particulière de Mme B. Dans ces conditions, alors qu'il résulte de ce qui précède que la décision de refus de séjour est régulièrement motivée, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision d'éloignement doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Enfin, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
7. Mme B est entrée en France en août 2016 et elle est mère célibataire de deux enfants nés sur le territoire français en octobre 2017 et en octobre 2018. La permanence de son séjour depuis son entrée en France n'est toutefois pas établie, aucune pièce ne justifiant de sa présence sur le territoire en 2019 ou sur la première moitié de l'année 2020. Par ailleurs, à l'exception d'une inscription pour le suivi de cours de français et d'une promesse d'embauche pour un poste de femme de ménage émanant de son ancien concubin et père de ses enfants, elle ne fait pas état d'une intégration socio-professionnelle particulière, étant précisé qu'elle est hébergée avec ses enfants dans le cadre d'un dispositif d'urgence. Par ailleurs, si le père de ses enfants, ressortissant géorgien titulaire d'un titre de séjour pluriannuel valable jusqu'en août 2025, soutient sa demande de titre de séjour dans l'intérêt de leurs enfants, ce seul courrier ainsi que la preuve d'un virement de 100 euros effectué en août 2022 au profit de la requérante et une attestation de la tante de celle-ci affirmant déposer les enfants chez leur père tous les vendredi soirs ne permettent pas d'établir que le père des enfants de Mme B participerait effectivement à leur entretien et à leur éducation. En tout état de cause, si l'ancien conjoint de la requérante exerce une activité professionnelle en France où il est hébergé par sa mère, qui bénéficie également d'un titre de séjour, ces éléments ne permettent pas de conclure que le centre des intérêts privés et familiaux du père des enfants de la requérante serait en France. Dans ces conditions, la requérante, qui a vécu la majeure partie de sa vie en Russie, n'établit pas que le centre de ses intérêts privés et familiaux, ou celui de ses enfants, serait en France. Dès lors c'est sans méconnaître les dispositions et stipulations précitées que le préfet a pu refuser de délivrer un titre de séjour à Mme B et prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () "
9. Le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser de délivrer un titre mentionné à l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions ou stipulations. Eu égard aux éléments ci-dessus développés, le préfet de l'Hérault n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour dans le cadre de l'examen de la demande de titre de séjour de Mme B.
10. Enfin, si Mme B se prévaut par ailleurs des stipulations de l'article 9 de la convention internationale des droits de l'enfant aux termes desquelles : " 1. Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant. () " et de celles de son article 10 aux termes desquelles : " Conformément à l'obligation incombant aux Etats parties en vertu du paragraphe 1 de l'article 9, toute demande faite par un enfant ou ses parents en vue d'entrer dans un Etat partie ou de le quitter aux fins de réunification familiale est considérée par les Etats parties dans un esprit positif, avec humanité et diligence. () ", ces stipulations créant seulement des obligations entre Etats, sans ouvrir de droits aux intéressés, l'argument soulevé par Mme B doit être écarté comme inopérant.
11. Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation des décisions de refus de séjour et d'éloignement doivent donc être rejetées.
Sur le délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
13. D'une part, en accordant à la requérante un délai de départ volontaire de trente jours, tout en précisant que sa situation personnelle ne justifiait pas qu'à titre exceptionnel, un délai supérieur lui soit accordé, le préfet de l'Hérault a suffisamment motivé sa décision alors que la requérante n'établit au demeurant pas qu'elle aurait sollicité l'octroi d'un délai plus long.
14. D'autre part, les seules circonstances que Mme B soit mère de deux jeunes enfants et qu'elle ait pu quitter la Russie depuis plusieurs années ne suffisent pas à établir qu'un délai supérieur à trente jours aurait dû lui être octroyé.
15. Les moyens tirés du défaut de motivation, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision en litige doivent donc être écartés et les conclusions de Mme B à l'encontre de cette décision sont rejetées.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
17. Le préfet a relevé que la requérante n'établissait pas encourir des risques pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. En se bornant à faire valoir qu'elle n'aurait pas été entendue sur ce point, sans pour autant contester l'absence de tout risque en cas de retour dans son pays d'origine, Mme B n'établit pas que la décision en litige serait insuffisamment motivée ou entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
18. Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent donc être rejetées.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision prise par le préfet de l'Hérault le 28 décembre 2022 sont rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également les conclusions de la requérante à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais du présent litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au préfet de l'Hérault et à Me Abdouloussen.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
M. Nicolas Huchot, premier conseiller,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026