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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2302367

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2302367

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2302367
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantANDRE & ASSOCIES (AVOCATS)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2022 à 11 h 50, la société à responsabilité limitée (SARL) Attack Technologies, représentée par Me André, avocat, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de refus prise pour l'administrateur général des finances publiques du département des Pyrénées-Orientales, le 22 février 2023, de lui remettre l'attestation de régularité fiscale n°3666-SD afin qu'elle puisse concourir à l'avis de mise en concurrence d'un marché public ou d'une délégation de marché public ;

2°) d'enjoindre à l'administrateur général des finances publiques du département des Pyrénées-Orientales de lui remettre cette attestation nécessaire pour finaliser, avant dix-sept heures le 25 avril 2023, son offre à l'exécution du marché public passé sous la procédure adaptée au bénéfice de l'OFB, établissement public national chargé d'une mission de service public administratif, sous astreinte de 2 000 euros par heure à compter de la décision rendue ;

3°) - de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est établie dès lors que faute de pouvoir notifier avant 17 heures le 25 avril 2023 l'attestation de régularité fiscale, elle perdra toute chance de pouvoir concourir et d'assurer la constance de son activité par une perte de son chiffre d'affaires ;

- la décision porte une atteinte grave et manifeste à la liberté fondamentale du commerce et de l'industrie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Montpellier a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions en injonction :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code énonce : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée (). ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention, dans les quarante-huit heures, d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder la liberté du commerce et de l'industrie doive être prise dans un délai de quarante-huit heures, la SARL Attack Technologies produit une capture d'écran consultée le 22 février 2023 sur le site impôts.gouv.fr dont il résulte que l'administration fiscale a refusé de lui remettre l'attestation de régularité fiscale, nécessaire à la constitution de son dossier de soumissionnaire d'un marché public.

4. D'une part, en saisissant le juge du référé liberté quelques heures seulement avant celle fixée à 17 heures le 25 avril 2023 par le pouvoir adjudicateur au soumissionnaire pour finaliser son dossier, la SARL Attack Technologies s'est placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque. D'autre part, la SARL Attack Technologies ne produit aucune pièce qui établirait que l'impossibilité de participer à ce marché compromettrait sa pérennité et porterait manifestement et gravement atteinte à la liberté du commerce et de l'industrie. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions en suspension et en injonction de la société Attack Technologies présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'Etat n'étant pas dans la présente instance la partie perdante, les conclusions présentées par la SARL Attack Technologies sur le fondement de ces dispositions, doivent être rejetées.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de la SARL Attack Technologies est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée Attack Technologies.

Fait à Montpellier, le 26 avril 2023.

Le juge des référés,

F. A

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 26 avril 2023,

Le greffier,

D. Martinier

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