jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302368 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoires, enregistrés les 25 avril et 5 et 27 juin 2023, M. B A, représenté par Me Moulin, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 avril 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et une interdiction de circulation de deux ans, d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, par non-respect de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée de défaut d'examen réel et complet de sa situation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article L. 251-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'obligation de quitter le territoire est entachée d'erreur de droit, de fait et et d'appréciation quant à la menace à l'ordre public ;
- l'absence de délai de départ est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'appréciation, car il ne pourra comparaitre en justice ;
- l'interdiction de circulation est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par mémoire, enregistré le 2 juin 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. A n'a pas demandé l'aide juridique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;
- et les observations de Me Moulin, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant roumain né le 10 décembre 1991, demande l'annulation de l'arrêté du 23 avril 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a fixé le pays de renvoi et une interdiction de circulation de deux ans.
2. En vertu de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes. 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ;L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ".
3. En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.
4. Il ressort des pièces du dossier, et de l'examen de l'arrêté attaqué, que le préfet, faisant application de l'article cité au point 2, s'est fondé sur l'interpellation du requérant en flagrance par la police, son placement en garde à vue, et sa convocation devant le procureur de la République le 9 novembre 2023 pour vol avec dégradation commis le 22 avril 2023 à Montpellier, et sur le fait que M. A est défavorablement connu de la police, pour soustraction d'une mesure d'éloignement le 4 avril 2015, escroquerie le 20 juillet 2010, vol aggravé le 13 février 2017, vol avec destruction le 9 février 2014, conduite sans permis et assurance le 15 janvier 2020, et entrée et séjour irrégulier en France les 14 août 2012 et 27 mars 2015. Il est constant que ces informations ont été recueillies à la suite de la consultation du traitement des antécédents judiciaires. En l'absence de précision sur les suites judiciaires qui ont été données aux faits précédemment relatés, et compte tenu de la situation familiale de l'intéressé dont les trois enfants sont nés, et pour les deux premiers, sont scolarisés, en France, ces éléments sont insuffisants pour caractériser une menace réelle, actuelle, et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur ses autres moyens, est fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet, et par voie de conséquence, de la décision qui fixe le pays de renvoi, et de l'interdiction de circulation de deux ans.
6. Le présent jugement, eu égard à ses motifs n'implique qu'un réexamen de la situation de l'intéressé. Il convient, dès lors, d'enjoindre au préfet de l'Hérault d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, à verser à M. A, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'arrêté du 23 avril 2023 du préfet de l'Hérault est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Hérault de réexaminer la situation de M. A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, et au préfet de Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté L'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juillet 2023.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026