jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par requête et mémoires, enregistrés les 25 avril et 5 et 27 juin 2023, M. B A, représenté par Me Moulin, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 avril 2023 par lequel le préfet de Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de renvoi et une interdiction de circulation de trois ans, d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour ou de réexaminer sa situation, de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 76l-1 du code de justice administrative et 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée en fait ;
- la procédure est irrégulière, car la préfecture n'a pas saisi la police et le parquet des suites du dossier ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'erreur de droit, de fait, et d'appréciation ;
- il relève de l'article L. 251-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'absence de délai de départ est entachée de défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de fait, et d'erreur d'appréciation ;
- l'interdiction de circulation est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par mémoire, enregistré le 2 juin 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Le requérant a obtenu l'aide juridictionnelle totale le 27 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rabaté, rapporteur ;
- et les observations de Me Moulin, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale, sa demande d'admission provisoire à cette aide est devenue sans objet.
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant roumain né le 30 décembre 1987, a été placé en garde à vue pour vol aggravé le 22 avril 2023, qu'il a fait l'objet de 9 autres interpellations par la police, qu'il a été condamné par les tribunaux correctionnels de Montpellier et Avignon, le 17 mai 2014 à un an d'emprisonnement dont huit mois avec sursis, le 25 septembre 2015 à quatre mois d'emprisonnement, le 15 février 2017 à six mois d'emprisonnement. Il demande l'annulation de l'arrêté du 24 avril 2023 par lequel le préfet de Hérault l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a fixé le délai de départ et une interdiction de circulation de trois ans.
3. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ énoncent les considérations de fait et de droit qui les fondent. Par suite, le moyen tiré de leur insuffisante motivation doit être écarté.
4. Le fait que la préfecture n'ait pas saisi la police et le parquet des suites du dossier, en application de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, ne vicie pas la procédure, dès lors que le requérant a fait l'objet de condamnations pénales sur lesquelles le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire, et ce moyen doit être écarté.
5. En vertu de l'article L. 251-1 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes; ..2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. ".
6. Au vu des constats opérés point 1, le préfet, en obligeant M. A à quitter le territoire, n'a ni méconnu l'article cité au point précédent, ni commis une erreur de fait ou d'appréciation.
7. En vertu de l' article L. 251-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1. ". En vertu de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes:/1° Ils exercent une activité professionnelle en France ;2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie. ". Enfin l'article L. 234-1 du code prévoit : " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. Les ressortissants de pays tiers, membres de famille, acquièrent également un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français à condition qu'ils aient résidé en France de manière légale et ininterrompue pendant les cinq années précédentes avec le citoyen de l'Union européenne mentionné au premier alinéa. ".
8. Le requérant, qui ne justifie pas avoir résidé en France de manière légale et continue, ne peut bénéficier de l'article L. 251-2 cité au point précédent.
9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". En vertu de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
10. Si le requérant argue vivre en France avec sa compagne, qui dispose d'une carte de résident valable jusqu'en octobre 2025 et d'un contrat à durée indéterminée à temps partiel, et ses 3 enfants scolarisés, ceux-ci peuvent l'accompagner en Roumanie où les enfants peuvent poursuivre leur scolarité. M. A ne démontre ni durée de séjour continue ni durée de vie commune avec sa compagne en France ni être isolé en Roumanie. Par suite, eu égard aux constats opérés au point 1, et même si l'intéressé et sa compagne ont travaillé en France, le moyen tiré de la violation par l'obligation de quitter le territoire français des articles cité au point précédent doit être écarté.
11. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qui entacherait cette décision doit être écarté.
12. Si le requérant fait valoir qu'il ne pourra comparaitre devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 9 novembre 2023 pour vol aggravé, il pourra cependant se faire assister d'un avocat. Par suite, l'absence de délai de départ n'est entachée ni d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation.
13. En vertu de l' article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ".
14. Le requérant, qui se borne à soutenir qu'il a sa famille en France, ne démontre pas, eu égard aux constats opérés précédemment, que l'interdiction de circulation de trois ans est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
15. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, et celles relatives aux articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent aussi être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridique.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Moulin, et au préfet de Hérault.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
V. Rabaté L'assesseure la plus ancienne,
B. Pater
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juillet 2023.
Le greffier,
F. Balicki
fb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026