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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2302393

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2302393

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2302393
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationmagistrat LAFAY
Avocat requérantMOULIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 avril 2023, M. B C, représenté par Me Moulin, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 février 2023 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement dans le cadre des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;

2°) d'enjoindre à la commission de médiation de l'Hérault de réexaminer sa situation dans un délai de 8 jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il a déjà demandé et obtenu des hébergements d'urgence depuis décembre 2021 dans le cadre des soins médicaux dont il a bénéficié ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article R.441-14 du code de la construction et de l'habitat, en ce qu'il a déjà effectué des démarches de demande d'accueil en appelant le 115 et bénéficiant de plusieurs prises en charge d'hébergement, et en ayant accepté les conditions d'accueil au titre de l'asile

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête comme non fondée.

Par une décision du 27 mars 2023, M. B C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Lafay, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lafay,

- les observations de Me Moulin, pour M. C,

- les observations de Mme A, représentant le préfet de l'Hérault,

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a saisi le 30 janvier 2023, la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente en faisant état de son intention de stabiliser sa situation en matière d'hébergement pour faire face à ses problèmes de santé liés à la rééducation nécessaire après des opérations chirurgicales. Par décision du 7 février 2023, la commission a rejeté son recours au motif qu'il ne justifie d'aucune demande d'accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, et que sa demande ne correspond pas aux critères d'éligibilité initiés par la loi. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation :

" II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y'a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : () être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées au 2° de l'article D. 542-14 du code de la sécurité sociale, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". Aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".

3. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.

4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la consultation du service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO) que M. C n'avait pas sollicité de demande d'hébergement vers un dispositif d'insertion dans l'Hérault, et ne faisait plus appel au 115, dès lors qu'il se trouvait au sein du centre hébergement d'urgence " ACALA " depuis le 19 avril 2022, puis hébergé en structure Lits Halte Soins Santé (LHSS) depuis le 10 janvier 2023, ainsi que l'indique le contrat de séjour établi par l'Association Biterroise d'Entraide et de Solidarité (ABES) du même jour, qui ne mentionnait pas de date de sortie. Ainsi, à la date de la décision attaquée, M. C se trouvait pris en charge en matière d'hébergement par une structure adaptée à sa pathologie et à ses besoins, et n'avait pas déposé de demande d'hébergement en vue de s'insérer, selon les modalités prévues par l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Par suite les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit doivent être écartés

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et à Me Moulin.

Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024

Le magistrat désigné,

L.-N. Lafay La greffière,

L. Rocher

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 24 septembre 2024

La greffière,

L. Rocher

lr

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