jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2302413 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RUFFEL |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure ;
- et les observations de Me Barbaroux, représentant M. C.
Une note en délibéré présentée pour M. C a été enregistrée le 3 juillet 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain, né le 3 novembre 1981, est entré sur le territoire national le 5 mai 2019 sous couvert d'un visa long séjour portant la mention " travailleur saisonnier " valable du 30 avril au 29 juillet 2019. Il a obtenu une carte de séjour pluriannuelle en qualité de travailleur saisonnier du 20 juin 2019 au 19 juin 2022. Il a sollicité le 13 mars 2023 un titre de séjour. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2023 portant rejet de sa demande de titre de séjour, assorti de l'obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et formule des conclusions à fin d'injonction.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, que l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Poisot, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault. Par un arrêté n° 2022.09. DRCL.0357 du 14 septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 126 du même jour, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment " tous actes, arrêtés, décisions et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Hérault et notamment les actes administratifs et correspondances relatifs au séjour et à la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
4. Si M. C soutient disposer d'une bonne expérience professionnelle et de perspectives professionnelles réelles et sérieuses, les pièces produites au dossier, en particulier les contrats de travail conclus durant la période de juin 2019 à juin 2022, et la lettre du gérant de la société Multi Facades du 13 avril 2023 ne suffisent cependant pas à caractériser l'existence de motifs exceptionnels, au sens des dispositions précitées, justifiant son admission exceptionnelle au séjour.
5. En troisième lieu, selon les dispositions des articles L. 421-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 5221-5 du code du travail, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail. Aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles () ". L'accord franco-marocain renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord et nécessaires à sa mise en œuvre.
6. Il ressort des pièces du dossier que l'imprimé de demande de titre de séjour remis par M. C le 13 mars 2023 pour un titre de séjour "vie privée et familiale" et "salarié" renvoyait quant à la rubrique " éléments que vous souhaitez voir pris en compte dans la demande de titre de séjour " à une lettre adressée au préfet datée du 22 février précèdent, par laquelle le requérant déclarait solliciter un titre de séjour " "vie privée et familiale" " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et sollicitait à titre subsidiaire, son admission exceptionnelle en qualité de salarié sur le fondement de l'accord bilatéral franco-marocain du 9 octobre 1977 et au titre du pouvoir général de régularisation. Toutefois, si, à l'appui de sa demande, M. C avait annexé un courrier du 17 mars 2022 du gérant de la société Multi Facades, pour laquelle il a travaillé sous couvert de la carte de séjour pluriannuelle dont il a bénéficié, adressée au préfet de l'Hérault, indiquant solliciter une autorisation de travail pour M. C, ainsi qu'une lettre du même gérant du 19 septembre 2022 adressée au requérant indiquant souhaiter voir sa situation régularisée pour l'embaucher, ces documents, ne sauraient être regardés comme une autorisation préalable de travail, un contrat de travail ni même une promesse d'embauche précisant le type d'emploi et les conditions, au sens des dispositions précitées. Dès lors, s'il doit être regretté que le préfet n'ait pas étayé sa réponse en se limitant à indiquer que " l'intéressé ne présente ni contrat de travail, ni promesse d'embauche et ne peut par conséquent se voir délivrer un titre de séjour en qualité de salarié ", il ne peut être regardé comme établi, compte tenu des éléments exigés par les textes précités, que le préfet a repris dans ses motifs, et de ce qui est dit au point 4, que le préfet n'ait pas procédé à un examen réel et complet de la demande de titre de séjour de M. C en qualité de " salarié ".
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). ".
8. M. C fait valoir ses liens depuis 2020 avec Mme A de nationalité française, avec laquelle il a conclu le 24 novembre 2022 un pacte civil de solidarité et la nécessité de sa présence auprès d'elle pour sa santé. Toutefois, M. C a vécu la majeure partie de sa vie au Maroc, le pacte est récent, et les pièces produites au dossier sont insuffisantes pour justifier de la stabilité et de la réalité d'une vie commune avant ce contrat. M. C ne justifie pas d'autre liens personnels et familiaux sur le territoire national, et a sa mère et ses frères et sœurs dans son pays d'origine où il a un enfant né en 2009. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions de séjour du requérant en France, en refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de l'Hérault n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant et n'a dès lors pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n° 2023-340-243 du 24 mars 2023 doivent être rejetées. Il en sera de même, par voie de conséquences, des conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais du procès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au préfet de l'Hérault, et à Me Ruffel.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
M. Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023
La rapporteure, Le président,
B. Pater V. Rabaté
Le greffier,
F. Balicki
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 18 juillet 2023.
Le greffier,
F. Balicki
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026