jeudi 14 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303031 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | MURAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, M. B A, représenté par Me Murat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mai 2023 du préfet de l'Hérault en tant qu'elle porte obligation de quitter le territoire français ;
2°) d'annuler la décision du 24 mai 2023 du préfet de l'Hérault en tant qu'elle interdit un retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de condamner l'Etat à payer à la somme de 1 500 € à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- s'agissant de l'obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas examiné complétement et réellement sa situation ;
- il a commis une erreur manifeste d'appréciation quant à la régularité du séjour, par ailleurs, n'ayant pas été condamné pour les faits reprochés, il ne peut être considéré ainsi comme constituant une " menace pour l'ordre public " ;
- concernant l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet n'a pas examiné correctement les critères caractérisant l'interdiction de retour ;
- en outre, la durée de l'interdiction de retour est disproportionnée.
Par un mémoire, enregistré le 3 juillet 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Par ordonnance du 5 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2023.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 7 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Souteyrand a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant géorgien né en 1996, entré en dernier lieu en France le 13 mai 2023 muni de son passeport, a été placé en garde à vue le 22 mai 2023 pour des faits d'association de malfaiteurs, de vols aggravés et de recels de vol commis entre le 18 octobre 2022 et le 21 mai 2023 à Montpellier, Toulouse et sur l'ensemble du territoire français. Par arrêté du 24 mai 2023 le préfet de l'Hérault a prononcé à l'encontre de M. A une obligation de quitter le territoire sans délai assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire sans délai :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, l'article L. 612-3 de ce code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
4. En premier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que relève le préfet dans la décision en litige, M. A est entré en France muni d'un passeport valide qu'il a présenté aux forces de l'ordre lors de sa garde à vue le 22 mai 2023, cette inexactitude matérielle n'est pas de nature à révéler que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle du requérant alors qu'il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que cette erreur de fait a eu une influence sur le sens de la décision qui a été prise.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, entré en France pour la dernière fois le 13 mai 2023, a été placé en garde à vue le 22 mai 2023 pour des faits d'associations de malfaiteurs, de vols aggravés et de recels de vol et qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Montpellier à 12 mois d'emprisonnement avec maintien en détention provisoire et interdiction du territoire français pendant 5 ans avec exécution provisoire. Il suit de là que le comportement personnel de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen, tiré de ce que le préfet de l'Hérault aurait commis une erreur manifeste d'appréciation concernant la régularité de son séjour et la menace à l'ordre public qu'il représente, doit être écarté.
6. Les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'interdiction de retour :
7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". L'article L. 612-10 du même code précise que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
8. Eu égard aux éléments développés au point 5, compte tenu de la date d'entrée récente sur le territoire de l'intéressé, du fait que M. A a fait l'objet d'une condamnation par le tribunal correctionnel de Montpellier, de la menace à l'ordre public que constitue son comportement et de l'absence de démonstration de liens familiaux sur le territoire, le préfet a régulièrement pu édicter, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, une décision d'interdiction de retour d'une durée de deux ans. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision qui lui interdit de revenir sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation ni que sa durée, fixée à deux ans, serait disproportionnée au regard de sa situation.
9. Les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans doivent donc être rejetées.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, ainsi que, par voie de conséquence, les demandes présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 31 août 2023 à laquelle siégeaient :
M. Souteyrand, président,
Mme Bayada, première conseillère,
Mme Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
E. Souteyrand
L'assesseur le plus ancien,
A.Bayada La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier le 14 septembre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026