LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303033

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303033

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303033
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantBOURRET MENDEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, M. F C, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Sète, représenté par Me Bourret Mendel, demande au tribunal :

1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 mai 2023, par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire :

- elles sont entachées d'incompétence, dès lors qu'il n'est pas justifié de la délégation donnée à la signataire de l'arrêté, Mme A ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a indiqué deux fois lors de son audition de police son intention de déposer une demande d'asile ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée de deux ans :

- elle est insuffisamment motivée, dès lors que le préfet de l'Hérault n'a pas indiqué les raisons pour lesquelles il ne retenait pas des circonstances humanitaires, alors pourtant qu'il souffre de problèmes de santé ;

- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il est présent sur le territoire français depuis 2022, qu'il est venu en France pour travailler, et qu'il indique travailler dans le secteur du bâtiment.

Le préfet de l'Hérault n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Baccati, premier conseiller, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d'éloignement.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Baccati,

- et les observations de Me Bourret Mendel, avocate de M. C, assisté de M. D, interprète, qui persiste dans ses écritures et précise : M. C a sollicité deux fois l'asile au cours de son audition de police ; ainsi il a été porté atteinte au droit d'asile ; les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues ; il justifie d'une relation de couple.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, né le 1er mai 1999, de nationalité algérienne, a été interpelé le 23 mai 2023 lors d'un contrôle de police. Il demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ".

3. En l'espèce, en raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant un délai de départ volontaire :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme A, cheffe de la section éloignement de la préfecture de l'Hérault. Par un arrêté du 28 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Hérault a accordé à M. A une délégation à l'effet de signer tout arrêté ayant trait à une mesure d'éloignement. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions, portant obligation de quitter le territoire français et refus de départ volontaire, doit donc être écarté.

5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C, entré en France à la fin de l'année 2022 selon ses déclarations, n'a entrepris avant d'être interpelé le 23 mai 2023 aucune démarche tendant à demander une protection internationale. Lors de son audition de police du même jour, interrogé sur les raisons de sa présence en France, il a déclaré être venu pour travailler. Il est vrai qu'il a fait état deux fois, dans la poursuite de cette même audition, de son souhait de demander l'asile en France, d'abord en réponse à une question portant sur le point de savoir s'il avait présenté une demande en ce sens en France ou en Europe, et ensuite lorsqu'il lui a été demandé s'il avait des observations à formuler dans la perspective d'un éventuel éloignement. A aucun moment, au cours de cet entretien ni même devant le tribunal, M. C ne fait état d'une quelconque circonstance suggérant qu'il s'estimerait exposé à de mauvais traitements dans son pays d'origine. Dans l'ensemble de ces conditions, la demande exprimée par M. C lors de son audition de police doit être regardée comme présentant un caractère manifestement dilatoire, ayant pour seul objet de faire échec à une mesure d'éloignement. Il s'en déduit que les moyens, tirés de la méconnaissance du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour d'une durée de deux ans :

6. En premier lieu, il résulte de ce qui est dit aux points 4 et 5 qui précèdent que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, présenté au soutien de la contestation de l'interdiction de retour, doit être écarté.

7. En deuxième lieu, avant de prononcer à l'encontre de M. C une interdiction de retour d'une durée de deux ans, le préfet vise les dispositions des article L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont il fait application, et examine de manière détaillée au regard de la situation personnelle de l'intéressé chacun des critères prévus par ces dispositions. Ainsi cette décision est suffisamment motivée, alors même que le préfet ne précise pas, lorsqu'il relève l'absence de circonstances humanitaires, que M. C a fait état d'une hémophilie congénitale pour laquelle il ne suit pas de traitement.

8. En dernier lieu, pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. M. C est entré récemment en France, en 2022, après avoir vécu jusqu'à l'âge de 23 ans dans son pays d'origine. Entré irrégulièrement, il n'a entrepris aucune démarche tendant à régulariser sa situation. Il se borne à faire valoir qu'il est venu en France pour travailler et qu'il " indique " travailler dans le secteur du bâtiment. Il ne conteste pas les faits de tentative de vol par ruse, vol et vol en réunion, relevés par le préfet, et pour lesquels il est défavorablement connu des services de police. Ainsi M. C ne justifie pas d'une particulière intégration dans la société française. Même à supposer établie sa relation de couple alléguée avec Mme B E, appuyée d'une attestation de l'intéressée rédigée le 25 mai 2023 pour les besoins de la cause, cette relation présente un caractère récent. Dans l'ensemble de ces conditions, M. C n'est pas fondé à invoquer une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions accessoires :

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. C à fin d'injonction, et celles présentées au titre de de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, au préfet de l'Hérault et à Me Bourret Mendel.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juin 2023.

Le magistrat désigné,

J. BACCATILa greffière

C. TOUZET

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 juin 2023.

La greffière

C. TOUZET

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions