mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | magistrat LAFAY |
| Avocat requérant | MOULIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mai 2023 et des mémoires complémentaires enregistrés le 7 juin 2023, le 10 septembre 2024, et des transmissions de pièces enregistrées les 9 juin et 10 septembre 2024, M. C B , représenté par Me Moulin demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 avril 2023 par laquelle la commission de médiation de l'Hérault a rejeté sa demande de logement dans le cadre des dispositions de l'article
L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
Il soutient que :
- le logement occupé par sa famille de 5 personnes est en sur-occupation dans la mesure où il n'y a qu'une seule chambre ;
- il justifie de la régularité de la situation de son épouse, reconnue réfugiée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et dont l'instruction de la demande de titre est prolongée ;
- le logement présente une insalubrité ainsi qu'en atteste les manquements à la règlementation constatés le 12 mai 2023 par le service d'hygiène de la commune de Montpellier ;
- le bailleur lui a adressé un congé en vue de la vente du logement le 30 mai 2023 ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article 3-1 de la convention internationale des droits, de l'enfant ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 octobre 2023, et le 12 septembre 2024, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Par une décision du 23 janvier 2024, M. C B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lafay, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lafay,
- les observations de Me Moulin, pour M. B,
- les observations de Mme A, représentant le préfet de l'Hérault,
En application de l'article R 772-9 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été différée au 13 septembre 2024 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a saisi le 12 août 2022, la commission de médiation du département de l'Hérault afin que sa demande de logement social soit reconnue comme prioritaire et urgente en faisant état d'une attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral, et d'un logement en situation de sur-occupation, et au caractère indécent. Par une décision initiale du 10 janvier 2023 la commission a rejeté son recours. Par une seconde décision du 4 avril 2023, prise sur recours gracieux du 22 février 2023, la commission a rejeté sa demande au motif de l'absence de sur-occupation, que malgré l'envoi d'un courrier lui demandant de fournir des pièces complémentaires, il n'a apporté aucun élément attestant du caractère indécent du logement, et de l'absence de justification de la situation de son épouse, qui ne lui a pas permis de vérifier que les conditions réglementaires d'accès au logement locatif social étaient remplies. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation :
" II. La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement sur-occupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ". Aux termes de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y'a à attribuer au demandeur un logement ou à l'accueillir dans une structure d'hébergement, en tenant compte des démarches précédemment effectuées. Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social et qui se trouvent dans l'une des situations suivantes : () être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées au 2° de l'article D. 542-14 du code de la sécurité sociale, ou, pour une personne seule, d'une surface inférieure à celle mentionnée au premier alinéa de l'article 4 du même décret. La commission peut, par décision spécialement motivée, désigner comme prioritaire et devant être logée en urgence une personne qui, se trouvant dans l'une des situations prévues à l'article L. 441-2-3, ne répond qu'incomplètement aux caractéristiques définies ci-dessus. ". Aux termes de l'article R. 822-25 du même code : " Le logement au titre duquel le droit à l'aide personnelle au logement est ouvert doit présenter une surface habitable globale au moins égale à neuf mètres carrés pour une personne seule, seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus. ".
3. Il résulte des dispositions précitées du code de la construction et de l'habitation que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et qu'il satisfait à un des critères définis à l'article L. 441-1-4-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande.
4. S'il est constant que M. B n'a reçu aucune proposition de logement dans un délai anormalement long dépassant 36 mois, il résulte, toutefois, des dispositions précitées que l'appartenance à l'une des catégories mentionnées par les dispositions législatives précitées ne suffit pas à elle seule à rendre éligible la demande de logement. Il faut également que la situation du demandeur présente un caractère d'urgence sur lequel la commission de médiation dispose d'un large pouvoir d'appréciation. C'est donc sans commettre d'erreur de droit, qu'alors que M. B remplissait la condition de ne pas s'être vu proposer un logement dans un délai anormalement long de plus de 36 mois, que la commission de médiation du département de l'Hérault a examiné sa situation personnelle au regard des autres critères exigés par les dispositions précitées.
5. Si M. B soutient que sa famille composée de deux adultes et de trois enfants est en situation de sur-occupation dans la mesure où elle ne dispose que d'une seule chambre, le critère de la sur-occupation manifeste du logement tel qu'il résulte des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation ne s'apprécie qu'au regard de la surface habitable de ce logement, sans qu'il y ait lieu de prendre en compte les considérations tirées du nombre insuffisant de pièces et de leur mauvais agencement. Or, il ressort des pièces du dossier que le logement T2 actuellement occupé a une surface habitable globale de 51 m², supérieure aux 43 m² prévus par l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation, pour 5 personnes.
6. Si le requérant soutient que l'augmentation du coût du loyer, qui représente 50 % des charges, ne lui permet plus de subvenir aux besoins de sa famille, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision en avril 2023, et compte tenu d'une part du montant du loyer et des charges locatives, d'autre part de l'aide au logement, le taux d'effort (loyer résiduel de 237 euros sur ressources + prestations sociales de 1037 euros) n'est que de 22,85%.
7. Il ressort des pièces du dossier que la commission ne disposait pas à la date de sa décision, malgré l'envoi d'un courrier demandant des pièces complémentaires, d'éléments lui permettant d'apprécier l'indécence du logement allégué par le requérant par l'indication de la présence de cafards. Si M. B produit à l'instance le diagnostic établi par le Service communal hygiène et santé de la ville de Montpellier, à l'occasion d'une visite le 12 mai 2024, et le courrier du 25 mai de ce service lui indiquant la transmission de ce document à son bailleur en l'invitant à présenter ses observations sur les désordres relevés et les aménagements qu'il envisageait pour y remédier, il n'apporte aucun élément sur la suite donnée à ce courrier, alors que la synthèse de la caisse d'allocations familiales du 28 septembre 2023 constate le caractère décent du logement occupé par le requérant et sa famille.
8. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. B n'établit pas l'inadaptation de son logement à ses besoins, qui comprennent ceux de ses enfants, la décision attaquée ne peut être regardée comme méconnaissant l'intérêt supérieur de ces derniers. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
9. De même, et ainsi que le reconnait le requérant dans ses écritures, la commission ne disposait pas à la date à laquelle elle a pris la décision attaquée, de l'attestation de prolongation d'instruction de la demande de titre de séjour de son épouse, reconnue réfugiée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et produite à l'instance. Par suite, la commission de médiation du département de l'Hérault était fondée à constater que le titre de séjour de l'épouse de M. B n'était plus valable depuis le 2 mars 2023, ce qui ne lui permettait plus de remplir les conditions réglementaires d'accès au logement locatif social.
10. Enfin, s'agissant du courrier daté du 30 mai 2023, par lequel le propriétaire du logement loué par M. B lui a donné congé en vue de la vente dudit logement, cette circonstance, postérieure à la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, le requérant n'établit pas ni même n'allègue que ce congé pour vente aurait conduit à une expulsion validée par une décision de justice.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et à Me Moulin.
Copie en sera adressée au préfet de l'Hérault.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024
Le magistrat désigné,
L.-N. Lafay La greffière,
L. Rocher
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 24 septembre 2024
La greffière,
L. Rocher
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026