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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303303

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303303

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303303
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantPAMLAW AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 28 juin 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 27 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Saint-Jean-de-Védas a fait opposition à la déclaration préalable de travaux pour la réalisation d'une antenne-relais de téléphonie mobile sur un terrain sis 9, rue Alberto Santos Dumont, cadastré section AC n° 217 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Jean-de-Védas de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de prendre une nouvelle décision après une nouvelle instruction de la déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Védas une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur l'urgence :

- l'urgence est caractérisée dès lors que le refus d'implantation de l'antenne relais préjudicie de façon suffisamment grave et immédiate à l'intérêt public qui s'attache à la couverture nationale du territoire par les réseaux de téléphonie mobile, et aux intérêts propres de la société au regard des engagements qu'elle a pris vis-à-vis de l'Etat ;

- la partie du territoire sur laquelle la station relais doit être implantée n'est pas couverte par ses réseaux ;

- contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, le délai mis pour déposer la requête en référé n'est pas retenu par la jurisprudence comme un manque de diligence révélant une absence d'urgence ;

- en outre, contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, la société n'a pas atteint l'intégralité de ses objectifs de couverture ; les cartes de couverture en matière de 5G montrent les gains de couverture résultant, pour le territoire communal de la future implantation ; en outre, empêcher un opérateur de couvrir une zone qu'il ne couvre pas porte atteinte à l'intérêt public ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :

- la décision est entachée d'un vice d'incompétence en l'absence d'une délégation de compétence ou de signature dûment publiée ;

- la règle de hauteur fixée par l'article 4U10 du règlement du plan local d'uranisme n'est pas applicable au projet litigieux.

Par un mémoire, enregistré le 28 juin 2023, la commune de Saint-Jean-de-Védas, représentée par la SCP CGCB et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ; elle n'est en effet pas démontrée ; en outre, le délai entre l'exercice du recours au fond et celui du présent référé est conséquent ;

- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- la requête enregistrée le 16 mai 2023 sous le n° 2302839 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des postes et télécommunications électroniques ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rigaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 28 juin 2023 à 14 heures 30 :

- le rapport de Mme Rigaud, juge des référés ;

- les observations de Me Candelier, représentant la société Free Mobile, qui reprend ses moyens en les développant, en insistant notamment sur le fait que l'urgence est établie compte tenu des cartes de couverture révélant l'existence d'un trou de couverture, et que les antennes de téléphonie mobile sont exclues du champ d'application de l'article 4U10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ;

- et celles de Me Arroudj, représentant la commune de Saint-Jean-de-Védas, qui persiste dans ses écritures et insiste sur le fait que les cartes de couverture proposées par la société requérante n'ont pas de force probante en comparaison avec les données de l'ARCEP.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 mars 2023, la société Free Mobile a déposé auprès des services de la commune de Saint-Jean-de-Védas une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile sur un terrain sis 9, rue Alberto Santos Dumont, cadastré section AC n° 217. Par une décision n° DP 34270 23 M0049 en date du 27 mars 2023, le maire a fait opposition à cette déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile sollicite du juge des référés la suspension de cette décision.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens de la requête, tels que visés et analysés dans les visas de la présente ordonnance, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, que la société Free Mobile n'est pas fondée à solliciter la suspension de l'exécution de la décision n° DP 34270 23 M0049 en date du 27 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Saint-Jean-de-Védas a fait opposition à sa déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une station relais de téléphonie mobile.

Sur les frais liés au litige :

5. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais qu'elles ont pu exposer et qui ne sont pas compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Jean-de-Védas sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Free Mobile et à la commune de Saint-Jean-de-Védas.

Fait à Montpellier, le 29 juin 2023.

La juge des référés,

L. Rigaud

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 29 juin 2023.

La greffière,

M. A

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