LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303319

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303319

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantJACQUINET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 et 12 juin 2023, M. A B, détenu au centre pénitentiaire de Perpignan, représenté par Me Jacquinet, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 30 mai 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder à l'effacement du signalement le concernant dans le fichier européen de non admission ;

4°) de condamner la préfecture des Pyrénées-Orientales à verser à Me Jacquinet la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en contrepartie d'une renonciation à la perception de la contribution de l'Etat accordée au requérant.

Il soutient que :

- il sollicite le renvoi du dossier à une audience ultérieure, d'un part compte tenu de la présentation de conclusions dirigées contre le refus de séjour qui ne relèvent pas de la compétence du magistrat désigné et dès lors que le délai de jugement de l'obligation de quitter le territoire français est insuffisant compte tenu de ce qu'il est actuellement détenu ;

- la compétence du signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en droit et en fait ;

- le préfet méconnaît le principe du respect des droits de la défense ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen attentif et personnalisé de sa situation ;

- il a entaché ses décisions d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le préfet méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- le préfet méconnaît les articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a commis une erreur de droit en fondant son refus de séjour sur les articles L. 431-1 et L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il a toujours rempli les conditions pour obtenir la délivrance du titre sollicité et qu'il n'a jamais fait obstacle à des contrôles ni refusé de déférer aux convocations ;

- le refus de séjour doit s'analyser comme un retrait du titre de séjour qui devait lui être remis quelques jours après son incarcération, qui est illégal faute d'avoir été précédée d'une procédure contradictoire ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues, dès lors que la décision de refus de séjour est illégale, ainsi qu'il vient de l'être exposé, et qu'il n'entre pas dans le cas du 5° de cet article ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français sera annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales, représenté par Me Joubes, conclut au rejet de la requête et à la condamnation de M. B au paiement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation du refus de séjour devront être renvoyées à une audience collégiale ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Couégnat, première conseillère, pour statuer en tant que magistrate désignée en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Couégnat, magistrate désignée ;

- les observations de Me Jacquinet, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et soutient en outre que le refus de séjour, qui doit s'analyser comme un retrait du titre de séjour qui devait lui être délivré, est entaché d'un vice de procédure contradictoire ;

- et les observations de Me Danet, représentant le préfet des Pyrénées-Orientales qui persiste dans ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant malien né le 28 mai 2001, déclare être entré irrégulièrement en France le 4 septembre 2017. Après avoir été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, il a obtenu une première carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " valable du 5 février 2019 au 4 février 2020 renouvelée deux fois. Le 14 février 2022 il a sollicité le renouvellement de son titre expiré depuis le 4 février 2022. Le 13 avril 2022 il a été placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Perpignan et y est actuellement incarcéré suite à sa condamnation par jugement du tribunal correctionnel de Perpignan du 15 avril 2022 à dix-huit mois d'emprisonnement. M. B demande l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 30 mai 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine, assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige soumis au magistrat désigné :

3. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-14 et L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative qu'il appartient au magistrat désigné de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour sur le territoire français, fixation d'un délai de départ volontaire et du pays de destination et des conclusions accessoires dont elles sont assorties, dans un délai de huit jours compte tenu de la date de libération prévisible du détenu. En revanche, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour. Dès lors, il y a lieu de renvoyer les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé le renouvellement du titre de séjour de M. B à la formation collégiale du tribunal seule compétente pour en connaître.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs :

4. Par un arrêté n° PREF/SCPPAT/2022235-007 du 23 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour et produit à l'appui de son mémoire en défense, le préfet des Pyrénées-Orientales a accordé à M. D C, directeur de la citoyenneté et de la migration, une délégation à l'effet de signer les décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Cette délégation de signature habilitait donc M. C à signer l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit être écarté.

5. L'arrêté contesté mentionne pour l'ensemble des décisions contestées, les considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé pour obliger M. B à quitter sans délai le territoire français, à destination de son pays d'origine et pour lui faire interdiction de retour pour une durée de deux ans. Le moyen tiré de leur insuffisante motivation

6. Les décisions contestées accompagnent la décision par laquelle le préfet, en réponse à la demande déposée par M. B, a refusé de renouveler son titre de séjour, et ont été précédées d'une audition de l'intéressé réalisée le 4 mai 2023 au centre pénitentiaire de Perpignan. M. B n'établit ni même n'allègue avoir été empêché de faire valoir des éléments particuliers de sa situation préalablement à l'édiction de l'arrêté du 30 mai 2023. Le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits du demandeur doit donc être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B serait entré en France depuis moins de trois mois. Le requérant n'entrait donc pas, à la date de la décision attaquée, dans le champ d'application du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel concerne les seuls étrangers présents sur le territoire français depuis moins de trois mois. Toutefois le préfet ayant, par l'arrêté contesté, refusé de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, celui-ci entrait dans le champ d'application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lequel le préfet s'est également fondé.

S'agissant de l'exception d'illégalité du refus de séjour :

9. M. B n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait été destinataire d'une décision favorable à sa demande de " renouvellement " de son titre de séjour avant son placement en détention provisoire. Dans ces conditions il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de séjour contenue dans l'arrêté contesté devrait être regardée comme une décision de retrait de titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure contradictoire est donc inopérant et doit être écarté.

10. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public.". Il ressort des termes de l'arrêté, qui cite les dispositions précitées de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, malgré l'erreur de plume commise dans la référence de celui-ci, et qui, après avoir relaté les trois condamnations figurant sur le bulletin n°2 du casier judiciaire de M. B, est motivé par le fait qu'eu " égard à ses multiples interpellations pour des faits d'ordre public et aux condamnations dont il a fait l'objet, son comportement représente une menace à l'ordre public et qu'ainsi il ne démontre pas son intégration dans la société française ", que le préfet a entendu motiver le refus de séjour par le motif déterminant de la menace pour l'ordre public. M. B, qui ne conteste pas ce motif, ne peut utilement se prévaloir de qu'il remplirait les conditions pour obtenir la délivrance du titre de séjour et qu'il n'a jamais fait obstacle à des contrôles ni refusé de déférer aux convocations.

11. Le moyen invoqué par la voie de l'exception de l'illégalité du refus de séjour doit donc être écarté.

12. Si M. B, pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance, a séjourné régulièrement en France jusqu'en février 2022, il est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas de son intégration. Il n'est pas isolé dans son pays d'origine où vivent son père et sa sœur. Dans ces conditions et compte tenu de la menace pour l'ordre public que constitue son comportement, et même s'il indique sans en justifier avoir obtenu des CAP et exercé une activité professionnelle, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. M. B étant célibataire et sans charge de famille, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de départ volontaire :

14. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".

15. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 7 janvier 2021 par le Tribunal Correctionnel de Perpignan à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité commis le 21 août 2020. Il a ensuite été condamné le 3 février 2022 pour des faits de violence sur une personne vulnérable sans incapacité, récidive, menace de crime ou délit contre des personnes ou des biens à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique et violence sur une personne dépositaire de l'autorité publique, récidive par jugement du Tribunal Correctionnel de Perpignan à une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis probatoire de deux ans. Enfin et par un jugement du 15 avril 2022 du Tribunal Correctionnel de Perpignan M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement d'un an et six mois avec révocation pour six mois du sursis probatoire prononcé le 3 février 2022 pour des faits d'arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire suivi d'une libération avant le 7ème jour et violence suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, faits commis le 11 avril 2022. Eu égard à la gravité et à la réitération des faits commis par M. B, qui a en outre indiqué souhaiter rester en France à sa libération, le préfet a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire en se fondant sur les dispositions citées au point précédent et notamment la menace à l'ordre public, non contestée.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français de deux ans :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour (). ". L'article L. 612-10 du même code prévoit que pour fixer la durée de cette interdiction de retour, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.

17. En l'espèce, le préfet a fait référence à la durée et aux conditions du séjour en France de M. B, il a mentionné que son comportement constituait une menace à l'ordre public, l'absence de lien familial en France et la présence de son père et de sa sœur dans son pays d'origine. L'ensemble des circonstances propres à la situation personnelle de M. B est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, qui n'est pas disproportionnée.

18. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédent que le moyen invoqué par la voie de l'exception tiré de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

En ce qui concerne le pays de destination :

19. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ". L'article L. 721-4 du même code prévoit que " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

20. M. B, de nationalité malienne, ne fait état dans sa requête d'aucun risque en cas de retour dans son pays d'origine, et n'en avait pas évoqué non plus lors de l'entretien mené le 4 mai 2023. Par suite le préfet a pu légalement décider son renvoi vers son pays d'origine.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Pyrénées-Orientales du 30 mai 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai à destination de son pays d'origine et interdiction de retour d'une durée de deux ans doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation des décisions citées au point précédent contenues dans l'arrêté contesté, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin qu'il soit enjoint au préfet de procéder à l'effacement du signalement le concernant dans le fichier européen de non admission.ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le préfet des Pyrénées-Orientales sur le fondement de ces mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision refusant le renouvellement du titre de séjour de M. B sont renvoyées à la formation collégiale.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le préfet des Pyrénées-Orientales au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Jacquinet

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023

La magistrate désignée,

Signé :

M. CouégnatLe greffier,

Signé :

D. Martinier

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 13 juin 2023

Le greffier,

D. Martinier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions