mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SUMMERFIELD GABRIELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2023, Mme B A, représentée par Me Summerfield, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant ", a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être renvoyée ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales d'ordonner la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, d'ordonner au préfet de prendre une nouvelle décision fixant un délai de départ volontaire qui ne saurait être inférieur à 90 jours.
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil, sous réserve de la renonciation de ce dernier à l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
Sur le refus de titre de séjour :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de fait ;
- il est entaché d'une erreur dans l'appréciation du caractère réel et sérieux de ses études ;
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- compte tenu de l'illégalité du refus de titre de séjour, elle est dépourvue de fondement juridique ;
Sur la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Teuly-Desportes a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante tchadienne, née en 1990, entrée régulièrement en France, le 19 août 2019, pour y poursuivre des études, a été admise, au titre de l'année 2019-2020, en Master I " sociologie " à l'université de Perpignan, a été ajournée en Master II " sociologie " au titre de l'année 2020-2021 et a validé cette 2nde année de Master au cours de la session 2021-2022. Inscrite en diplôme d'université (DU) d'anglais A1 et A2 au titre de l'année 2022-2023, Mme A a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 3 avril 2023, le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé de lui accorder le renouvellement du titre de séjour portant la mention " étudiant " sollicité et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité du refus de renouvellement du titre de séjour :
2. En premier lieu, le refus de titre de séjour contesté comporte les motifs de droit et de fait en constituant le fondement de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, qui, au demeurant n'est assorti d'aucune précision quant aux éléments de fait relatifs à la situation de la requérante qui n'auraient pas été mentionnés, doit, en tout état de cause, être écarté.
3. En deuxième lieu, la circonstance que le refus de séjour contesté relève que l'intéressée est une ressortissante algérienne et comporte par là même une erreur dans sa nationalité est sans incidence sur sa légalité, dès lors que cette erreur, purement matérielle, n'a affecté ni la détermination de l'identité de l'intéressée, ni l'appréciation portée sur sa situation par le préfet des Pyrénées-Orientales, qui a fait application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies.
5. Pour refuser le renouvellement de son titre de séjour, le préfet des Pyrénées-Orientales s'est fondé sur le fait que le DU " langue européenne anglais " pour lequel Mme A s'est inscrite au titre de l'année universitaire 2022-2023 est d'un niveau inférieur au diplôme de Master précédemment obtenu et ne comporte qu'un nombre d'heures restreint de sorte que l'intéressée, qui ne présente pas, par ailleurs, de projet d'études ou professionnel et se borne à faire part de son souhait de faire carrière dans l'humanitaire, ne peut justifier d'une progression dans son niveau d'études et ne démontre pas détenir un projet justifiant, à lui seul, son maintien sur le territoire.
6. A la date de la décision contestée, la requérante ne se prévalait, pour l'année 2022-2023, que d'une inscription dans une formation donnant lieu, d'une part, à la délivrance d'un diplôme non reconnu par l'Etat et devant être regardé par là même d'un niveau très inférieur à ses études précédentes et comportant, d'autre part, seulement 50 heures de formation au total, soit un très faible volume horaire. Dans ces conditions, elle ne pouvait être raisonnablement considérée comme poursuivant effectivement des études. Par suite, et dès lors que la circonstance qu'elle est désormais mère d'un enfant, depuis le 23 août 2022, n'est pas de nature à remettre en cause l'appréciation du sérieux de ses études ainsi portée, le préfet des Pyrénées-Orientales, en refusant de renouveler son titre de séjour, n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 4.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
7. Compte tenu de ce qui précède, Mme A n'est pas fondée à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de renouvellement de titre de séjour au soutien de ses conclusions présentées contre l'obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. ".
9. Si Mme A soutient qu'elle aurait dû se voir octroyer un délai de départ volontaire dérogatoire pour pouvoir effectuer les démarches liées à l'obtention du passeport de son enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait demandé le bénéfice d'un délai supérieur, avant la date de la décision en litige. En outre, elle ne justifie pas par les seuls éléments dont elle fait état, et notamment compte tenu de la date de naissance de son enfant, sept mois avant l'arrêté contesté, qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé à titre exceptionnel. Par suite, le moyen tiré de l'erreur dans l'application des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales a refusé le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal et subsidiaire, doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative comme des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet des Pyrénées-Orientales et à Me Summerfield.
Délibéré à l'issue de l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLa greffière,
C. Arce
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 26 septembre 2023
La greffière,
C. Arcedl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026