mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303440 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | HERNANDEZ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 juin 2023 et le 22 avril 2024, sous le n° 2303220, M. B A, représenté par le cabinet Anaé Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 avril 2023 par laquelle le ministre du travail a autorisé son licenciement pour motif disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la SCA GICB la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu ;
- la décision est entachée d'illégalité dès lors que le délai entre l'entretien préalable et la réunion du comité social et économique était insuffisant et ne lui a pas permis de préparer son audition devant cette instance ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que l'inspectrice du travail n'a pas été informée de sa mise en pied dans le délai prévu à l'article L. 2124-1 du code du travail ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que le délai fixé par l'article R. 2421-14 du code du travail n'a pas été respecté ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que la sincérité du vote du comité social et économique a été altérée ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation des griefs ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la gravité de la faute ;
- la demande d'autorisation de son licenciement est en lien avec l'exercice de son mandat.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Occitanie expose qu'en vertu de l'article 1er du décret n° 87-1116 du 24 décembre 1987 relatif à la déconcentration de la défense de l'Etat dans les actions de l'inspection de la législation du travail, il appartient à la ministre du travail, saisie d'un recours hiérarchique contre la décision de l'inspectrice du travail, de défendre dans cette affaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 avril et le 2 mai 2024, la SCA GICB, représentée par Me Hernandez, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une ordonnance du 26 avril 2023, le président du tribunal administratif de Grenoble a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, la requête de M. A.
Par une ordonnance du 6 juin 2023, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a transmis, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, au tribunal la requête de M. A.
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 avril 2023 et le 22 avril 2024, sous le n°2303440, M. B A, représenté par le cabinet Anaé Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique formé contre la décision du 11 août 2022 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé la société coopérative agricole (SCA) Groupement inter-producteurs de Collioure et de Banyuls (GICB) à le licencier ;
2°) d'annuler la décision du 11 août 2022 de l'inspectrice du travail ayant autorisé son licenciement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de la SCA GICB la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
Sur la décision de l'inspectrice du travail :
- l'inspectrice du travail n'était pas compétente territorialement pour autoriser son licenciement ;
- le principe du contradictoire a été méconnu ;
- la décision est entachée d'illégalité dès lors que le délai entre l'entretien préalable et la réunion du comité social et économique était insuffisant et ne lui a pas permis de préparer son audition devant cette instance ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que l'inspectrice du travail n'a pas été informée de sa mise en pied dans le délai prévu à l'article L. 2124-1 du code du travail ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que le délai fixé par l'article R. 2421-14 du code du travail n'a pas été respecté ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que la sincérité du vote du comité social et économique a été altérée ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation des griefs ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la gravité de la faute ;
- la demande d'autorisation de son licenciement est en lien avec l'exercice de son mandat.
Sur la décision du ministre :
- elle est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation des griefs ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la gravité de la faute.
Par un mémoire enregistré le 16 juin 2023, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) Occitanie expose qu'en vertu de l'article 1er du décret n° 87-1116 du 24 décembre 1987 relatif à la déconcentration de la défense de l'Etat dans les actions de l'inspection de la législation du travail, il appartient à la ministre du travail, saisie d'un recours hiérarchique contre la décision de l'inspectrice du travail, de défendre dans cette affaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, la ministre du travail conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2024, la SCA GICB, représentée par Me Hernandez, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Teuly-Desportes ;
- les conclusions de M. Lafay, rapporteur public.
- les observations de Me Rousselet représentant M. A ;
- et les observations de Me Hernandez représentant la SCA GICB.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté, à compter du 3 juillet 2007, par la SCA GICB, spécialisée dans la vinification, le traitement, la mise en bouteilles et la commercialisation des vins, afin d'exercer des fonctions de voyageur, représentant placier (VRP) multicartes dans le département de l'Isère. Il a été promu directeur de bureau le 1er juin 2014 et occupait, à la date des décisions contestées, le poste de responsable de secteur. Le 10 juin 2022, le groupement a demandé à l'inspection du travail l'autorisation de licencier, pour motif disciplinaire, M. A, membre du comité social et économique. Par une décision du 11 août 2022, l'inspectrice du travail a accédé à cette demande. A la suite du recours hiérarchique, formé par M. A, le 6 octobre 2022, et reçu le 10 octobre suivant, la ministre a retiré la décision implicite rejetant le recours hiérarchique, a annulé la décision de l'inspectrice du travail, puis a autorisé, le 3 avril 2023, le licenciement de l'intéressé. M. A demande au tribunal d'annuler la décision de l'inspectrice du travail, ainsi que la décision implicite par laquelle le ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique.
2. Les requêtes susvisées n° 2303220 et n° 2303440 concernent la situation d'un même salarié protégé et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la portée des conclusions :
3. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Dans ce cas, des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
4. La décision du 3 avril 2023 par laquelle le ministre du travail a statué expressément sur le recours hiérarchique présenté par M. A s'est substituée à la décision implicite née de son silence gardé pendant quatre mois sur ce recours. Il y a lieu de regarder les conclusions du requérant comme présentées uniquement contre la seule décision expresse, qu'il a, au demeurant, produite à l'instance.
Sur les conclusions à fin d'annulation présentées contre la décision ministérielle du 3 avril 2023 :
En ce qui concerne l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail :
5. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ".
6. La décision contestée vise le code du travail et plus précisément les articles
L. 2411-1 et suivants dont elle fait application, la décision de l'inspectrice du travail du 11 août 2022 ayant autorisé le licenciement, le recours hiérarchique formé par M. A, ainsi que la décision implicite qui l'a rejeté. Elle énonce le motif de légalité interne retenu pour annuler la décision de l'inspectrice du travail, en faisant référence aux éléments du dossier, indique les faits reprochés considérés comme matériellement établis et précise en quoi les faits retenus apparaissent suffisamment graves. Elle comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
7. Aux termes de l'article R. 2422-1 du code du travail " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet ". Lorsqu'il est saisi d'un recours hiérarchique contre une décision d'un inspecteur du travail statuant sur une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, le ministre compétent doit, soit confirmer cette décision, soit, si celle-ci est illégale, l'annuler puis se prononcer de nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement.
8. Le ministre du travail a annulé la décision du 16 août 2022 au motif que l'inspectrice du travail avait insuffisamment motivé la gravité des griefs reprochés à M. A pour fonder l'autorisation accordée. En se bornant à soutenir que l'inspectrice du travail a méconnu le principe du contradictoire, alors même qu'une nouvelle enquête a été menée par le ministre, lequel a statué à nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement, le requérant ne conteste pas utilement le motif d'annulation retenu par le ministre du travail. Il suit de là que c'est à bon droit que le ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail de sorte que tous les moyens soulevés par le requérant à l'encontre de la décision de l'inspectrice du travail sont inopérants.
En ce qui concerne l'autorisation de licenciement ;
9. Les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle prévue par la loi. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre compétent de rechercher si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
10. En premier lieu, en vertu des dispositions des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail, l'inspecteur du travail saisi d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé doit, quel que soit le motif de la demande, procéder à une enquête contradictoire. En revanche, aucune règle ni aucun principe ne fait obligation au ministre chargé du travail, saisi d'un recours hiérarchique sur le fondement des dispositions de l'article R. 2422-1 du même code, de procéder lui-même à cette enquête contradictoire.
11. Par ailleurs, aux termes des dispositions des articles L. 121-1, L. 122-1 et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées () n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative compétente pour adopter une décision individuelle entrant dans leur champ de mettre elle-même la personne intéressée en mesure de présenter des observations. Il en va de même, à l'égard du bénéficiaire d'une décision, lorsque l'administration est saisie par un tiers d'un recours gracieux ou hiérarchique contre cette décision. Ainsi, le ministre chargé du travail, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail, d'un recours contre une décision autorisant ou refusant d'autoriser le licenciement d'un salarié protégé, doit mettre le tiers au profit duquel la décision contestée a créé des droits - à savoir, respectivement, l'employeur ou le salarié protégé - à même de présenter ses observations, notamment par la communication de l'ensemble des éléments sur lesquels le ministre entend fonder sa décision.
12. Il est constant que, dans le cadre de l'instruction du recours hiérarchique dont ils étaient saisis, les services du ministre du travail ont mené une contre-enquête au cours de laquelle M. A, mais également le directeur opérationnel du GICB ont été entendus par visioconférence. En outre, M. A, qui ne peut utilement soutenir qu'il n'aurait pas disposé de tous les éléments lors de l'entretien préalable, le 8 juin 2022, ni même que tous les éléments n'auraient pas été communiqués au comité social et économique, a été destinataire de l'ensemble des pièces communiquées par son employeur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
13. En deuxième lieu, pour autoriser le licenciement demandé, le ministre du travail s'est fondé, sur l'insubordination liée au refus de M. A de réaliser un sondage sollicité par sa direction, sur la responsabilité de l'intéressé dans le détournement de clientèle au profit de la concurrence au regard de sa négligence et de son absence d'implication sur le terrain et, enfin, sur le délaissement de son équipe et son désintérêt manifeste pour les fonctions de responsable, caractérisant un manquement à ses obligations contractuelles.
14. Pour critiquer la matérialité du premier grief, si M. A soutient qu'il a réalisé, en partie, le sondage demandé par sa direction, il ressort toutefois des pièces du dossier que le travail confié à l'intéressé, qui disposait de 9 jours ouvrés pour le mener à bien, consistait en la réalisation d'un sondage de vingt clients par jour sur une semaine, alors que le salarié protégé a seulement sondé 23 clients en 10 jours. Il suit de là que la circonstance que le travail n'a été que partiellement réalisé sur la période dont le salarié protégé disposait avant son congé maladie, alors qu'il a pu l'être en 3 jours seulement par un de ses collègues, caractérise, contrairement à ce qui est soutenu, la matérialité du grief, à savoir l'insubordination de l'intéressé.
15. Pour contester la négligence retenue à son encontre dans la perte de clientèle et son détournement par la concurrence, M. A se borne à soutenir que les représentants du groupement ne sont soumis à aucune clause de non-concurrence et que la perte de clientèle résulte seulement du démarchage entrepris par les anciens représentants. Il ne conteste pas sérieusement son manque d'implication sur le terrain, dans le département de l'Isère, également retenu à l'appui de ce grief et dont la réalité est établie par les comptes-rendus réalisés les 5 mai et 2 juin 2022, que la totalité des clients du groupement n'ont eu aucun contact avec les commerciaux dont M. A, avait la responsabilité, entre février 2020 et juin 2022, soit pendant presque deux ans. Sur cette même période, le salarié protégé, qui avait la qualité de responsable de secteur, s'est contenté de deux actions commerciales, par téléphone, les 21 octobre 2020 et 21 juin 2022, n'a pas occupé le terrain et n'a pas davantage informé sa hiérarchie du démarchage dont ses clients faisaient l'objet de sorte que la perte de clientèle dans sa zone commerciale, constatée à hauteur de 30 %, lui est partiellement imputable et pouvait donc être retenue à son endroit.
16. Contrairement à ce que M. A soutient, la réalité du délaissement des fonctions d'encadrement est également établie par les pièces produites en défense, précises et détaillées, et notamment par les témoignages de cinq salariés faisant état d'une absence de suivi mais également par le décompte de ses accompagnements des commerciaux au nombre seulement de 34 pour une période de six mois entre janvier et juillet 2021 et de 57 au titre de l'année 2022, alors que cette tâche est censée représenter 40 % du temps de travail de l'intéressé. De même, au titre de ce grief, l'absence de contrôle des bons de commande des commerciaux et l'absence de mise à jour des fichiers clients ont également été constatés alors que sa zone géographique avait été réduite pour qu'il puisse se consacrer aux fonctions d'encadrement.
17. Si le requérant soutient que le licenciement revêt un caractère disproportionné au regard de la gravité des faits reprochés, il ressort toutefois des pièces des dossiers que les manquements de l'intéressé à ses obligations professionnelles liées notamment à l'encadrement couvrent une période de deux années et ont eu des répercussions sur le travail d'équipe et le fonctionnement normal du groupement et sont à l'origine d'un préjudice commercial important. Par suite, et au regard de l'ancienneté de sept ans de M. A dans les fonctions de commercial avant sa nomination en qualité de responsable de secteur, les faits reprochés doivent être regardés comme suffisamment graves et, en conséquence, de nature à justifier le licenciement.
18. En dernier lieu, si le lien avec le mandat est également allégué par le requérant, qui soutient avoir eu des difficultés après son élection, en juillet 2019, au comité social et économique, les propos conflictuels échangés avec sa direction concernent le seul exercice de ses fonctions. En effet, le salarié protégé admet lui-même ne pas exercer son mandat activement et ne cite expressément aucun manquement de l'employeur à l'exercice de sa mission de membre du comité social et économique. Dans ces conditions, c'est sans commettre une quelconque erreur d'appréciation que le ministre du travail a écarté le lien avec le mandat de la demande d'autorisation de licenciement.
19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 3 avril 2023 par laquelle le ministre du travail a annulé la décision de l'inspectrice du travail du 16 août 2022 et a autorisé son licenciement.
Sur les conclusions à fin d'annulation présentées contre la décision de l'inspectrice du travail :
20. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations.
21. Dans la mesure où le présent jugement ne prononce pas l'annulation de la décision du ministre du travail du 3 avril 2023 prononçant elle-même le retrait de la décision de l'inspectrice du travail du 16 août 2022, les conclusions dirigées contre cette dernière décision se trouvent dépourvues d'objet.
Sur les frais liés aux litiges :
22. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, la somme que le requérant sollicite au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. A les sommes que sollicite la SCA GICB sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées contre la décision de l'inspectrice du travail.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2302220 et n° 2303440 de M. A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SCA GICB en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au groupement inter-producteurs Collioure et Banyuls et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée, pour information, au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Occitanie.
Délibéré à l'issue de l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Encontre, présidente,
Mme Teuly-Desportes, première conseillère.
M. Rousseau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
D. Teuly-DesportesLa présidente,
S. EncontreLe greffier,
D. Lopez
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Montpellier, le 21 mai 2024,
Le greffier,
D. Lopez
N° 2303220dl
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026