jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 juin et 23 août 2023, M. B A, représenté par Me Mazas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour étudiant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) d'enjoindre au préfet, dans l'attente de la nouvelle décision le concernant, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur les décisions de refus de séjour et d'éloignement :
- elles sont insuffisamment motivées en droit et s'agissant de son parcours universitaire ;
- le préfet a entaché son arrêté d'erreurs de fait et d'un défaut d'examen de son parcours universitaire ;
- les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont méconnues car son parcours comprend une progression et ses réorientations ainsi que ses échecs sont justifiés ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle est irrégulière par voie de conséquence de l'irrégularité des décisions portant refus de séjour et éloignement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 15 mai 2023.
La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant la date de l'audience, conformément aux dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Des pièces, présentées par M. A, représenté par Me Mazas, ont été enregistrées le 11 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lesimple, première conseillère,
- et les observations de Me Lambert, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant libanais né en 1996, est entré en France en septembre 2014 sous couvert d'un visa étudiant et a obtenu, par la suite, des titres de séjour en sa qualité d'étudiant. Par arrêté du 9 mars 2023, le préfet de l'Hérault a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra, le cas échéant, être reconduit d'office. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les décisions de refus de séjour et d'éloignement :
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". L'article L. 433-1 du même code prévoit par ailleurs que : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte. L'autorité administrative peut procéder aux vérifications utiles pour s'assurer du maintien du droit au séjour de l'intéressé et, à cette fin, convoquer celui-ci à un ou plusieurs entretiens () ".
3. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies.
4. En premier lieu, le préfet a développé les considérations de droit et de faits qui fondent la décision en litige. Le seul défaut de visa de l'article L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation en droit dans la mesure où il est précisé que la demande de M. A porte sur un renouvellement de titre et que celle-ci a été étudiée au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du même code qui sont visées dans la décision en litige.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a échoué, au titre de l'année 2014-2015, à valider la première année commune aux études de santé (PACES) et, au titre de l'année suivante, à valider une première année de licence pluri-sciences dite " Portail Curie ". Au titre des années 2016-2017 et 2017-2018, il s'est inscrit en première année de licence pluri-sciences dite " Portail Monod ", qu'il a validée avant de s'inscrire, au titre de l'année 2018-2019, en seconde année de licence " Sciences de la vie ". A la suite de son ajournement, il s'est réinscrit en seconde année de licence, qu'il a validée à l'issue de l'année 2019-2020. Enfin, il est inscrit depuis la rentrée 2020 en troisième année de licence " Sciences de la vie ".
6. En qualifiant la première année de licence " Portail Curie " de licence " HE2 Chimie ", le préfet n'a pas dénaturé les éléments qui lui étaient soumis puisque cette licence, qualifiée de " L1 Chimie " par le requérant, comprend essentiellement des enseignements de chimie. De la même manière, en relevant l'échec de M. A au titre de l'année 2016-2017 au cursus " PE1 PACES bio-écologie ", le préfet a régulièrement apprécié la situation du requérant qui déclare avoir une nouvelle fois tenté la PACES en parallèle de son inscription en première année de licence dite " Portail Monod " dont l'enseignement est principalement axé sur la biologie et l'écologie. Contrairement à ce que fait valoir le requérant, il ne ressort pas de la décision en litige que le préfet aurait considéré, à tort, une réorientation entre 2016-2017 et 2017-2018.
7. En revanche, il est vrai que le préfet a relevé que la seconde année de licence avait été validée au titre de l'année 2021-2022 alors qu'elle l'a été au titre de l'année 2019-2020. Toutefois, cette erreur est sans conséquence, le préfet relevant, à juste titre, pour fonder sa décision de refus de renouvellement de titre de séjour mention étudiant, que bien qu'il soit désormais inscrit en troisième année de licence, M. A n'a validé aucun diplôme à l'issue de huit années d'études. Dès lors, les moyens tirés de ce que la décision serait insuffisamment motivée en fait, entachée d'erreurs de fait ou d'un défaut d'examen de sa situation doivent être écartés.
8. En troisième lieu, si M. A se prévaut du faible taux de validation de la PACES, cette circonstance ne permet pas de justifier l'ensemble des échecs universitaires essuyés par le requérant. Egalement, le fait qu'il soit suivi par un psychologue clinicien du service de médecine préventive de l'université depuis septembre 2019, ne suffit pas à établir l'existence d'un trouble susceptible d'expliquer ses échecs. Dans ces conditions, bien que le requérant soit parvenu à valider une deuxième année de licence " Sciences de la vie " et qu'il ait finalement validé sa dernière année de licence en juillet 2023 lui permettant d'accéder à une inscription en master, postérieurement à la décision en litige, le préfet n'a pas méconnu les dispositions citées au point 2 du présent jugement en estimant que le caractère réel et sérieux des études poursuivies n'était pas établi, eu égard notamment au nombre d'années d'études de M. A.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des décisions de refus de séjour et d'éloignement doivent être rejetées.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. Eu égard à l'ensemble de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait irrégulière par voie de conséquence de l'irrégularité entachant les décisions de refus de séjour et d'éloignement ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A à l'encontre de l'arrêté du 9 mars 2023 pris par le préfet de l'Hérault. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais du litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Hérault et à Me Mazas.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Eric Souteyrand, président,
Mme Adrienne Bayada, première conseillère,
Mme Audrey Lesimple, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
A. Lesimple Le président,
E. Souteyrand
La greffière,
M-A. Barthélémy
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 28 septembre 2023.
La greffière,
M-A. Barthélémy
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026