LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303523

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303523

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303523
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP DILLENSCHNEIDER AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 juin, 1er novembre et 21 novembre 2023, Mme E C et M. A F, représentés par Me Hiault Spitzer, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 03415022R0027 du 12 août 2022 par lequel le maire de la commune de Marseillan a délivré à la SARL Espaces Caumette un permis de construire en vue du réaménagement d'un bâtiment de 6 logements en 5 logements, avec surélévation d'un niveau et création de locaux à vélos et pergola, sur une parcelle cadastrée section DX n°70, située 6 rue de la Girelle à Marseillan ;

2°) de condamner la commune de Marseillan à leur payer la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable, le délai de recours n'ayant pas couru compte tenu de l'irrégularité de l'affichage sur le terrain du permis de construire, qui était illisible de la voie publique et qui n'a été mis en place correctement qu'en juin 2023 lors de la réalisation des travaux ;

- ils ont intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme en leur qualité de voisins immédiat et compte tenu des nuisances qu'ils vont subir en matière de vue et de bruit, au regard de la nature du projet et de sa configuration ;

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence de son auteur ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, s'agissant du volet paysager, en violation de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté a été délivré en méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, au regard du risque d'inondation fort du territoire communal ;

- le projet autorisé ne respecte pas les dispositions de l'article UC4 relatives à la gestion des eaux pluviales ;

- le dossier de permis de construire ne permet pas de vérifier si le projet respecte les préconisations relatives à la défense contre l'incendie ;

- le projet autorisé ne respecte pas les dispositions de l'article UC7 relatives à la distance des constructions par rapport aux limites séparatives, qui ne peut être inférieure à 3 mètres ;

- le projet ne respecte pas les dispositions relatives aux clôtures prévues par l'article UC11 du règlement du plan local d'urbanisme et le plan de prévention des risques d'inondation ;

- l'arrêté a été délivré en méconnaissance de l'article UC13 du règlement du plan local d'urbanisme compte tenu de l'insuffisance des surfaces laissées en pleine terre ;

- les dispositions du plan de prévention des risques d'inondation ont été méconnues dès lors que l'accès des garages, situé à 1,70 NGF, est en dessous de la cote des plus hautes eaux ;

- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir ;

- le projet, compte tenu de sa hauteur, porte atteinte au caractère des lieux avoisinants, en violation de l'article UC11 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- l'octroi du permis de construire révèle une erreur manifeste d'appréciation de la commune au regard des objectifs décrits dans le rapport de présentation de la modification n°4 de son plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, la commune de Marseillan, représentée par Me Dillenschneider, conclut au rejet de la requête et à la condamnation conjointement de M. F et Mme C à lui verser la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable compte tenu de sa tardiveté ;

- les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 octobre 2023 et 29 janvier 2024, la SARL Espaces Caumette, représentée par Me Valette, conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire de Mme C et M. F à lui payer la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement de la zone UC du plan local d'urbanisme, par la supposée atteinte par le projet au caractère des lieux avoisinants, est irrecevable dès lors qu'il a été soulevé après l'expiration du délai de cristallisation ;

- les autres moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Couégnat, rapporteure,

- les conclusions de M. Goursaud, rapporteur public,

- les observations de Me Hiault Spitzer, représentant Mme C et M. F, celles de Me Lucas, substituant Me Dillenschneider, représentant la commune de Marseillan et celles de Me Vidal, représentant la SARL Espaces Caumette.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 mai 2022, la SARL Espaces Caumette a déposé en mairie de Marseillan une demande de permis de construire en vue du réaménagement d'un bâtiment existant de 6 logements en 5 logements, avec surélévation d'un niveau et création de locaux à vélos et pergola, sur une parcelle cadastrée section DX n°70, située 6 rue de la Girelle à Marseillan et classée en zone UCp au plan local d'urbanisme de la commune. Par un arrêté du 12 août 2022, le maire de Marseillan a délivré le permis sollicité. Par la présente requête, Mme C et M. F, propriétaires de logements situés sur la parcelle voisine cadastrée section DX n°69, demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

3. En l'espèce, le maire de Marseillan a délivré le 11 janvier 2024 à la SARL Espaces Caumette un permis modificatif, conformément à la demande présentée le 30 novembre 2023 par le pétitionnaire, modifiant certains matériaux de la construction autorisée, supprimant une toiture d'escalier et prévoyant un dispositif de gestion des eaux pluviales. Par voie de conséquence, la légalité du permis de construire contesté doit être examinée en tenant compte des modifications ainsi apportées au projet initial.

En ce qui concerne le moyen tiré du vice d'incompétence :

4. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. (). ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 28 mai 2020, le maire de Marseillan a accordé à M. G B, délégation de fonction et de signature, en ce qui concerne, notamment, l'instruction et la délivrance des autorisations d'occupation des sols. Cette délégation, qui est suffisamment précise, donnait compétence à M. B, en sa qualité de 5ème adjoint au maire, pour signer l'autorisation contestée. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la complétude du dossier :

6. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comporte un document graphique (PC6 modifié) et deux photographies (PC7 et PC8), dont les points et angles de prise de vue sont reportés sur le plan de situation, présentant l'environnement proche et l'environnement lointain du projet, depuis le front de mer. Ces éléments, complétés par le plan de situation et le plan de masse qui font apparaître les constructions voisines, sont suffisants pour appréhender l'état initial du site et son environnement proche, apprécier la hauteur de la construction et permettre au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la règlementation applicable. Dès lors le moyen tiré de l'incomplétude du dossier, au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

8. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. () ".

9. En se bornant à rappeler que la construction est située en zone BU au plan de prévention des risques d'inondation de Marseillan, que la commune fait partie des communes recensées comme territoire à risque important d'inondation et qu'elle a fait l'objet de nombreuses inondations et à en déduire qu'il est " surprenant " que la commune ait autorisé le permis de construire sollicité, les requérants ne peuvent être regardés comme assortissant leur moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, alors en outre que la zone BU est une zone de précaution, zone inondable d'aléa modéré en secteur à enjeux forts (secteur urbain) dont l'objectif est de " permettre un développement urbain en prenant en compte l'exposition au risque de façon à ne pas augmenter la vulnérabilité " et que le règlement du plan de prévention des risques d'inondation y autorise, sous condition, les constructions à destination d'habitation. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.

En ce qui concerne le non-respect de l'article UC 4 :

10. S'agissant des " eaux pluviales ", l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit : " ()Les dispositions relatives au réseau pluvial s'appliquent pour les nouveaux projets et aux aménagements dans le cadre d'une modification de l'existant ou d'un dysfonctionnement constaté. () En l'absence ou en cas d'insuffisance de réseau d'eaux pluviales, des dispositifs de stockage (rétention) et/ou d'infiltration appropriés tant sur le plan qualitatif que quantitatif doivent être aménagés conformément Schéma Stratégique de Gestion des Eaux Pluviales joint en annexe (cf. pièce n°6.15 du P.L.U.), sans porter préjudice aux terrains voisins. () Cas des projets non soumis à la Loi sur l'Eau : Le règlement du PPRI impose un stockage compensatoire de 120 litres par m2 imperméabilisé. Il est demandé, en plus, de prévoir un ouvrage de fuite permettant la vidange en 24h pour éviter la prolifération des moustiques. La ville de Marseillan se réserve la possibilité de demander une justification du dimensionnement des aménagements projetés pour le pluvial en fonction des contraintes spécifiques du projet et de la capacité du réseau pluvial en aval. Dans certain cas il pourra être demandé un ouvrage de type " noue " à ciel ouvert. ".

11. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet autorisé prévoit la création d'un bassin de rétention et d'infiltration des eaux pluviales d'un volume de 13 m3, correspondant à un volume de 120 litres par m2 pour la surface de 105,35 m2 d'emprise au sol créée par le projet et que l'arrêté du 11 janvier 2024 autorisant le permis modificatif est assorti de prescriptions relatives à la gestion des eaux pluviales. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions citées au point 10 ont bien été prises en compte. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, qui n'a pas été complété depuis la requête introductive d'instance ni après la délivrance du permis de construire modificatif ne peut donc qu'être écarté.

12. Si les requérants soutiennent également que le dossier de demande de permis de construire " ne permet pas de vérifier si le projet respecte les préconisations relatives à la défense contre l'incendie ", ils n'apportent aucun élément de nature à établir que le service instructeur n'aurait pas disposé des éléments nécessaires pour apprécier le respect des dispositions relatives à la défense contre l'incendie, laquelle relève de la compétence de la commune. Le moyen, qui n'a pas été complété ni précisé, ne peut donc qu'être écarté comme non assorti de précisions suffisantes.

En ce qui concerne le non-respect de l'article UC 7 :

13. Aux termes de l'article UC 7 du règlement relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " La distance, comptée horizontalement de tout point de cette construction à la limite séparative qui en est la plus rapprochée, doit être au moins égale à la moitié de la hauteur de la façade mesurée à l'égout du toit sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. (L) H/2 )3 m). La construction d'un bâtiment joignant la limite parcellaire est admise : (Lors de l'extension par surélévation d'un étage réalisée à partir d'une construction existante, elle-même implantée en limite séparative, uniquement dans le secteur UCp.) Lorsque la hauteur totale de la construction, mesurée au droit de cette limite, ne dépasse pas 4 mètres, sur une longueur maximale de 10 mètres le long de la limite séparative, () ".

14. Il ressort des pièces du dossier (PC 2, 4 et 5) que le projet autorisé prévoit l'implantation, sur la limite séparative avec la parcelle DX 69, d'un local pour vélos. Toutefois, eu égard à sa longueur sur ladite limite, de 9,01 mètres, et à sa hauteur de 4 mètres, le maire de Marseillan n'a pas méconnu les dispositions citées au point précédent de l'article UC 7 en admettant cette implantation. Le moyen invoqué tiré du non-respect de l'article UC 7, qui n'est évoqué que s'agissant de la limite séparative avec la parcelle DX 69 doit donc être écarté.

15. Si les requérants mentionnent, dans leur dernier mémoire, que le plan PC3 fait apparaître une hauteur de l'acrotère à 9,12 m, ils n'en tirent aucune conséquence juridique. Cette branche du moyen ne peut donc qu'être écartée faute de précisions de nature à permettre au tribunal d'en apprécier la portée et le bien fondé.

En ce qui concerne le non-respect de l'article UC 11 relatif à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement de leurs abords :

16. Aux termes de l'article UC 11 du règlement : " Par leur aspect extérieur, les constructions et autres modes d'occupation du sol ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, au site et au paysage urbain. Le permis de construire ou les travaux soumis à déclaration ou autres autorisations peuvent être refusés, si la construction, par sa situation, son volume, son aspect, le rythme ou la coloration de ses façades, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. () Clôtures : () La hauteur maximale des clôtures ne devra pas dépasser 1,80 mètre. Les murs de clôture non réalisés en matériaux traditionnels (pierres maçonnées, etc) devront obligatoirement être enduits des deux côtés. Rappel: conformément aux dispositions du PPRI, dans les zones inondables: les clôtures pleines sont interdites. Seules sont autorisées : la création ou la modification de clôtures dans la mesure où celles-ci permettent une transparence à l'écoulement (grillages à mailles larges, c'est-à-dire dont le plus petit côté est supérieur à 5 cm, sur un mur bahut pouvant excéder 0,20 mètre à condition de ne pas constituer un obstacle majeur à l'écoulement des eaux. Pour cela, au moins 30% de leur surface située entre le sol et la cote de la PHE devra être laissée transparente aux écoulements, sous forme de barbacanes, portails ajourés, grillages à mailles larges, etc..() ".

17. Il ressort des pièces du dossier que le projet de surélévation, limité à un R + 2, se situe à proximité d'autres petits collectifs de même hauteur, dans un secteur qui ne présente pas de particularité architecturale ni de caractère homogène. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le projet, compte tenu de sa hauteur, porterait atteinte au caractère des lieux avoisinants.

18. Sont applicables aux clôtures, dont celles qui prennent la forme d'un mur, les seules dispositions du règlement d'un plan local d'urbanisme (PLU) édictées spécifiquement pour régir leur situation, sur le fondement des articles R. 151-41 et R. 151-43 du code de l'urbanisme. En revanche, un mur qui est incorporé à une construction, alors même qu'il a la fonction de clore ou limiter l'accès à son terrain d'assiette, est soumis à l'ensemble des règles du règlement du PLU applicables aux constructions. Il en résulte que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du non-respect, par le mur du local à vélo implanté à l'angle Nord-Ouest du terrain d'assiette, des dispositions de l'article UC 11 relatives aux clôtures, dès lors que ce mur n'est pas une clôture mais la partie d'une construction, dont l'implantation est soumise au respect des dispositions de l'article UC 7. Le moyen invoqué est donc inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne le non-respect de l'article UC 13 :

19. Aux termes de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux " obligations en matière d'espaces libres, d'aires de jeu et de loisirs et de plantation " : " Les espaces libres correspondent à la surface du terrain (pour partie laissée en pleine terre et / ou plantée), non occupée par les constructions, les aires de stationnement imperméabilisées ainsi que les aménagements de voirie ou d'accès. Afin de limiter les ruissellements et d'augmenter la capacité de rétention des eaux pluviales sur la parcelle le pétitionnaire devra prévoir une part d'espaces libres garantissant la perméabilité des sols. Ainsi : • La part minimale de surfaces laissées en pleine terre et / ou plantée est fixée à 20% de la surface du terrain d'assiette () ".

20. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis modificatif que le projet prévoit une surface laissée en pleine terre de 138,45 m2, légèrement supérieure aux 131 m2 exigés par les dispositions de l'article UC 13, s'agissant d'une parcelle de 655 m2. Le moyen tiré du non-respect de l'article UC 13 manque donc en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le non-respect du règlement de la zone BU du plan de prévention des risques d'inondation :

21. Aux termes du règlement de la zone BU du plan de prévention des risques d'inondation, sont notamment admises : " () Les constructions nouvelles (à l'exclusion des établissements vulnérables ou stratégiques), les extensions ou les modifications de bâtiments existants sous réserve : que la surface du 1er plancher aménagé soit calée au minimum à la cote de PHE + 30 cm et que la surface du plancher des garages et pièces annexes soit calée au minimum à la cote de PHE, sauf pour les garages de bâtiments collectifs où le plancher de ceux-ci pourra être calé au maximum 50 cm sous la cote de PHE, sous réserve que le seuil de leur accès soit situé au-dessus de la cote de PHE. () ".

22. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé ne prévoit pas de garages, mais uniquement des places de stationnement en surface, dont cinq sont surmontées d'une pergola. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce qu'elles ne respecteraient pas les dispositions citées au point précédent qui n'ont pas vocation à s'appliquer à des emplacements de stationnement en surface et ouverts. Dès lors le moyen invoqué est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne le détournement de pouvoir et l'erreur manifeste d'appréciation :

23. Il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 29 novembre 2022, le conseil municipal de Marseillan a approuvé la 4ème modification de son plan local d'urbanisme, prescrite par délibération du 6 août 2021, qui a notamment pour objet de réduire la hauteur maximale des constructions admises dans la zone UC. Toutefois cette modification est postérieure à la date de l'arrêté contesté auquel elle ne s'appliquait donc pas. En outre, le maire ne dispose pas de la possibilité d'opposer un sursis à statuer à une demande d'autorisation d'urbanisme en cas de procédure de modification du document d'urbanisme. Dans ces conditions, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi. Pour le même motif, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la volonté exprimée par les auteurs du plan dans le rapport de présentation de limiter la hauteur des immeubles en zone UC ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.

24. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de Mme C et de M. F tendant à l'annulation de l'arrêté du maire de Marseillan du 12 août 2022 accordant un permis de construire à la SARL Espaces Caumette doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige

25. La présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions de Mme C et M. F relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.

26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Marseillan, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C et M. F, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C et M. F les sommes demandées par la commune de Marseillan et la SARL Espaces Caumette sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C et M. F est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Marseillan et la SARL Espaces Caumette au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, à la commune de Marseillan et à la SARL Espaces Caumette.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Fabienne Corneloup, présidente,

Mme Michelle Couégnat, première conseillère,

Mme Sophie Crampe, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024

La rapporteure

M. Couégnat La présidente,

F. Corneloup

La greffière,

M. D

La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 2 mai 2024

La greffière,

M. D.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions