lundi 2 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303591 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GUIRASSY |
Vu la procédure suivante :
Par requête, enregistrée le 21 juin 2023, M. B A, représenté par Me Guirassy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-340-620 du 22 août 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Hérault de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. A soutient que :
- sa requête est recevable, ayant reçu notification de l'arrêté litigieux le 24 mars 2023 et ayant formé une demande d'aide juridictionnelle le 12 avril 2023 ;
- il n'est pas justifié d'une délégation de signature de l'arrêté ;
- la décision de refus de titre de séjour :
. est insuffisamment motivée, en méconnaissances des dispositions des articles L.211-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
. est entachée d'une erreur de droit, pour méconnaitre les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
. est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient à titre principal, que la requête est irrecevable pour être tardive, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pater, rapporteure.
1. M. A, ressortissant burkinabé né 13 avril 1983, a sollicité le 2 août 2022 un titre de séjour en qualité de " salarié ". Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté n°2022-340-620 du 22 août 2022 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, lui fait obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme Darmon, secrétaire générale de la préfecture de l'Hérault en vertu d'une délégation qui lui a été consentie à cet effet par arrêté du 1er août 2022 du préfet de l'Hérault régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 106 du 2 août 2022. Par suite le moyen tiré du vice d'incompétence de signataire de l'acte dont serait entaché l'arrêté en litige doit être écarté.
Sur la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Il ressort de l' examen de la décision de refus de titre de séjour qu'elle mentionne les éléments de fait propres à M. A, tenant à sa situation personnelle quant a son entrée irrégulière sur le territoire national, la date incertaine de son entrée et la production d'une promesse d'embauche. Elle évoque également sa situation familiale indiquant le nombre et la résidence de ses enfants. Dans ses conditions, la décision est dépourvue de caractère stéréotypé et la circonstance que le préfet n'ait pas mentionné l'ensemble des éléments relatifs à sa situation professionnelle depuis au moins 5 ans et son intégration ne sont pas de nature à faire regarder cette motivation comme insuffisante. Dès lors, la décision attaquée énonce les éléments de fait et de droit sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En second et dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
6. M. A, célibataire et père de trois enfants résidant au Burkina Faso, soutient remplir les conditions prévues par ces dispositions pour pouvoir bénéficier d'un titre de séjour en qualité de " salarié ". Il fait valoir être entré sur le territoire national le 6 novembre 2017, avoir à la date de l'arrêté litigieux, plus de six années de présence sans discontinué sur le territoire national et travailler depuis le 5 janvier 2018 comme menuisier poseur sans toutefois avoir obtenu des bulletins de paye de ses différents employeurs. Toutefois, M. A ne démontre pas, par les pièces produites que sont un billet de train du 17 décembre 2018, une attestation de domicile de 2022, un abonnement de transport urbain du 6 mars 2020, des courriers de l'assurance maladie des 6 avril et 24 juillet 2020 et un certificat de travail de mars 2014 pour une période travaillée du 1er juin 2007 au 3 mars 2014, être effectivement entré sur le territoire national en 2017 et sa présence continue depuis. Dans ces conditions, et nonobstant l'existence d'une promesse d'embauche datant de 2021, M. A, ne peut être regardé comme justifiant de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels pour la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit. Pour les mêmes motifs, il n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
7. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté n°2022-340-620 du 22 août 2022 doivent être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet, la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Guirassy, et au préfet de l'Hérault.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rabaté, président,
Mme Pater, première conseillère,
Mme Viallet, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.
La rapporteure,
B. Pater
Le président,
V. Rabaté
Le greffier,
S. Sangaré
La République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 3 octobre 2022.
Le greffier,
S. Sangaré
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026