jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montpellier |
| Section | Tribunal Administratif de Montpellier |
| N° Dossier | TA34-2303620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP COULOMBIE, GRAS, CRETIN, BECQUEVORT, ROSIER, SOLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juin et 11 juillet 2023, Mme P C veuve S, M. M S, M. D S, Mme J T, M. Q X, M. V A, M. N A, Mme E A, M. K B, M. F O, Mme G L, M. R et Mme U W, représentés par Me Jeanjean, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 31 mai 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a déclaré cessibles, en urgence, au profit de la métropole de Montpellier les biens leur appartenant nécessaires à la réalisation de la ligne 5 du tramway et ce, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable ;
Sur l'urgence :
- l'urgence est présumée s'agissant d'un arrêté de cessibilité ; elle est, en outre, caractérisée ; il n'y a aucuns travaux engagés à l'heure actuelle ;
Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 31 mai 2023 :
- le dossier d'enquête parcellaire complémentaire est irrégulier ; en effet le dossier d'enquête mis à la disposition du public du 13 au 30 mars 2023 est composé d'une pièce manifestement insincère qui a été de nature à nuire l'information complète du public ;
- il méconnaît l'article L. 132-1 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ; les parcelles déclarées cessibles par l'arrêté en litige ne sont pas nécessaires à la réalisation de l'opération d'utilité publique ; un doute peut être permis quant à la réalité d'un ouvrage de " logistique urbaine de projet de Tram-Fret " ; en outre " une logistique urbaine de projet de Tram-Fret " n'est pas un ouvrage ; en l'absence d'ouvrage déterminé à implanter sur les parcelles en cause il est impossible de le considérer comme accessoire de l'ouvrage principal ; au surplus une " logistique urbaine de projet de Tram-Fret " ne présente pas de lien fonctionnel avec la future station Saint-Denis dès lors que la ligne 5 de tramway a pour fonction exclusive de transporter des voyageurs ; enfin l'opération d'utilité publique n'étant que la réalisation de la ligne 5 du tramway, l'inclusion des parcelles appartenant aux requérants, sur lesquelles est seulement prévue une " logistique du projet de Tram-Fret " n'est aucunement une conséquence directe et nécessaire de la réalisation de la ligne 5 du tramway ; l'ouvrage évoqué ne peut donc être regardé, au sens de la jurisprudence du Conseil d'Etat, comme compris dans le périmètre de la déclaration d'utilité publique (DUP) ;
- il est entaché de détournement de pouvoir et de procédure s'agissant d'une expropriation de commodité ;
- il méconnait l'article L. 132-2 du code de l'expropriation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre l'exécution de son arrêté dès lors qu'il y a un intérêt public à engager rapidement les travaux, la DUP ayant été prorogée jusqu'au 27 août 2023 et la mise en service de la ligne 5 étant annoncée pour 2025 ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de son arrêté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, la métropole Montpellier méditerranée métropole et la TAM (transports de l'agglomération de Montpellier), représentés par CGCB avocats, concluent au rejet de la requête et à ce soit mise à la charge de chacun des requérants la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'y a pas d'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté en litige ; la présomption d'urgence n'est pas irréfragable dès lors qu'il y a un intérêt public à réaliser rapidement le projet déclaré d'utilité publique, ce qui est le cas en l'espèce ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté préfectoral ; ils rappellent que depuis 2013 l'implantation de la future station Saint-Denis devant le parking K7, en litige, a été actée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 22 juin 2023 sous le numéro 2303624 par laquelle Mme C veuve S et autres demandent l'annulation de l'arrêté attaqué.
Vu :
- le code de l'expropriation pour cause d'utilité publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme I pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lacaze, greffière d'audience, Mme I a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Jeanjean, représentant les requérants, qui reprend ses écritures ;
- les observations de Mme H, représentant le préfet de l'Hérault, qui reprend ses écritures ;
- et les observations de Me Fournié, représentant la métropole Montpellier méditerranée métropole et la TAM, qui reprend ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 31 mai 2023, le préfet de l'Hérault a déclaré cessibles en urgence des immeubles bâtis et non bâtis nécessaires à la réalisation de la ligne 5 du tramway, secteur avenue Georges Clémenceau sur le territoire de la commune de Montpellier, par la métropole Montpellier méditerranée métropole. Aux plans annexés à cet arrêté figurent les parcelles cadastrées EV n° 281 et n° 282, propriétés des requérants. Par le présent recours, ces derniers sollicitent la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".
3. A l'appui de leur contestation de l'arrêté du préfet, Mme C veuve S et autres font valoir que cet arrêté est intervenu au terme d'une procédure irrégulière, le dossier d'enquête parcellaire étant insincère, qu'il méconnaît l'article L. 132-1 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique, qu'il s'agit d'une expropriation de commodité, entachée de détournement de pouvoir et de procédure et enfin qu'il méconnaît l'article L. 132-2 du code de l'expropriation pour cause d'utilité publique. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens sus-analysés n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
4. Par suite, l'une des conditions posées par les dispositions précitées de l'article L.521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, la somme demandée par les requérants au titre des frais non compris dans les dépens qu'ils ont exposés. Dans les circonstances de l'espèce il y a également lieu de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la métropole Montpellier méditerranée métropole.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C veuve S et autres est rejetée.
Article 2: Les conclusions présentées par Montpellier méditerranée métropole au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C veuve S, première dénommée dans la requête pour l'ensemble des requérants, au préfet de l'Hérault et à la métropole Montpellier méditerranée métropole.
Fait à Montpellier, le 13 juillet 2023.
Le juge des référés,
I. I
La greffière,
A. Lacaze
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Montpellier, le 13 juillet 2023
La greffière,
A. Lacaze
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026