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AccueilJurisprudence administrativeN° TA34-2303630

Tribunal Administratif de Montpellier — Décision N° TA34-2303630

mardi 27 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montpellier
SectionTribunal Administratif de Montpellier
N° DossierTA34-2303630
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPROCEDURES 96 H H / 48 H
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MAZAS - ETCHEVERRIGARAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 et 23 juin 2023, M. B A, représenté par Me Mazas demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2023 par lequel le préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne a décidé de le remettre aux autorités croates en vue de l'examen de sa demande d'asile et l'arrêté du même jour par lequel cette autorité l'a assigné à résidence dans le département de l'Hérault pour une durée de 45 jours renouvelable ;

2°) d'enjoindre à l'Etat français d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocat, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de remise aux autorités croates, que cette décision :

- souffre d'une insuffisance de motivation ;

- est entachée d'un vice de procédure au regard des articles L. 571-1, L. 571-2 et L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des dispositions du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence, que cette décision :

- est insuffisamment motivée ;

- est dépourvue de base légale du fait de l'illégalité entachant l'arrêté de remise aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le règlement UE n° 118/2014 du 30 janvier 2014 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Rousseau, premier-conseiller, pour statuer en application de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousseau, premier-conseiller ;

- les observations de Me Lambert, substituant Me Mazas, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- le préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne, régulièrement convoqué, n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Un mémoire en défense, qui n'a pas été communiqué, a été présenté par le préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne le 26 juin 2023 à 17h18, après la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Né le 10 janvier 1991 et de nationalité afghane, M. B A est, selon les énonciations de la requête, entré en France le 8 avril 2023. Le 13 avril suivant, il a déposé une demande d'asile en France. La comparaison des empreintes digitales de l'intéressé au moyen du fichier " Eurodac " a révélé que l'intéressé avait sollicité l'asile auprès des autorités suisses et croates, préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France. Le préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne a alors saisi les autorités responsables de sa demande d'asile d'une demande de prise en charge, lesquelles pour ce qui concerne les autorités croates ont donné leur accord le 10 mai 2023, un rejet de prise en charge ayant été opposé le 26 avril 2023 s'agissant des autorités suisses. Par deux arrêtés du 21 juin 2023, le préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne a décidé, d'une part, de remettre l'intéressé aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile et, d'autre part, de l'assigner à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelable. M. A demande l'annulation de ces arrêtés.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, en application de ces dispositions, d'admettre provisoirement M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur la légalité des arrêtés contestés :

En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités responsables de l'examen de la demande d'asile :

3. Aux termes de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre Etat peut faire l'objet d'un transfert vers l'Etat responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. () ". En application de ces dispositions, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application. La faculté laissée à chaque Etat membre de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Ces stipulations n'imposent pas au préfet d'indiquer expressément les raisons pour lesquelles il décide de ne pas y recourir.

4. L'arrêté portant transfert aux autorités croates vise, notamment, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989, la Convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole de New-York du 31 janvier 1967, et les articles 7-2 et suivants et 18 et 26 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Il mentionne la circonstance que lors de l'enregistrement de sa demande d'asile en préfecture le 13 avril 2023, le relevé de ses empreintes décadactylaires et l'examen de son dossier ont révélé qu'il avait présenté une demande d'asile auprès des autorités suisses le 9 mars 2023 et auprès des autorités croates le 2 mars 2023, que les autorités suisses, saisies d'une requête, ont fait connaître leur rejet le 26 avril 2023 que sollicitées dans les mêmes formes les autorités croates ont fait connaître leur accord le 10 mai 2023 sur la base de l'article 20-5 du règlement précité. Par ailleurs, l'arrêté attaqué rappelle que M. A a bénéficié d'un entretien individuel conduit le 13 avril 2023 en application de l'article 5 du règlement précité au cours duquel interrogé sur son éventuel transfert aux autorités suisses ou croates il a manifesté sa volonté de rester en France pour s'y faire soigner en relevant qu'aucun document probant n'a été produit à l'appui de ses observations. L'arrêté comporte également des éléments relatifs à la situation personnelle, familiale et sanitaire, du requérant. Il mentionne qu'il ne ressort pas des éléments versés au dossier de l'intéressé que celui-ci souffrirait d'une pathologie d'une particulière gravité et que l'exécution de son transfert emporterait une aggravation significative et irrémédiable, qu'il n'atteste pas que les autorités croates seraient dans l'incapacité d'assurer sa protection ou encore l'exposeraient à un risque personnel constituant une atteinte grave au droit d'asile et enfin qu'il n'est pas établi qu'il existerait des défaillances systémiques en Croatie. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté ne peut dès lors qu'être écarté. Subséquemment, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet et individualisé de sa situation.

5. En vertu de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une personne de nationalité étrangère se trouvant sur le territoire français et souhaitant demander l'asile, se présente devant l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale. En vertu de l'article L. 571-2 de ce code l'Office français de l'immigration et de l'intégration procède à l'évaluation de la vulnérabilité du demandeur d'asile.

6. Si le préfet doit tenir compte, dans la mise en œuvre des droits du demandeur d'asile et pendant toute la période d'instruction de sa demande, de la situation spécifique des personnes vulnérables, il appartient aux seuls agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, spécifiquement formés à cette fin, de procéder, après un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité. L'évaluation de la vulnérabilité prévue par les articles L. 571-1 et L. 571-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas une condition de légalité d'un arrêté de transfert. Ainsi, si le requérant fait valoir qu'il a déclaré avoir des problèmes de santé et soutient que la décision contestée ne mentionne pas qu'il aurait été examiné par un médecin de l'OFII suite à ses déclarations une telle circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté portant transfert aux autorités croates. Le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions des articles L. 571-1, L. 571-2 et L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Aux termes de l'article 21 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. L'État membre auprès duquel une demande de protection internationale a été introduite et qui estime qu'un autre État membre est responsable de l'examen de cette demande peut, dans les plus brefs délais et, en tout état de cause, dans un délai de trois mois à compter de la date de l'introduction de la demande au sens de l'article 20, paragraphe 2, requérir cet autre État membre aux fins de prise en charge du demandeur. Nonobstant le premier alinéa, en cas de résultat positif ("hit") Eurodac avec des données enregistrées en vertu de l'article 14 du règlement (UE) n o 603/2013, la requête est envoyée dans un délai de deux mois à compter de la réception de ce résultat positif en vertu de l'article 15, paragraphe 2, dudit règlement. Si la requête aux fins de prise en charge d'un demandeur n'est pas formulée dans les délais fixés par le premier et le deuxième alinéas, la responsabilité de l'examen de la demande de protection internationale incombe à l'État membre auprès duquel la demande a été introduite. ()"

8. La décision de transfert d'un demandeur d'asile vers l'Etat membre responsable au vu de la consultation du fichier Eurodac ne peut être prise qu'après l'acceptation de la prise en charge par l'Etat requis, saisi dans le délai de deux mois à compter de la réception du résultat de cette consultation. L'annulation de la décision de transfert est prononcée si elle a été prise alors que l'Etat requis n'a pas été saisi dans le délai de deux mois ou sans qu'ait été obtenue l'acceptation par cet Etat de la prise en charge de l'intéressé. En se bornant à soutenir que les éléments relatifs à la procédure de saisine des autorités croates et à leur acceptation ne sont pas produits, le requérant n'établit pas en quoi la procédure prévue par les stipulations précitées aurait été méconnue.

9. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". En application de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / 2. () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable/ () ". L'application de ces critères peut toutefois être écartée en vertu de l'article 17 du même règlement, aux termes duquel : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité () ".

10. Il résulte de ces dispositions que si une demande d'asile est examinée par un seul Etat membre et qu'en principe cet Etat est déterminé par application des critères d'examen des demandes d'asile fixés par son chapitre III, dans l'ordre énoncé par ce chapitre, l'application de ces critères est toutefois écartée en cas de mise en œuvre de la clause dérogatoire énoncée au paragraphe 1 de l'article 17 du règlement, qui procède d'une décision prise unilatéralement par un Etat membre. Cette faculté laissée à chaque Etat membre est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

11. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsqu'un État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet État membre l'intéressé soit susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet État de ses obligations.

12. M. A soutient que son transfert en Croatie le soumettra à des risques avérés de traitements inhumains et dégradants au sens de l'article 3 précité et se réfère, pour le démontrer, à un rapport de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch de mai 2023 ainsi qu'à un rapport du Service social international rédigé pour le compte de l'Etat de Vaud (Suisse), présenté par le quotidien Le Temps le 16 juin 2023 faisant état de mauvais traitements infligés aux migrants ou aux demandeurs d'asile, notamment aux frontières extérieures de l'Union européenne, avec des refoulements et des refus d'accès à la procédure d'asile. Toutefois, ces éléments ne permettent ni de considérer que les autorités croates, qui ont explicitement accepté de reprendre le requérant en charge, ne seraient pas en mesure de traiter sa demande d'asile dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile ni de supposer que le requérant courrait dans cet État membre de l'Union européenne un risque réel d'être soumis à des traitements inhumains ou dégradants. M. A ne produit aucun élément tendant à établir qu'il aurait été maltraité lors de son passage en Croatie. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant présenterait des circonstances particulières qui justifieraient l'examen de sa demande d'asile sous l'égide de la France. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision ordonnant son transfert vers la Croatie méconnaitrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :

13. Aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées."

14. L'arrêté portant assignation à résidence de M. A vise, notamment, les articles L. 732-3, L. 732-7, L. 732-8, L. 741-10, L. 751-1 à L. 751-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que le requérant fait l'objet d'une décision de transfert dont l'exécution demeure une perspective raisonnable, eu égard à l'accord de transfert des autorités croates en date du 10 mai 2023, que ladite mesure ne peut pas être exécutée immédiatement car elle ne peut faire l'objet d'une exécution d'office avant un délai de 48 heures conformément aux articles L.572-5 et 6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et compte tenu qu'il y a lieu de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la préparation de l'éloignement de l'intéressé, que l'intéressé justifie actuellement d'une domiciliation postale dans le département de l'Hérault dans lequel il peut être assigné à résidence. L'arrêté attaqué qui n'est pas stéréotypé énonce ainsi avec suffisamment de précision les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement.

15. Il résulte des motifs énoncés aux points qui précèdent que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision prononçant le transfert aux autorités croates de M. A doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés qu'il conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne et à Me Mazas.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.

Le magistrat désigné,

M. ROUSSEAULa greffière,

C. TOUZET

La République mande et ordonne au préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Montpellier, le 27 juin 2023

La greffière,

C. TOUZET

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